LANZAROTE 2005

 

IRONMAN sélectif pour HAWAII

Samedi 21 mai 2005.

 

 

Le choix de participer à cette épreuve sélective a surtout été conditionné pour moi par rapport à mon objectif principal en 2005 : Embrun. Lanzarote est très bien placé au niveau date…

L’objectif à Lanzarote est « d’assurer la qualif »… si, en plus, il y a un bon résultat au bout, tant mieux !

C’est avec une préparation relativement modeste, et en toute décontraction que j’aborde la course.

Je pensais faire au moins dans les 15 premiers, et aurait été très satisfait d’être dans les 10…

J’avais tablé avant le départ sur un temps total compris entre 9h35 et 9h40 avec 54’/5h25/3h10 à3h15..

 

 

J-3

Je fais le voyage avec Thierry MEISTER (Tricastin). Il s’est très bien entraîné et semble au mieux pour se qualifier !

Nous logeons dans un appartement spacieux et calme à 1 km du départ qui se fait à Puerto Del Carmen.

J-2 :

Nous nous rendons à la pasta party et au retrait des dossards au club La Santa (distant de 30 km). La pasta est pas mal, même si la nourriture est très grasse (nous sommes en Espagne !). Nous mangeons sur la superbe terrasse qui surplombe une des piscines du club, il règne un calme impressionnant…

Sur la course, nous sommes 800 inscrits, dont 30 athlètes pro garçons et 10 pro filles.

Il y a 11 places dans ma catégorie d’âge (35/39 ans), 9 dans celle de Thierry (30/34 ans).

Côté français, nous sommes environ 20. Seul Richard Massaud s’est inscrit en pro…Mais il y a aussi José JEULAND qui termine 42ème à Hawaii en 2004…

 

 

 

 

 

 

 

 

LA COURSE :

 

En allant rejoindre le départ, en marchant, nous croisons, comme cela est souvent le cas sur un Ironman ceux qui sortent de boite et vont se coucher…

 

Au plus tôt, je dis à Thierry qu’il faut que l’on aille se placer sur la ligne pour prendre un bon départ. Je n’ai vraiment pas envie de me faire enfermer.

6h40 : le sas de départ s’ouvre pour les pro, puis quelques minutes après pour nous. 10 m nous séparent. Le soleil commence à éclaircir l’horizon ..

 

NATATION :

 

La natation se fait sur 2 boucles identiques (avec une sortie d’eau) au niveau de la baie de Puerto dans une eau calme et claire à 21°. Les conditions sont donc très bonnes !

 

7h00 : le départ est donné. Il faut courir vite pour ne pas se faire piéger. Au bout de 10m, je tombe ! Je me relève rapidement mais une partie de « la meute » est déjà passé.

Lorsque je plonge enfin, j’aperçois Thierry et me dis « il se retrouve enfermé aussi ! ». Jusqu’à la première bouée distance de moins de 200m, ce n’est pas de la natation : impossible de nager. Je prend énormément de coups, me fait couler. D’autant que nous sommes coincés contre la ligne d’eau : impossible de se dégager…Le passage de la bouée est tout aussi tumultueux, mais enfin une ligne droite de 800 m va nous permettre de nager, enfin !

 

TRANSITION

A la sortie d’eau, je pense avoir fait une mauvaise natation, mais n’aperçois pas de chrono.

En quittant le parc, le chrono officiel affiche déjà plus d’une heure ! Même si la transition est comprise, je me rend compte que j’ai très mal nagé. Je ne sais pas où se situe Thierry.

 

VELO

La partie vélo, est, à mon avis, la partie, de loin la plus caractéristique, la plus impressionnante et la plus intéressante de l’épreuve.

Il s’agit d’une boucle qui fait le tour de l’île, en empruntant les sites les plus typiques de l’île.

LANZAROTE est une des 5 îles d’un archipel. C’est une île volcanique. Le paysage est somptueux, avec une multitude de volcans (dont certains encore en activité), et des champs de lave solidifiée à perte de vue.

La végétation est casi inexistante (à part des herbes rases et jaunâtres et quelques maigres cultures de vignes). C’est un paysage de désolation, lunaire, à t’on envie de dire. Le vent, toujours présen,t balaye sans cesse ces terres.

Le revêtement des routes est très granuleux voire cahotique, le rendement est donc très  mauvais…

Dans les descentes, il faut bien tenir le guidon tellement les vibrations sont importantes (le français José JEULAN y a même cassé une roue carbone !)..

 

Le parcours est très difficile :

Plus de 2500 m de dénivelé sont au programme avec 4 principales difficultés.

La nature du revètement,

 Le vent !!!La moindre pente devient très dure en raison de ce paramètre ! ). D’autant que les 120 premiers kilomètres, jusqu’au point culminant du parcours (Mirador del Rio), se font pratiquement toujours vent de face ou ¾ face…

 

 On pourrait aussi rajouter cette année la chaleur (aux dires de plusieurs habitués de la course, cela a été l’année la plus chaude).

 

 Me concernant, durant  les 30 premiers km, les jambes sont dures, mais cela ne m’inquiète pas.Richard Massaud me double d’entrée, lancé comme sur un sprint avec une position digne du record de l’heure !(« il va faire 180 km comme cela ??? »).

Arrive la première difficulté vers le 40 ème KM : la traversée du par national de TIMANFAYA (les montagnes de feu).

 Il s’agit d’une chaîne de volcans dominants des champs de lave solidifiée, entièrement noire. C’est très impressionnant ! La route principale que nous empruntons et qui traverse le parc ne l’est pas moins : imaginez 6 km de ruban d’asphalte noir en ligne droite avec une pente de plus en plus importante, avec un revètement faisant penser aux pavés de Paris Roubaix, et, bien sur, un fort vent de face !!!

Je commence, comme beaucoup, en gros plateau, puis ne cesse de changer de développement pour finir en 39/21 sur le sommet.

 Dans ces conditions on a le chois entre passer debout sur les pédales, en force, ou assis mais plutôt en position triathlon, pour lutter contre le vent, ce qui devient délicat en dessous de 20 km/h, voire moins…

 

Ensuite, nous descendons, toujours vent de face au niveau de la Santa, KM 60. Au niveau d’un ravitaillement, je songe à récupérer une « powerbar », car je suis pratiquement parti sans rien dans les poches. Mais il n’y en a pas !!! Il n’y a pas de ravito solide durant le vélo !!! Pourtant, je m’étais renseigné 2 jours avant, à ce propos.( Mais j’ai du avoir du mal à comprendre l’anglais parlé avec l’accent espagnol…ou alors il s’agissait de « powergel » et non de barres…).Et je n’ai emporté qu’une seule barre énergétique avec moi !!!J’espère alors que cela suffira, mais me dit que c’est vraiment une grosse erreur …

C’est alors que je rattrape Thierry. Je lui demande si ça va, « moyen, pourtant j’ai géré la première partie du vélo ».

 

Les sensations sont bonnes, et même de mieux en mieux !

 

La 2ème difficulté est la montée vers le « mirador del Arhia » culminant à 700 m. La montée dure environ 10 km, avec une pente régulière de l’ordre de 5/ 6 %, mais avec de longues lignes droites face au vent ! J’utilise là aussi un 39/21, et la pente semble terrible (sans vent, cela monterait gros plateau !). Sur le sommet pelé, km 100, la vitesse de rotation des éoliennes nous rappelle, si besoin en était, la force du vent. Je suis 26 ème.

 

Une courte descente de 5 km nous emmène au pied de la montée sur le « Mirador del Rio », à 700 m d’altitude aussi. Cette montée est irrégulière, avec quelques rampes à plus fort pourcentage. J’utilise à ce moment le 39/23. Au sommet (km120), avec un fort vent défavorable, je dois être « scotché » à 12 km/h. J’ai mis 4h pour accéder à ce niveau de la course, soit seulement 30 km/h de moyenne ! Je n’en reviens pas….Je passe en 23 ème position

 J’ai l’impression d’être au sommet du Ventoux ! La vue est fantastique (il paraît que c’est un des plus beaux point de vue au monde ???) : 700 m plus bas, le bleu turquoise de la mer tranche avec la blancheur de quelques îlots, mais aussi avec la couleur noire du volcan que nous venons d’ escalader !

Je reprend alors R.Massaud, qui paraît au plus mal…Mais je suis, moi aussi, en hypoglycémie et avale ma seule barre. J’aperçois sur le bord de la route J.Jeuland qui vient de casser sa roue.

 

Enfin, le vent nous est favorable, et en plus, cela descend ! Mais la route est mauvaise et il faut rester vigilant.

 

Enfin une portion plane de 10 km, au revètement presque lisse et vent dans le dos. Quel plaisir d’enrouler enfin un 52/12 (le 11 dent aurait d’ailleurs été nécessaire sur cette partie. Je reprend 4 places sur ces 10 km , j’ai de bonnes sensations ! Je rentre donc dans les 20 premiers et suis confiant pour la suite.

 

Mais les 30 derniers km nous oblige à quitter cette belle route à fort rendement pour s’engager sur des parties bien entendu montantes et vent à nouveau de face…

Il s’agit de la dernière difficulté du parcours. C’est plutôt un faux plat montant. Mais le cocktail pente + revétement + vent de face + fatigue est dur à avaler.

 Je commence, de plus, à franchement sentir l’hypoglycémie arriver. Les forces me lâchent, et perd patience sur le vélo. Il est où le sommet ? Cela me semble interminable.

 

Enfin, nous plongeons sur l’arrivée vélo.

 Dans la ville, à un carrefour, n’étant certainement plus tout ç fait lucide, je fais une erreur d’aiguillage sans m’en rendre compte. Je suis sans force, sans énergie, je n’ai plus de « carburant »…J’effectue ainsi 2 à 3 km jusqu’à ce qu’un motard de l’organisation vienne à ma hauteur me faire comprendre que je suis à contre sens ! Je fais demi tour et effectue péniblement les quelques kilomètres qui me sépare du parc. J’ai du perdre une dizaine de minutes encore dans l’histoire et 5 ou 6 places !

 

TRANSITION 2

Je rentre au parc au bout de 5h39 de vélo, en 25 ème position, sans force. Pour la première fois, je suis incapable de courir lors de la transition. Je « vois des étoiles ». Je récupère le sac de course à pied et m’empresse d’avaler les 2 gels d’énergie que j’avais prévu.

 

CAP :

Au bout de 6h42 de course, je trottine lentement dans l’atente du premier ravitaillement qui se situe à un petit kilomètre. Là j’ingurgite d’affilé 4 gel d’énergie, et en récupère autant dans les poches. Dans ces circonstances, il convient de ralentir l’allure, récupérer de l’énergie, s’hydrater et… attendre que les forces reviennent.

Au bout de quelques minutes, cela va mieux. Sur un ironman, une hypoglycémie ne signifie pas échec, loin de là !!!

Dès lors que j’ai retrouvé mes esprits, je me dis que j’ai de la marge au niveau de la sélection (au vue des temps des précédentes années, il « suffit » de finir la course en moins de 10 h30, ce qui me laisse plus de 3h45 pour faire la cap)…. Je décide alors de gérer le marathon, et pense faire environ 3h30. Je sais qu’au niveau de la place au général, ça sera pas terrible, alors je pense au reste de la saison.

Je réalise une cap « paisible » en 3h25, ce qui me permet de ne pas finir « cassé »…

 

La course à pied est constituée de 4 ( !!!!) allers retours sur une route en bord de mer. 5,25 kmen ligne droite, c’est sacrément long. Lors du premier aller, cela semble interminable ! Tout l’aller s’effectue vent de face, le retour vent de dos. Il fait très chaud. Heureusement, le public est nombreux, les bénévoles, plus que disponibles, enthousiastes.

 Plusieurs speakers sur le parcours scandent les noms et nationalité des athlètes. Une sono fonctionne à fond, et un groupe de musique brésilien va passer son après midi à nous jouer des airs latinos…

Je croise Thierry qui parait bien sur les 2 premiers tours. Là je pense et espère qu’il est largement bon pour la sélection. Mais à partir du 3ème tour, c’est plus difficile . Des crampes l’empèche de plus en plus de courir, mais chaque fois, je lui dis de s’accrocher, et temps que la ligne n’est pas franchie, cela peut être bon.

Malheureusement, pour 8’, il ne passera pas…

 

Je termine, pour ma part en 25 ème position, en 10h07 ( !!!), loin des 9h35 ou 9h40 prévus (ce qui correspondant cette année à la 8 ou 9 ème place).

Je suis 2ème de ma catégorie d’age. A priori, les conditions ont été très dures cette années, au vue des nombreuses défaillances, mais aussi des places sélectives : près de 30’ de plus pour le dernier sélectionné par rapport aux autres années.

 

 

CONCLUSION :

 

Sur un Ironman, tout peut arriver, rien n’est jamais acquis. Cette règle simpliste se confirme presque à chaque fois. L’Ironman est une leçon d’humilité pour un athlète !

Je suis, malgré tout, satisfait de la course. L’essentiel est fait, je n’ai pas entamé mes forces pour la suite de la saison et c’est tant mieux…

Je suis très déçu pour Thierry dont le potentiel ne s’est pas du tout confirmé sur la course. Son niveau de préparation et de performance lui aurait permis de faire plus que de se sélectionner, notamment bien se classer au général et dans sa catégorie…

 

LANZAROTE est vraiment une course à faire pour qui souhaite faire un (ou plusieurs) Ironman. Cette compétition, pour un budget raisonnable, ne laisse » pas indifférent. Les paysages font penser à HAWAII !!!

 

 

 

CE QUE J’AI AIME :

Les paysages, l’ambiance atypiques ;

La nature et la difficulté du parcours vélo, ainsi que l’absence de drafting;

L’hébergement et le déplacement relativement peu cher ;

L’enthousiasme, la disponibilité des bénévoles

 

JE N’AI PAS AIME :

La course à pied, avec de trop nombreux aller retour ;

Le revètement de la partie vélo

Que cela tourne mal pour Thierry…