Un peu d'histoire (ou comment se retrouver
là finalement)
- Mai 1998, je dispute mon premier
triathlon : le promo de la Grande Motte, un grand souvenir.
Fin août je suis à l'arrivée du CD d'Annecy
: complètement caramel mais conquis !!!
- Août 1999 : je suis à
Embrun au camping du petit Liou, accompagnant Eric Monnet pour
son premier Embrunman. Pour ma 2° saison de tri, j'ai voulu
faire un grand saut et passer du promo au Courte distance., puis,
un mois après, au Moyenne Distance. en me lançant
sur la bien nommée savoy'hard (début juillet). Une
image restera de cette aventure : c'est dur !! 2 heures et même
plus pour arriver au terme des 20km + une semaine suivant l'épreuve
dans le " coltar " m'ont gentiment freiné dans
mes ardeurs. Je suis donc largement impressionné par le
menu qui attend Eric. Cette année là, je ne découvrirai
rien du parcours vélo. J'accompagne un peu Eric en course
à pied (à VTT) et surtout ( ce qui n'était
pas prévu) l'épopée d'Anthony Ponsoda. Anthony,
qui s'est préparé toute l'année pour l'épreuve
puis qui a fait la sieste au pied de la côte de Chalvet,
qui est arrivé au parc à vélo 2min avant
le délai et qui alterne sur son marathon des parties où
il galope et des siestes suite à ses hypos récurrentes
(vu qu'il n'arrive à avaler que des " vichy menthe
" que je cours lui chercher dans les bars ). Je l'abandonne
en compagnie d'Yves Lauriou vers 21h30, il ne lui reste que 10
bornes, il mettra un " certain " temps à les
faire. Le soir même je ne me souviens pas que l'expérience
ainsi menée, m'ait donné le goût de la chose.
- Août 2000 : Cette saison est
particulière : ayant passé l'année à
Vassieux, je n'ai pas nagé et me contente donc de nombreux
CD. L'expérience Savoy'hard est encore bien présente
dans ma tête et je ne suis pas prêt de remettre le
couvert. Je constate définitivement que je ne suis pas
d'un profil de grimpeur, et que ce sera compliqué de le
devenir. Je m'en sors bien quand c'est court, mais dès
que tout se rallonge, je surchauffe. De même en course à
pied, ma foulée de grands ciseaux se réduit à
peau de chagrin dès que ça grimpe, ce n'est donc
pas le meilleur profil pour devenir un futur Embrunman. Mais quoi
qu'il en soit, l'éventualité ne naît même
pas au fond de mon cerveau. Je suis donc de nouveau en spectateur
sur les bords du lac d'Embrun. Cette fois-ci je me frotte la veille
du jour-J au col de l'Izoard : sympa tout de même la
vue en haut. Mais à savoir ce qui m'attendrait après,
j'en ai toujours pas envie. Mon rôle d'accompagnateur me
plait bien. Je navigue à VTT sur le parcours du marathon
pour encourager Eric et lui donner des écarts. " P ce
qu'il fait chaud en plus, moi je ne pourrai jamais courir avec
de telles températures. "
- Août 2001 : Je suis encore là
au sein du " clan-Monnet " et j'ai récupéré
le rôle du pilote Moto. Mon souci n'est pas d'ordre sportif
ou physique, le seul problème, c'est que j'ai appris seulement
la veille à piloter une moto de 125cc (avec des vitesses,
une vraie quoi !!). C'est Pierre Dorez qui en fera les frais puisqu'il
fait le passager sur la première boucle de vélo
(en tongs, t-shirt et short, il s'est bien pelé), essuyant
avec brio les " rétrogradages inversés "
ou pire encore les montées de vitesse à l'envers
( à fond de 3°, on passe la 2°
!!). Nicole prend le relais pour la suite et là je découvre
le bazar. La partie suivant l'Izoard me bluffe. J'ai l'impression
que ça ne finira jamais. Il fait chaud. Dès qu'on
s'arrête 5 min, on sue comme des phoques ( Bon d'accord
on était aussi habillé comme des eskimos, mais bon
!). Dans Chalvet, je fais même un joli tout droit dans un
virage .en montée (vous savez le bien raide après
les maisons ) .mais où sont-ils allés chercher
tout ça ?? Je bafouille un récit de la course d'Eric
que je conclue par un " Moi en tout cas jamais de la vie
!!! "
http://perso.orange.fr/tri.valence/embrun.html. Je finis tout
de même ma saison par un retour au " long " :
le MD de St Raphaël à la 23° place avec de supers
souvenirs !!
-Août 2002 : On remet le couvert.
Cette fois-ci on a loué un bungalow pour la semaine avec
les Monnet's, et je prépare activement la savoy'hard (Oh
oh !!) prévue pour la fin Août. Je me frotte donc
un peu plus au parcours vélo, mais le tout à petites
doses ( en tranchant le parcours). Je chope une bonne gastro à
deux jours du jour-J, mais je ne crains pas de la refiler à
Eric, c'est lui qui me l'a donnée. Je suis désormais
un grand pilote moto. Eric va pouvoir cette année, compter
sur le soutien d'une belle équipe de TGVR avec Philippe
Brissaud et Bernard Charrol (3° par équipes au final).
A la savoy'hard, je m'en sors pas trop mal mais ce n'est pas dans
les ascensions que j'ai gagné des places. Je suis plus
à l'aise début Octobre à La Ciotat sur un
profil de rouleur.
- Août 2003 : Ma belle étant
alitée (pour cause de contractions précoces) je
ne fais pas le déplacement et suis la course par reporters
interposés. C'est ma plus grosse saison en terme d'entraînement
et de courses. Mes " Personnal Bests " datent à
peu près tous de cette année là. Je nage
4 fois par semaine, cours au moins 3 fois et pédale de
2 à 3 fois par semaine (7000 km entre janvier et septembre).
Je fais une grosse saison sur le " court " avec une
expérience un peu moyenne au LD du tri sapin ( à
cause de la chaleur entre autres). Par contre, je monte à
Embrun pour le dernier jour du stage et fais le parcours vélo
entier lors de la reconnaissance. Je finis bien le truc, je suis
toujours aussi nul dès que ça grimpe mais me dis
que ça pourrait peut-être se faire de courir après,
..mais alors dans un autre pays alors,
..parce qu'il fait vraiment trop chaud !!
- Août 2004 : Je prépare
la dernière édition FFtri de Nice. Si je veux faire
un long avant de passer peut-être un jour à un Ironman,
c'est la dernière occasion, mais je ne me vois toujours
pas faire Embrun. Cette expérience niçoise me laissera
vraiment un superbe souvenir. Pourtant je n'ai repris le vélo
qu'en Mai (arrivée de la petite Anna plus construction
de la maison obligent)
- Août 2005 : La saison est un
peu fade, sans grosse motivation. Je cours les CD de la région
avec de piètres performances. N'ayant pas pu m'inscrire
sur le CD d'Embrun, je ne fais pas le déplacement et laisse
les 13 valentinois à leur bonheur de finishers.
2006
: Je ne me décide que vers la mi-mars, après
une " saison " de ski de fond avec entre autres la foulée
blanche (super !!) et la transjurassienne (bof !!) qui aurait
pu (du ?) me donner un bon foncier. Mais lorsque je remonte sur
le vélo, je n'ai ni puissance, ni vélocité
= tant pis !! Cette période est suivie d'une période
sans vélo (pas de monture), combinée avec un mois
sans course à pied suite à une douleur au genou
gauche du genre arthrose. Les séances de fractionné
à pied passent un peu à la trappe (je le sentirai
d'ailleurs toute la saison). A ce moment là, je décide
de me lancer quand même pour Embrun tranquillement,
de toutes façons y'a pas grand chose d'autre qui me motive
et si je pars dans la même optique qu'en 2005, ça
va pas faire des étincelles !!! J'oublie les courses de
début de saison, et prends mon temps pour revenir en forme.
Le sprint d'Echirolles est une cata, le CD de Roanne se passe
mieux, et le MD de Dijon m'encourage définitivement. Entre
temps, la nouvelle est tombée : nous serons un de plus
chez les Micoud en 2007. " Alors avec 2 mouflets en bas-âge,
Luc, oublie les Ironman pour les années futures".
C'est donc l'année ou jamais !! Le gîte est réservé
pour 15 jours à la suite de la course. On s'installe un
peu loin d'Embrun (vallée de l'Ubaye) mais je veux pas
encore faire bouffer du Embrun à la famille après
la course. Donc si je ne le fais pas, je serai une nouvelle fois
en spectateur et j'aurai bien les boules. Nouvelle raison de ne
pas renoncer.
La préparation :
Natation : Cette année, avec
2 séances par semaine j'ai nagé encore une fois
de moins par semaine que les années précédentes
(soit deux fois moins qu'en 2003). Les chronos s'en ressentent,
mais je me dis que pour Embrun, la nat, c'est le " prologue
" et si je nage pas trop bien, ça m'évitera
aussi de sortir avec les cadors (hi hi !). L'été
venue, je mettrai un peu plus de volume en nat et ça devrait
suffire. Vélo : Le vélo est arrivé
tard. Après une période sur le mulet de PR (merci
le vieux) puis sur un " clou " prêté par
Mallarte, le BH arrive tout beau tout neuf en avril et la motivation
avec. Là encore, je sais depuis longtemps que je ne suis
pas un grimpeur (surtout quand c'est long) . Je déteste
la danseuse, je suis pas top véloce. Il faut donc que je
compose avec cela et que je grimpe " à l'économie
". Je vais donc gentiment bouffer du vercors (ça tombe
bien j'habite au pied) et " Alea jacta est ". Course à pied : En course à
pied, j'attaque mes premières séances de VMA alors
que tout le monde a fini son cycle. J'ai donc fait une jolie coupure
après le ski de fond et c'est là que mes mystères
cardiaques vont débuter. Lors de toutes mes séances,
le cur ne montera jamais très haut, malgré
mes efforts. Maxi : 175 puls ce qui correspond pour moi à
des FC de seuil. Pour comparaison, j'ai fait les 2h40 de la foulée
blanche à presque 180 puls de moyenne en étant jamais
en dessous de 185 en montée et avec les premiers kilo à
189. Habituellement sur les séances VMA je suis toujours
au dessus de 180 voire 190. Je suis patient, je fais bien, cela
revient un petit peu sur la fin. Je n'ai donc que deux séances
de seuil en arrivant à Echirolles, c'est pas grave vu qu'ils
me font péter en vélo (gloups).
Juillet :
Après Dijon, trois jours de repos sont au programme, même
si je suis impatient de débuter la préparation finale.
Début de la prép. avec une semaine dans le Jura
en compagnie d'un joyeux sparring partner en càp : mon
neveu Sacha qui m'accompagne en VTT. D'ailleurs la séance
de VMA fut assez ludique. Un grand tour d'une heure à papoter
puis passage par la pelouse du stade du village. 10x1 minute +
récup 1 minute deviennent alors 10 tours de stade + récup
= deux penaltys chacun, etc ..ça passe tout seul.
A la fin de cette semaine (20h) on apprend que Toma vient de s'inscrire
pour Embrun, il nous rejoint pour le week-end et on le met tout
de suite dans l'ambiance avec une belle sortie VTT enchaînée
sur une heure à pied. Retour à Chabeuil, certains
sont déjà au stage. La chaleur est arrivée.
Alors le matin c'est lever 6h30 pour partir à 7h. Je réussis
à accomplir la semaine de stage, (presque 30h) accompagnés
par Lilian, Toma, et/ou Jérôme selon les emplois
du temps de chacun et en supportant la chaleur. On termine la
semaine par une très grosse sortie dans le vercors (185km)
avec une très grosse chaleur mais un moral en béton.
J'évite de me demander à quoi va ressembler le marathon
en plein cagnard, et je décolle pour Embrun rejoindre les
stagiaires pour la 2° semaine.
Le stage :
La grosse semaine de plus de 35h est passée presque comme
une lettre à la poste. Exceptée une grosse fatigue
lors de la première sortie longue à vélo
dans le 2° col de Varces au retour de la Bonnette, avec les
taons qui me piquent le postérieur à travers le
cuissard, mes pieds qui chauffent tellement que je pédale
les pieds en dehors des pompes, les lunettes que j'envoie dans
le fossé en voulant chasser une mouche, et le compteur
qui a perdu son 2° chiffre depuis longtemps, . heureusement
au somment les copains ont déjà commandé
un coca pour moi. Excepté cet épisode là,
donc, le reste s'est toujours bien déroulé. Pas
de douleurs au genou ou aux tendons d'Achille, pas trop de courbatures,
ni d'envies de sieste à toute heure. Je m'attends à
dérouiller en fin de semaine, alors je ne fais pas les
entraînements facultatifs, mais finalement même la
reco se passe bien, je lâche même un peu les chevaux
dans Chalvet et sa descente.
La reconnaissance du parcours vélo :
Effectuée en conditions de course, je pars 3 minutes derrière
Florian Calais (12h50 en 2005) et Seb Roizot qui ont filé
à l'anglaise. Et je les reprends au pied de l'Izoard (détail
important pour la suite). Je suis constamment en allure1 c'est
à dire à moins de 150puls pour moi, et je grimpe
l'isoard en 1h13. Le jour de la séance de " Lance
Armstrong",durant laquelle nous avons grimpé trois
fois l'Isoard en étant plus rapide à chaque passage,
j'ai grimpé le col en 1h20 au premier passage, en parfait
touriste avec le cur à peine à 130 (al 1-).
La deuxième montée s'est faite en 1h12 en restant
toujours en dessous de 150 (al 1), et la troisième "
à toc " en 1h02, mais sans pratiquement jamais dépasser
160 (al2-) (de toutes façons le cur ne veut pas,
et c'est bien normal !!). Pour le moment tout correspond. Sur
la fin de la reco, même si j'ai mal aux jambes (depuis le
début d'ailleurs) je réussis à mettre du
braquet et finis l'aventure en 7h38. Si l'on considère
le temps perdu aux arrêts " fontaine " pour le
ravito, l'arrêt " assistance " pour le pneu crevé
de Seb et les trois arrêts éclairs pour tremper mes
pieds surchauffés dans les fontaines, on peut penser faire
quelque chose autour de 7h30 le jour-J. ce qu'Eric m'avait prédit.
L'affûtage :
Bouh, que c'est long et difficile !!
..cette impression de ne plus avoir rien à faire
d'autres que d'attendre le jour-J.
Ah si, le 3 août je cours le tri de l'Alpe d'Huez en respectant
les consignes du coach. C'est à dire faire la natation
à l'envie (al 2+), vu la T° de toutes façons,
on a fait au plus court ; puis le vélo en allure 1, je
perds 100 places dans la montée et la càp idem.
On laisse le frein à main jusqu'à l'allure 2- pour
se dérouiller un peu. Je finis avec Lilian, content de
cette belle épreuve et pas du tout entamé pour la
suite. Je profite des semaines précédant l'épreuve
pour régler les détails matériels. Une bonne
paire de semelles spécifiques pour le vélo vélo
me font oublier les échauffements de pieds, je bricole
mon shorty pour qu'il ne me serre pas trop les cuisses en course
à pied et ma ceinture porte bidon pour qu'elle ne se détende
pas en route (même si " Maman " a fini de coudre
les vélcros la veille de la course à 22h). J'ai
trouvé les chaussettes idéales. Et je pense aussi
avoir trouvé la " recette " pour mon alimentation.
J'ai passé le stage à comparer les compositions,
les goûts et les tolérances des barres, gels, sandwichs,
et autres boissons, j'ai fait un bon mix sur la reco, que je compte
bien remettre au menu le jour-J. Dernière visite chez Mallarte
pour changer la chaîne et régler les dérailleurs
(encore merci à eux pour le vélo BH cette année
!!). Je crois ne rien avoir laissé au hasard. J'ai décidé
de courir le marathon avec un maillot de vélo. J'y vois
plusieurs avantages : des poches facilement accessibles et pas
limitées en contenance, une protection accrue contre le
soleil et la superbe marque de débardeur qui nous est promise.
(et ce d'autant plus que j'ai une cicatrice d'un grain de beauté
sur l'épaule à protéger), le fait qu'on n'ait
pas le singlet trempé et collé au torse pendant
4 heures, et la possibilité d'ouvrir mon maillot vélo
en grand durant le marathon si vraiment trop chaud.
Les derniers jours sont sympas. Je me sens bien, sans trop chercher
à interroger mon corps sur ce qu'il a sous le capot, de
crainte de n'y trouver que des mauvaises sensations pas forcément
révélatrices. Par contre un méchant bouton
(poil rebelle), me fait un peu peur la dernière semaine
à l'intérieur du genou gauche, mais se résorbe
à deux jours du jour-J après " explosion "
La veille :
RV le matin à 10h30 aux dossards avec Matt White à
qui je dois confier un bel habit de lumière pour le jour
J. Je récupère mon dossard, le T-shirt est comme
l'affiche : un modèle de contre exemple pour les écoles
de com. On y voit rien, la police de caractères est illisible
et y'a un max de vide sur les bords des sujets. L'après-midi
je reviens sur Embrun après avoir ramené la petite
famille à Lauzet et là heureusement que Sylvain
me fait le taxi parce que le double aller-retour en voiture est
en train de me fatiguer un peu. Dépôt du vélo,
photo de famille avec les TGVR. Malgré les propositions
de changements de date, les changements de point de RV à
la dernière minute, et l'arrivée " Croisette
" de Lilian Valette on arrive à être 18 sur
la photo !! Un petit paquet d'anciens TGVR finishers sont là
aussi pour nous soutenir : cool, on va en avoir besoin ! Retour
au gîte, prépa du matériel et des sacs de
bouffe. Toma fait de même, on échange quelques idées,
mais on va pas du tout dans le même " resto ",
donc
Le jour-J :
Lever
3h15, pour un départ à 3h40, suivent 30 minutes
de route et on est pratiquement les premiers au parc avec Toma.
Préparation tranquille, chaque chose doit être à
sa place. Il fait froid, mais je n'ai plus de souvenirs des autres
années, donc pas de moyen de comparaison. Le silence règne,
la tension monte !
La petit musique " suspens " arrive dans le parc, les
speakers commencent à interroger les gros dossards, puis
c'est au tour des filles d'aller se mettre à l'eau. A ce
moment, le speaker cherche à réveille le public
qui, on le sent bien, ne veut pas encore délaisser le silence
du parc à vélo et suit plutôt l'attitude des
concurrents masculins toujours aussi silencieux. L'ambiance reste
donc très calme, comme on les aime ici. Les fameux applaudissements
d'avant départ sont alors un peu loupés ("
Trop pressé de faire monter la sauce Speaker Oliv' !!!
" ), je suis assez serein, je me dis que c'est tellement
long, qu'il n'y a pas de raisons de s'affoler. Je suis sur la
gauche, pas très loin du premier rang, je compte partir
un peu fort pour ne pas prendre trop de coups. Lilian m'a filé
un tuyau : une petite bouteille d'eau emmené au départ
me permet de mettre la combi à bonne température,
vu que je n'ai pas l'intention de m'échauffer dans l'eau.
Ca me rafraîchit aussi les idées et évacue
le stress naisant.
Natation :
Le départ donné, je marche le plus longtemps possible
dans l'eau avant de commencer à nager (" C'est que
je suis grand moa !! ") et là c'est un peu le "
totale-fight ". Pif, paf, mais oh on n'est pas des footeux
tout de même !!!! Puis la meute se déporte trop à
gauche, vers les torches des canoés, et on passe bien loin
du ponton. La difficulté arrive de suite après le
ponton, quand la meute vire beaucoup trop à droite. Je
suis bien coincé au milieu et n'ai donc pas trop le choix
: suivre ou me faire plier en quatre. Un de mes gentils voisins
prendra une légère tape derrière le melon,
histoire de lui apprendre que quand il sent qu'il prend appui
sur mon épaule, il devrait se dire que ce n'est pas très
sympa et qu'il n'est pas obligé en plus de me couler, ("
Non mais oh !!! ") et la bagarre continue. La second bouée
passée, ça se tasse, mais j'ai du attirer tous les
mauvais " orienteurs " du jour qui prennent un malin
plaisir à me couper la route. (" C'est Nico Gomord
qui m'a envoyé ses hommes de main, j'en suis sûr
!!! ") Le
retour permet enfin de se calmer. Je repense à Bernard
Charrol qui disait trouver magnifique le lever de soleil sur les
cimes environnantes et j'essaie de jeter quelques coups d'il.
" Prendre du plaisir " sera mon credo pour cette journée,
je l'ai dit, alors appliquons la maxime. Sur le retour, je sens
le col de ma combi me serrer un peu trop le kiki et le gastosport
remonter dangereusement à la surface. J'aimerais bien ne
pas être obligé de faire mon entrée dans le
club Manu-Chabannes qui dépose chaque année son
gatosport à mi natation. Tout ceci ne facilite pas ma "
prise de plaisir ", mais patience !!! Je commence à
me dire qu'à Nice c'était plus sympa !!! A la bouée
qui marque la fin du premier tour, je jette un coup d'il
à la montre qui me dit 29' . Donc ça devrait
être possible de finir l'affaire en 1h. Le 2° tour est
plus " aéré ", mais le froid commence
à me gêner. Et c'est là qu'on repense au dernier
affichage de la balance : 72kg avec moins de 10% de masse grasse,
c'est pas ça qui va me tenir chaud. Seule solution, ne
pas s'endormir, garder le rythme, et quitter la flotte le plus
vite possible. Sitôt dit, sitôt fait, on retrouve
non sans mal la position debout sur la plage. N'oublions pas le
coup d'il au chrono. Que dit-il ?? 1h00. Eh ben voilà
une bonne chose de faite. J'enlève immédiatement
ma combi et là j'ai l'impression d'avoir d'un seul
coup transposé toutes les hautes alpes 6 mois plus tard
en plein mois de Février. Mais c'est la transju ou quoi
?? Le froid me saisit, et comme en plus je cours (" Eh oui
") , ça me glace tout le corps, je frissonne comme
un qatarien (ou qatari je sais plus) égaré aux JO
de Turin. Arrivé à mon petit emplacement j'enfile
les manchettes, le maillot vélo, le coupe vent et à
cet instant j'ai une pensée émue pour mon peignoir
préféré que j'aurais bien enfilé avec
joie lui aussi. Lilian était sur le départ quand
je suis arrivé, c'est à peu près normal au
vu de la saison. Gardons nous d'essayer de le rejoindre, la 2°
maxime du jour étant " Les illères Mémère,
les illères !!! ". Autrement dit : " Fais
ta course sans te soucier de ce que font les autres !!! ".
Casque, (les lunettes de soleil sont scotchés dessus) chaussettes,
chaussures. Il est rare que je n'enfile pas mes chaussures sur
le vélo, mais là, le parc est assez gravilloneux
et j'ai pas envie de coller à mes chaussettes quelques
gentils spécimens de graviers embrunais qui me pourriraient
la journée. De plus, la sortie du parc sera à coup
sûr très embouteillée et la montée
raide arrive très vite. Avec
ma 2° petite bouteille, j'ai bien lavé mes pieds avant
d'enfiler mes chaussettes, parce que les graviers dans les chaussettes,
c'est pire (2° conseil Valette). Je suis parti les poches
pleines, avec un ravitaillement conséquent. J'ai déposé
dans mon sac pour l'Isoard la copie conforme de ce frugal déjeuner,
comme ça je ne prendrai que ce qui m'a plu jusqu'alors.
Comme je suis bon seigneur, je vous livre la composition secrète
du panier garni : 1 power bar tout chocolat, 3 Barres Regain chocolat
blanc fruits rouges, 4 mini sandwichs jambon/st Morêt/pain
de mie pour changer de goût un peu plus que pour recharger
les accus , 3 paquets de " Goûters chocolat "
CEREAL, 2 gels Energix Overstim pomme, 2 tubes " Elixir for
mi Overstim ", et 1 ou 2 barres Isostar) PS : Si Eric m'avait
attendu, j'aurais pu lui en donner un peu !! Puis j'ai deux bidons
pleins de Maxim Neutre + malto. Le départ vélo est
comme prévu difficile. J'ai vraiment froid, surtout dans
le faut du corps. J'ai nagé avec mon cuissard vélo
sous la combi. Je ne voulais pas faire le vélo en shorty,
ni avoir un maillot de bain sous le cuissard vélo (double
couche = plis = irritations assurées), et pas non plus
avoir à me dépoiler entièrement dans le parc
après ma nat. N'ayant pas eu le temps de bricoler un maillot
de bain full-monty que j'aurai pu enlever une fois le cuissard
enfilé sans faire une " Manu-Foucher ", j'ai
donc choisi cette option qui ne me procure pas une grand chaleur
là où il faut sur le début du vélo.
Interlude : Spécial hommage à Manu Foucher qui,
n'ayant pas serré la ficelle de son maillot de bain (mais
alors pas du tout) et ayant décidé de quitter sa
combi sitôt le premier orteil posé sur la plage,
a alors largement offert son anatomie à la vue du public.
Et comme ça flashait dans tous les sens, il se pourrait
que quelqu'un ait couché ça sur la péllicule.
C'est également une des raisons qui m'ont conduit à
ne pas me lancer dans la confection d'un maillot de bain à
scratch. Velcro et eau ne faisant pas bon ménage, je craignais
aussi que le maillot de bain s'enlève beaucoup plus vite
que prévu.
Vélo :
Revenons
à nos moutons lancés dans l'ascension des puys.
Tiens voilà la famille Micoud qui m'encourage fortement.
Super sympa !! Le clan Micoud a même fait des banderoles
J'ai juste le temps de leur dire que j'ai froid.
Voilà Mathieu Dussartre, puis plus loin c'est Fred
et Pierre Dorez, et Fred Roujol qui s'époumonent.
Je leur fais la même remarque. Je compte sur ces jolis pourcentages
pour me réchauffer et ça marche plutôt pas
mal. Par contre la fréquence cardiaque est plutôt
haute, mais je ne m'affole pas encore, c'est " l'effet départ
". Certains me doublent comme des balles, en soufflant
comme des phoques. Mais ils vont où comme ça ???
ils vont tenir 10 heures à mach12. Allez promis on les
ramassera à pied !! Ah !! En voilà un pour qui c'est
normal : Vincent Aldebert (champion de France de duathlon LD)
qui s'est lancé un défi sympa, et qui est collé
par un joyeux drafteur tout en relances (qui n'a pas du drafter
longtemps d'ailleurs). Je double un gars qui m'encourage "
Allez Luc !! ",
je ne reconnais pas Hugues Rousset d'Anneyron. Arrivé au
premier point de chrono (j'ai en mémoire mes chronos de
la reconnaissance), j'ai 2min d'avance, mais aussi une terrible
envie de me soulager la vessie. Déjà ? Mais quoi
de plus naturel en sorte, l'eau froide fait son effet. Le problème,
c'est que je vais m'arrêter pas moins de 5 fois sur le premier
tour vélo de 40km (sans avoir bu grand chose ni avant le
départ, ni au début du vélo, ..peut-être
ai-je bu la moitié du lac ??). A chaque fois j'essaie de
retarder l'échéance, puis la vidange est conséquente,
si importante qu'à la 5° pause prostate, je ..
me .chronomètre !! (complètement tarés
ces triathlètes !!!) P .g 1'10'' !! multiplié
par 5 ça fait 6 minutes de perdues, alors qu'à la
reconnaissance j'ai du m'arrêter une seule fois !!!. C'est
aussi encourageant puisque si j'ai quand même de l'avance
sur mon temps global, c'est que j'ai vraiment une allure supérieure
à celle de la reconnaissance. Par contre, le palpitant
s'affole dès que le déclivimètre affiche
ne serait-ce que quelques dixièmes !! Bon sang, je veux
bien être un anti-grimpeur pathologique, mais pas non plus
un allergique chronique à la moindre ascension, sinon j'arriverai
jamais en haut de l'iso-hard !!. Dès que c'est plat, la
FC redescend et je double à foison (ceux qui m'ont déjà
redoublé à mon précédent arrêt
peepee, mais bon ). Va falloir caler tout ça sur la bonne
graduation si on veut courir après ! Dans les descentes,
j'apprécie de connaître le coin et je double des
non-descendeurs pathologiques ou peut-être simplement des
Mr Freeze tout congelés. Retour sur Embrun. Ah que c'est
bon le grand plateau sur le prolongateur !! Déjà,
on est en vue du rond point des Orres et naît alors une
petite excitation à la perspective de la haie d'honneur
qui nous attend sur la ligne droite tout en faut plat. Chrono,
mon beau chrono, qui est le plus rapide ??? 2 minutes d'avance
!! Ca colle, car si on enlève les arrêts au stand,
c'est que du bon !! Cette jolie ligne droite sera un petit moment
de bonheur. Je scrute à droite puis à gauche, cherchant
des yeux le clan Micoud, quand j'aperçois au loin mon paternel
brandir une banderole " Allez Luc ", avant d'entendre
le reste de la famille crier le même refrain. Un
petit coucou, je n'ai pas vu Véro, peut-être
s'est-elle mise juste en face ?? Tant pis. On retrouve les Dorez,
puis le clan Cini/école de triathlon à proximité
du camping en remontant le parcours marathon. Quelle ambiance
! Ca promet pour la càp. Par contre ils ont pas peint la
route (une idée pour 2007 ?!) Peu après
le pont neuf, c'est le clan Roizot/Calais. Mais ils sont
partout, les valentinois. Nous voici maintenant dans la route
des contreforts que j'affectionne particulièrement. Après
un petit montée, il ne faut pas se faire endormir et on
peut emmener gros assez souvent, relancer sur les coups de cul,
le tout sur les repose-bras. Je vois alors Eric Mechin me rejoindre
avant de le laisser à son périple sur mon 6°
arrêt pipi. Il trouve comme moi que la meute est partie
vite, et me dit qu'il va calmer le jeu, car rien ne sert de courir,
il faut . La FC est toujours un peu haute dans
des portions où ordinairement je redescends beaucoup plus
bas que ça. Je pense à m'alimenter, à boire,
pour le moment, j'ai envie de tout, alors je varie au maximum.
L'arrivée sur Guillestre se fait rapidement, le passage
sur les abords de la ville est plus délicat, ça
grimpe déjà, il ne faut pas se laisser enflammer.
Une fois l'ancien pont de chemin de fer franchi, on attaque les
gorges du Gil et là c'est de nouveau pour moi : faut rouler.
Mais je ne me sens pas particulièrement saignant. Je m'efforce
de ne pas emmener trop gros en prévision de la suite, mais
là encore, la FC est assez élevée. Est-ce
du à cette volonté de mouliner justement ? Depuis
le début par contre ,je ne me sens pas du tout essoufflé,
je n'ai pas les cuisses dures, .si je n'avais pas mon polar,
je m'estimerais largement en allure 1. Voilà un état
que je n'explique pas trop, mais qui m'inquiète. Comment
vais-je pouvoir finir si je suis dans les fréquences cardiaques
d'un effort total de 8 heures et non de 13 ? Je rattrape Laurence,
quelques mots pour savoir si les filles n'ont pas trop souffert
du retour des garçons. Ca va, elle a l'air bien. Par contre
en considérant qu'elle a du nager moins vite que moi, j'ai
mis un certain temps quand même à lui reprendre quelques
4 minutes. J'ai presque envie de me plonger dans les " file
" (dossiers en mémoire) de mon Polar, il doit toujours
y avoir les temps exacts de la reco. Faut que je compare !! Oui
et puis t'as qu'à prendre des notes aussi Luc, tant que
t'y es. Allez pédale et arrête de penser. Tu veux
une autre Maxime, " Pose le cerveau " (comme dirait
Lilian Valette . Que je n'envisage même plus de rattraper
à vélo) Les gorges du Gil s'achèvent presque,
c'est le moment choisi pour mon 8° arrêt pipi ("
Vous faites toujours les comptes ?? "). Et là qu'entends-je
? Les deux compères Eckel et Jeckel, ou autrement dit Seb
Roizot et Florian Calais qui passent, le sourire en coin. Là
c'est le coup de bambou. Sitôt fini mon travail de vessie,
je les rattrape en danseuse et leur pose la question qui tue "
Mais vous avez mis combien pour la natation ??? " Réponse
1h07, 1h08. Ils viennent de me coller 8 minutes sur 60 bornes
alors que je leur en avais pris 4 le jour de la reco ??!! Là
ça commence à gigoter sec dans mon petit cerveau
! Bon d'accord je m'arrête souvent, mais bon normalement
je suis parti plus vite puisque je tambourine à plus de
150 pulsations par minute, j'aurais jamais du les revoir ?! On
échange alors nos impressions, Seb me dit aussi qu'il est
largement plus haut que ses fréquences cardiaques habituelles,
(" Ca s'entend Seb !! ") mais surtout qu'il est très
content de l'avance prise sur ses temps de passage. Je me dis
alors qu'ils sont partis trop vite, qu'en restant à deux,
ils se tirent la bourre inconsciemment et qu'il ne faut pas trop
calculer. Je me dis aussi que Florian a fait le temps vélo
qu'il me faut l'an passé et que tout ça n'est rien
que de plus normal. Ben oui quoi, j'essaie tout de même
de trouver un peu de réconfort mince. On reste alors ensembles
jusqu'à Arvieux, les spectateurs sont assez surpris de
voir 3 gars du même club. Dans la montée du col,
Seb se détache un peu, tout à l'énergie.
Vu de loin on a l'impression qu'il relance tout le temps, il se
met incessamment en danseuse, c'est son style mais il ne peut
pas être en allure 1 ?! Florian s'est laissé détacher,
il est plutôt comme moi, rouleur mais pas grimpeur. A la
sortie de Brunissard, on croise de nouveau Mathieu Dussartre puis
les supporters du TC2R. La montée n'est pas vraiment une
partie de plaisir. Je ne me sens pas à l'aise du tout.
J'ai un peu pris le parti de faire l'ascension sans regarder sans
cesse ce gentil cardio, mais les résultats sont pas forcément
meilleurs. Je ne ousffre pas du froit, j'ai enlévé
le coupe-vent depuis Embrun et les manchettes dans les gorges
du Gil. Avant case déserte, c'est Joël Durieux qui
me lance un gentil " Allez le oueb masteur ". Redescente,
avant le passage devant le photographe.Ayant
pour fâcheuse habitude d'avoir l'air d'un vilain petit canard
sur les photos en course, je m'efforce d'imiter mon modèle
du genre en la matière. Seb Roizot, qui sourit toujours
sur toutes les photos avec un naturel qui ferait presque croire
qu'il passe la journée à sourire. Faut aussi avoir
l'air d'un coureur, alors on relance un peu et on regarde bien
le petit oiseau. Au sommet, Seb est juste devant. On échange
deux, trois mots, moi c'est " Je sais pas ce que ça
va donner, mais là c'est vraiment pas fantastique et je
n'imagine même pas la suite ". Je viens de monter l'Isoard
au moins 3 minutes plus lent que mes prévisions et le tout
en palpitant plus fort. Rien de bien encourageant ! Un coup d'il
en contrebas et je vois Florian mais aussi Laurence qui a suivi
?! TTtttt les illères, on t'a dit. Le sac ravito
est déjà là, Je pioche à l'intérieur.
Je n'ai pas attaqué les sandwichs embarqués ce matin,
donc je laisse leurs " remplaçants ", de même
avec les barres Isostar, et le petit paquet tout scotché
de supplément. Je prends les gels, juste 2 barres Regain
et la Power bar qui me va à merveille. Moi gros mangeur
de chocolat, j'ai refait la même expérience qu'au
stage. Pas de chocolat pendant une semaine, et vous croyez manger
du valrhona quand vous croquez dans votre powerbar (Mais dur à
ma^cher le valrhona de cette cuvée !!). Je mets mon coupe
vent, remonte les manchettes et c'est parti. Dans la descente,
j'aperçois une minette du clan Brett Suton à terre,
mais elle a l'air entière et prête à repartir.
J'essaie de distancer les compères, mais le 50x12 n'est
pas adapté pour " faire " une descente à
la Richard Virenque. Alors on récupère, on se met
en position de recherche de vitesse, et c'est bien agréable
de pouvoir couper les virages en peine gauche. Arrivée
à Briançon, c'est une nuée de journaux qui
nous attend par terre (" Eh les gars, c'est pas interdit
d'attendre le prochain ravito pour jeter son bazar !! ").
J'attaque alors le retour quand je vois Florian me repasser, facile,
et je ne peux même pas m'accrocher à distance.
Bon il veut faire son meilleur temps, c'est normal, il fait l'effort
(me dis-je). Le long parcours du retour me permet de voir enfin
mon palpitant redescendre dans la bonne zone (moins de côtes),
mais là je ne me sens plus du tout en état de faire
encore quelques 6 heures d'effort. Je commence vraiment à
gamberger. La côte des Vigneaux pourtant pas insurmontable
installe le doute dans mon esprit. Je repense au plaisir promis
sur la course et pour l'instant le bilan est maigre. Je m'étais
beaucoup plus amusé le jour de la reco. Ben oui, on s'amuse
aussi en faisant ces trucs de dingues. Je commence à être
vidé, j'évite de penser à Champcella ou Chalvet.
J'ai ni la force d'emmener gros, ni l'envie de faire sauter mon
cur en moulinant. Je suis un peu comme sur un début
d'hypo, mais je sais qu'il n'en est rien car je mange beaucoup,
par petites doses et très régulièrement.
Je sais que c'est maintenant que je pourrais, ou aurais pu (du)
gagner du temps, mais j'emmène vraiment pas du gros braquet.
Un indice me conforte dans cette direction. Le jour de la reco,
j'ai beaucoup alterné grand et petit plateau dans ces portions
vallonnées, me faisant par là même la réflexion
que le 50 / 36 n'était pas très pratique dans cette
portion et qu'avec un triple à 42, j'aurais pas eu à
jouer autant avec la manette de dérailleur. Et bien aujourd'hui,
je suis toujours sur le 36 !! Oh mais Oh, tu vas arrêter
de nous prendre le chou avec ta reco. C'est pas non plus un tableau
de marche immuable !! Dans l'approche de Palong, j'ai alors un
coup de " beaucoup mieux ". J'arrive au pied de la côte
détendu, et même si un début de crampes survient
dès le début, il se dissipe très vite et
je monte plutôt pas mal. D'ailleurs le compteur est plus
haut que le jour de la re .. TTtttt qu'est-ce qu'on vient
de dire ? Je retrouve Patrick Estepa en spectateur dans la montée,
il m'encourage. " Florian n'est pas loin (Ben j'espère
il vient de me doubler) et Lilian aussi !! " Ah !! enfin
un semblant de bonne nouvelle. Je le retrouve un peu plus loin
et là il me dit plus rien. Bon d'accord, je dois pas être
en train de fondre sur eux. Et la troisième fois que je
le revois, il me demande carrément ce que je fous, et si
je tiens tant que ça à en garder autant pour le
marathon. Mais je garde rien du tout, mon petit Patrick, j'ai
juste envie de poser ce vélo de m et de courir,
je me sens des pulsions d'éthiopien en retard pour aller
à l'école et pour la première fois je saisis
totalement la pulsion libératrice qui jeta Forest Gump
sur les routes, à courir des années entières.
Vous remarquerez au passage que l'état d'euphorie passager
survenu après Les Vigneaux n'aura pas duré longtemps,
mais il m'a toutefois fait passer de " Quelle merde, je m'amuse
que dalle, je vais aller poser mon vélo et rentrer me coucher,
ça évitera à Véro de m'attendre trop
longtemps ce soir " à " P .je vais
le finir ce triathlon, y'a pas moyen et je vais prendre un pied
total sur la ligne d'arrivée !! " Combien de fois
me suis-je repassé le film de la dernière ligne
droite, avant même de l'avoir tourné. A Nice, j'avais
été très discret, baissant la tête
au passage de la ligne (bien pour les photos !!), dans une grande
joie mais toute intérieure, et que je regrettai ensuite
de n'avoir pas partagée. Je me suis donc fait mille scénarios
sur cette arrivée, mais là j'ai tellement envie
de savourer que je me promets de prendre mon temps non seulement
sur la ligne d'arrivée, mais aussi sur tout le dernier
tour du lac et toc !!! Ca va être du crazy-finish !! Au
diable le chrono, de toutes façons, y'a que les Embrunmen
qui peuvent juger de ton chrono, les autres ne feront pas grande
différence entre 12h30 et 13h, ou 13h30. Une pensée
pour Manu Chabannes dans la descente de Réotier, je cherche
les traces de sang sur la route, mais rien !! Et me voici au ravito
de St Clément à l'heure où Eric .normalement
attaque son marathon ( Bouh c'est pas juste !!). Le retour sur
les contreforts est à des années lumière
de ce que j'envisageais. Je suis planté et pense surtout
à récupérer pour grimper Chalvet. Après
le pont-neuf je croise Nico, Pascal et Fred Octave déjà
en course à pied, puis Thierry Meister et enfin René
Rovera (On me fera pas croire qu'il était venu pour finir
lui !!), ça fait un triathl'aix de moins, encore un et
ce sera plus facile pour le TGVR par équipes ?! Chalvet
se passe plutôt bien, enfin plutôt moins pire que
prévu. Fidèle à mes racines, je fais la descente
" à toc " et nous voici à l'aube d'un
nouvelle vie : Enfin je vais courir !!! (d'ailleurs je crois que
quand j'en aurai fini avec le triple effort, c'est définitivement
vers la càp que je me tournerai : encore une révélation
en ce jour !! ). Transition beaucoup plus tonique que ce matin,
je saute du vélo en marche et Ouile, j'ai le pied droit
en feu. Souvenez-vous (ceux qui suivent encore), ces grosses douleurs
sous les pieds en vélo pendant la préparation que
j'avais réussi à contenir grâce à des
semelles " confor'mable ". Je n'ai eu aucun souci aujourd'hui
(faut dire qu'il n'a pas fait non plus un temps de Mexico), mais
là en sautant du vélo. Ce que j'appelle mon coussinet
plantaire droit est super sensible, je ne peux même pas
poser le pied par terre. Je rejoins donc ma place en éducatif
de PPG " petite fille " cloche/pied, espérant
que les runings moelleuses auxquelles je rêve depuis si
longtemps, le soient suffisamment .moelleuses. Changement
de maillot. Je repars avec un autre maillot vélo, les poches
sont pleines : 1 Energix, 3 Elixir for mi et 2 coups de fouet,
tandis que 3 autres coups de fouet et 1 Red tonic m'attendent
dans le sac ravito pour le 2° tour à pied. Casquette,
ceinture porte bidon. Le bidon est vide d'eau, mais j'y ai mis
la poudre et le remplirai au premier ravito (3° conseil Valette).
Quelques secondes pour se vaseliner les dessous de bras (je vous
l'ai dit je suis sensible) Allez y'a plus qu'à !! M ..j'ai
pas changé de cuissard. J'ai prévu un shorty pour
la course à pied, mais il est encore là sur la chaise.
Allez hop, dans la poche du maillot ., j'ai une petite idée.
Course à pied :
Je sors du parc en compagnie de François Arnaud qui entame
son deuxième tour, je suis surpris d'emboîter son
pas, mais je jubile de sentir que j'ai aucune sensation de jambes
dures et je me sens prêt à avaler ce parcours à
pied. Mais j'ai toujours mon cuissard vélo sur les fesses.
A proximité du chalet où nous étions en stage,
je me glisse dans le petit bois, croise 2 dames ( ??) et vais
me changer à l'abri des regards indiscrets.
Je donnerai mon cuissard vélo de l'autre côté
du lac en passant vers le clan Micoud. Manque de chance, j'ai
un homme tout rayé noir et blanc avec moi au moment de
passer la smala. Je m'arrête pour un bisou de récup
à mes deux chéries (on n'est pas à deux secondes
près), mais je ne peux pas donner mon cuissard. Quelques
kilomètres plus loin, c'est Cécile Roizot qui le
récupérera toute surprise (" il se prend pour
Madonna celui-là !! "), j'aurais pas aimé être
obligé de le jeter à la Durance. Le début
de la course à pied se passe super bien, je me force à
partir lentement, j'aurais envie de lâcher les chevaux,
mais je me cale de suite à la bonne FC. Et cette fois-ci
je ne suis pas à 10puls trop haut. Je grimpe la côté
Chamois en courant (à ma surprise), y rencontre Pierre,
et les deux Fred qui me confirment que je vais avoir 2 points
de mire du TGVR sans tarder en visu. Je rattrape Lilian à
l'entrée de la digue, juste après un arrêt
pipi (mais là tout est rentré dans l'ordre) il est
déjà démotivé, et parle de ne finir
que pour sa famille, et ne pense déjà plus au chrono
et encore moins au plaisir. Je double Florian à la moitié
de la digue non sans l'avoir averti avant (" Ouh Oh Florian
j'arrriiiive "). Sur le retour je suis surpris de voir Michel
Sorret (comme à Nice 2004 le Michou !!), puis Matt, Eric,
Pascal, Nico dans leur deuxième tour. Le long faux plat
vers Barratier s'enfile tout seul, en plus je sais qu'un super
comité d'accueil Cini,Marin,Harbonnier, . Du TGVR
m'attend là bas, et j'en profite pour déconner un
peu avec eux. Je m'attends à me faire passer par Nico ou
Pascal mais non. J'essaie de faire des calculs de temps avec les
kilomètrages indiqués au sol, mais comme on trouve
au moins 2 fois chaque kilo ??!!, c'est peine perdue. J'arrive
au lac juste après Eric. Et quand je le recroise il en
est à 10h48' (Ouhlà, c'est pas la joie). Passage
sur la ligne, les bénévoles ont déjà
sorti les gels de mon sac et me les tendent en passant, même
pas besoin de m'arrêter, ça ne valait pas le coup
de faire l'économie de ce sac !! Au bout du lac, au semi
marathon, je suis largement sur les bases de 3h45 : nickel !!
Je trouve ensuite mon frangin Nicolas qui m'accompagne un moment,
ainsi qu'Anna en poussette, poussé
par Papy.
Je me sens toujours aussi bien. Le deuxième tour est tout
aussi plaisant. Je cours même dans les côtes. Je prends
enfin mon pied dans cette journée, je discute un peu avec
quelques compagnons du moment, je commence à découvrir
les galériens du jour au bord de la route dans leur premier
tour, et je sens les regards " envieux " de ceux que
je double, à la vue de mon chouchou fluo autour du cou.
Je gère bien les raviots et les gels et suis bien content
d'avoir emporte un bidon à la ceinture notamment pour le
demi tour sur la digue ou la descente vers le lac, là où
les ravitos s'espacent un peu trop. La pluie s'invite alors à
6/7 km de l'arrivée : 3 gouttes !! tout comme je l'avais
demandé !!, puis elle s'arrête histoire de rentrer
peinard. Le dernier tout de lac s'annonce, je ne regarde plus
le chrono, je savoure, croise Jérôme qui rentre au
camping (" Il a du faire un temps le bougre "), Robert
qui entame son 2° tour avec le sourire (" Il prend son
pied lui ça se voit, c'est cool !! "). La dernière
ligne droite s'annonce, le 1er Embrunais me double, il se déchire,
j'en ai pas la moindre envie, j'ai l'impression que je voudrais
que ça dure !! Au début de la ligne d'arrivée,
Véro me tend Anna qui veut bien faire la dernière
ligne droite avec moi, mais n'a pas trop envie de courir. Tant
pis, on marche,
je commence déjà à lui raconter la journée,
je la porte un peu, je laisse passer une famille de 4 ("
Ben quoi, ils vont me boucher la vue ") et on passe la ligne
tous les deux, je pense cette fois-ci à regarder le photographe
(à Nice, j'avais baissé la tête), et dès
que je le vois, je lui fais un signe rageur (d'où la photo
colgate). Anna me demande qui va lui donner une médaille
(que je lui avais promise), mais je comprends à la vue
du polo, qu'il n y'aura pas de médailles cette année.
Un petit tour vers la famille, contente pour moi, mais je ne sais
pas trop comment réagir, je suis un peu perdu. A ce moment
là, pas mal de choses se bousculent dans la tête
: la satisfaction d'être arrivé en forme se confronte
avec des regrets sur le chrono vélo, Je suis aussi un peu
à la recherche d'une ambiance que la pluie a peut-être
quelque peu gâché (y'a moins de monde que d'habitude)
Je ne suis pas plus ému que ça, beaucoup moins qu'à
Nice il y a 2 ans. Je pensais que j'aurais été un
de ces finishers exaltés devant un public bien présent.
Je me suis imaginé des milliers de fois (avant la course
ou pendant) ce à quoi pourrait ressembler cette dernière
ligne droite. Peut-être que je n'en ai plus la force, ou
peut-être que les remerciements que l'on voudrait déjà
présenter aux proches à qui on a bien gâché
les vacances me freinent dans mon élan, ou peut-être
parce que toute belle journée qu'elle fût, ça
n'en reste pas moins que du sport et que les plus belles aventures
ou les caprices de la vie sont bien ailleurs.
Deux jours après, les
courbatures ne me gênent que dans les escaliers, alors que
ce petit état d'esprit mi-figue mi-raisin durera quelques
jours de plus, avant de savourer enfin la réussite
de l'aventure à travers les classements, les photos, les
reportages télé, les échos des amis, etc .
Résultat : 10 jours après, on commence déjà
à calculer où on pourrait gagner du temps et à
se dire qu'on repartirait bien demain même si c'était
possible. On est déjà à faire du vélo
dans le col de la Cayolle guettant s'il nous reste de la forme
pour courir encore en fin de saison.
Je pense qu'hormis le froid du début du vélo, les
conditions météo étaient les miennes cette
année, et qu'un marathon aussi frais, je n'y avais jamais
rêvé. Trois semaines après, je suis au départ
du triathlon sprint de St Barth, prenant là aussi beaucoup
de plaisir à courir comme un taré pendant 1h15 pour
finir sur les talons d'un gars qui mit presque 1h30 de moins que
moi à Embrun.
Merci à tous ceux dont
j'ai parlé dans ce roman, à ceux que j'ai oubliés,
à ceux qui l'ont lu jusqu'au bout (mon roman), au clan
Micoud/Grattesol, et à ma petite femme qui a passé
l'hiver à me dire que c'était une connerie de faire
ce truc avant de devenir ma première supportrice.
Refaire Embrun : pourquoi pas ?? mais
pas tout de suite !!