Nice 2004...

Nice 2004 : "un petit bout du rêve" !

Je ne sais plus très bien ce qui m'a poussé vers le triathlon en 1997, mais je pense que les images furtives du triathlon de Nice vues à la télé y ont joué un rôle prépondérant. Depuis quelques saisons déjà, je programmai l'épreuve en début de saison, avant de repousser chaque fois l'échéance, pour des raisons (ou prétextes) différentes ( manque d'expérience, prix, préparation,…) Il est vrai que la date de l'épreuve coïncide toujours avec les premières semaines de classe toujours très chargées pour le Victor Novak que je suis. Après la savoy'hard, La Ciotat, St Raph, ou le tri sapin, je me dis que je dois quand même pouvoir faire le grand saut !

La saison 2004 :
Un bébé arrivé en Octobre, une maison débutée en Septembre, voilà deux nouvelles raisons qui auraient du me conduire à repousser une nouvelle fois le projet. Oui, mais voilà l'épreuve a annoncé sa dernière édition. C'est cette année ou jamais ! ( Sinon il faudra sauter une classe !) Le challenge s'avérait d'autant plus excitant que j'ai réduit cette année au moins de moitié mon entraînement.
-2003= 4 natations, 3 à 4 càp et 2 à 3 vélos en moyenne de janvier à Octobre, 6600 km de vélo,…
-2004= 0 km de vélo jusqu'au 24 Avril, 2,5 séances de natation et 2 Càp.
Après une reprise de la compét. en Juin avec un rapport volume d'entraînement/performance plus que convenable, une jolie perf au DO d'Annecy qui ne m'avait jamais souri, et un petit sprint du côté de la Drôme des collines, je pose fin Juillet ma truelle et ma perceuse et j'entame une préparation pour Nice sans aucune compét d'ici le jour-J. Je pense savoir ce que j'ai à faire et je préfère mener mon plan sereinement sans m'égarer sur des DO ou Sprints.

La prépa :
2x4 semaines concoctées par Eric ( Merci coach) avec une nouvelle contrainte (surtout pour lui) : intégrer une semaine de voyage à Athènes pour les JO durant laquelle je préfère ne rien programmer ! D'où le choix des 2x 4 semaines plutôt que 1x 6 semaine. Le premier cycle est difficile : je rallonge quelques sorties longues vélo ( accompagné d'embrun-men en préparation) et la 3° semaine effectuée totalement seul (la plus lourde) est vraiment dure. Je me traîne à vélo. Le cœur ne monte pas : je me souviens d'ailleurs d'une séance VMA vélo de 5x3' : Mon Polar me donne 174 de max sur les 5 fractions (ce qui correspond à mon seuil habituel). A pied c'est un peu mieux, et en natation, vu que je nage souvent au milieu des nénuphars à Chabeuil, j'ai l'impression d'avancer, mais je me programme des séances beaucoup trop gentilles.
Je sais pourtant que je paie un peu le manque de volume hivernal, et qu'il me reste beaucoup de temps pour que les sensations reviennent. Je pars à Athènes avec dans l'idée de bien en profiter et dans l'espoir que la surcompensation jouera son œuvre. Le voyage n'est pas très reposant (mais qui s'en plaindrait ???), A mon retour, c'est pas encore la grande forme. Mais 2,3 jours après je me sens enfin bien, je fais une sortie avec Eric et Pierre Dorez de retour de Génève : un bon petit tour dans le Vercors, le cœur monte aisément et je fais 3x15' au seuil à des valeurs caridaques = à la fameuse séance de VMA (171) et sans me mettre dans le rouge. (" Même qu'après j'ai encore mis des mines dans côte Blanche !! "). Ouf ça a marché.
Reste à continuer sur le bon rythme en combinant l'entraînement avec la rentrée des classes. L'avantage c'est que je peux commencer le compte à rebours et la motivation décuple, même si je continue à m'entraîner vraiment en solitaire . A pied, je me sens pousser des ailes. La natation n'est pas fameuse du tout, mais je m'en préoccupe pas trop (c'est pas là que j'ai le plus de temps à gagner !) et le vélo est assez irrégulier. Je bouffe du Vercors depuis deux mois, et j'ai pas toujours l'impression de monter plus vite. Par contre dès que je pars sur les collines ou l'Ardèche, je me rends compte que le travail en côte paie aussi sur le plat. La dernière semaine arrive, avec cette sensation qu'on ne fait plus rien, qu'il faudrait continuer à s'entraîner. Le boulot me prend beaucoup, mais cela me permet de ne pas gamberger une semaine durant sur la course.

La veille :
Départ samedi 25 à 12h, j'ai bossé le matin. Seb Roizot est chargé de retirer mon dossard et nous arrivons avec Toma vers 17h sur le site. Un coup de portable et tous les TGVR se retrouvent. On pose les vélos, on prend déjà des repères pour le lendemain, 19h approche, on décide d'aller trouver la pasta party : histoire d'être les premiers servis. Le souvenir de la longue file d'attente au tri-sapin 2003 me revient à l'esprit et l'on fait bien : on est les premiers. Mais l'organisation est au top et tout le monde est vite servi. On est dans un grand théâtre de plein air, et le briefing est donné pendant le repas. Ecran géant pour illustrer les explications : pas de surprises pour tous ceux qui comme moi feuillettent le programme officiel depuis un mois. Bien repérer l'ordre des boissons au ravito Vélo. Je ne veux prendre que de l'eau, et surtout éviter l'Isostar. J'ai aussi beaucoup planché sur mes ravitos pendant ma prépa et je sais ce que je ne dois pas faire. A vélo ce sera Maxim neutre : un bidon plein, un autre avec juste la poudre (on mettra l'eau en route) et une réserve supplémentaire avec moitié Maxim neutre/moitié Overstim (plus " rapide "). Le briefing se termine avec l'habituel râleur de service qui trouve le parc trop étroit. (" Et l'année prochaine c'est pas le prix qui sera étroit ! ") A ce sujet, et depuis mon arrivée, l'organisation et le site m'impressionne. J'ai toujours entendu beaucoup de critiques sur l'épreuve Niçoise, mais je suis surtout épaté par le site, le nombre de bénévoles, les infrastructures… ajouté au fait que tout est installé en pleine ville ! Et pour avoir bien trempé dans l'organisation de notre tri, je ne peux m'empêcher de penser au boulot réalisé en amont par l'équipe d'organisation. Tout ça pour dire que mes 130 euros me semblent déjà plus " réalistes " ! Notre sac contient un sac à dos, une montre (qui s'avère assez performante et dont la valeur doit avoisiner les 50 euros). Ajoutez à cela, que j'ai pu inviter Toma à la Pasta sans supplément de prix et que j'aurais pu en faire de même pour le repas du dimanche soir, les prestations sont assez impressionnantes. Il est à peine 20h30 quand on rentre à l'hötel : un grand merci au passage à Phil Raymond qui nous a négocié des super-prize à l'hôtel. Mais déjà, le sommeil pointe son nez. Tant mieux, j'aurai pas de mal à m'endormir. Préparation du sac poubelle ; car il ne faut pas apporter de sacs persos, et des petits sandwichs pain de mie au jambon. Côté ravito solide à vélo, j'ai prévu 2 barres maxim banane (que je croyais bien aimer) une power-bar fruits des bois, 3 petits sandwichs, et je décide de rajouter 2 barres Regain (chocolat blanc fruit des bois) que j'ai l'habitude de dévorer toute l'année, et un energy-gel overstim Pommes, mais que j'ai jamais testé (ouhlà !!) . Je ne crois pas trop aux sandwichs : j'ai essayé pour la première fois mercredi lors de ma dernière sortie vélo, j'ai bien assimilé, mais ça cale pas trop !
Pour les habits, ce sera shorty + Maillot vélo mais je mettrai mon singlet dès le départ nat.
Allez hop au lit réveil prévu à 5h pour le gatosport. Gwenaël m'en a piqué un quart mais je sais que je n'en mangerai pas des tonnes.

Le Jour-J
4h30, je suis déjà réveillé et je me dis que c'est pas plus mal, le gato passe pas trop, alors on force pas !
Préparation des sacs, on croise personne dans le hall, on s'en va sans payer (" B'enfin, Seb, t'as pas payé pour tout le monde !??! ") , un coup de bagnole, on se paume un petit peu, on voudrait éviter le parking souterrain payant, finalement on retrouve la même place que la veille, gratos et à deux pas du départ. Je suis loin d'être le dernier au parc, mais y'a déjà la queue au WC. J'ai pris mes précautions à l'hôtel, d'autres non !. Les habitués des départs nocturnes enlèvent leur housse plastique sur leur vélo, à la lumière de leur frontale. La préparation est détendue du côté du TGVR Team.

la Natation :
Il faut maintenant rejoindre le départ, je veux prendre mon temps pour ajuster au mieux ma combi, quand j'y arrive j'y suis mieux que dans mon pyjama ! Une paire de lunettes neuves : c'est le pied, je n'aurai pas un pet de buée !! Le speaker annonce les dernières minutes : une bonne petite musique bien prenante nous fait monter la pression : P………ça y est j'y suis !! Deux mois de prepa, et le jour-J est arrivé. J'ai déjà le sentiment d'avoir fait un joli truc en menant à bien cette préparation solitaire, j'ai confiance, je vois déjà la ligne d'arrivée,…. Non ne pas y penser ! Face à nous, la mer est assez calme. Tous les yeux des bateaux sont rivés vers nous, le public s'est fait silencieux, c'est comme si tout le monde attendait les premiers rayons du soleil. L'image est là encore devant mes yeux : peut-être la plus belle de la journée Les deux premières bouées ne me paraissent pas loin, c'est bon signe. Je n'ai pas choisi de me mettre à l'extrême gauche car il y a beaucoup de monde : tout le monde veut nager à l'écart ? Ma haute vision panoramique me conduit un tout petit peu plus à droite, dans un coin très clairsemé. Je me retrouve facilement en deuxième ligne. Le départ est donné, nous n'avons rien entendu, mais j'ai vu plonger sur la droite, alors je crie : " On y va, on y va " à mes camarades d'un instant, un peu rêveurs. A ma grande surprise, je suis tout de suite assez bien, personne ne vient m'embêter, j'ai l'impression d'être très près de la tête, par contre je vois bien qu'à ma gauche, ça mousse presque plus qu'à ma droite. Je fais surtout attention à m'appliquer, à ne pas trop lever la tête, j'ai pas l'impression d'être parti vite, mais à côté de moi, ça va encore moins vite. J'arrive ainsi sans encombres au premier virage, à peine quelques pieds qui traînent , et on attaque la ligne droite de 1500m. Problème : les bouées sont rouges, les bonnets aussi ! Et là je m'écarte un peu trop au large, je corrige alors progressivement le tir, et à la bouée suivante tout est rentré dans l'ordre. Entre temps je n'ai pas pu m'empêcher de penser à ce que j'allais écrire en rentrant, que le même " instant de nage " ne serait certainement pas raconté de la même façon selon le scénario final. Je ne peux également m'empêcher d'imaginer le super cliché à faire quand nous rentrons ¾ face au soleil levant et que les bras soulèvent une légère brume face aux hôtels de la promenade. On reste concentré ( j'entends Fred qui me dit : " la tête !! " et Eric qui me parle de ma main qui se relève à l'entrée dans l'eau. C'est laquelle déjà la droite ou la gauche ? - Applique toi sur les deux, banane !! " Quelques instants pas faciles avec un buté des goggles qui veut absolument m'emmener sur la plage, " Eh, lève la tête, Dédette !!! ", le demi tour, le retour, tout passe assez vite, je n'ai pas mal aux bras, et je me dis que j'ai du ralentir un peu trop et que je vais sortir en 1h20. Pied sur la plage, mon père crie déjà, je demande le temps à un concurrent : 1h08 : pas mal du tout !!. Je dis à mon père que j'ai eu l'impression de ramer, il continue à m'encourager. Toma doit déjà être en train de shooter, il a récupéré une accréditation presse, il va pouvoir bien s'approcher ! je dois être dans les 400 premiers.

le Vélo
Maillot vélo (les barres sont déjà dans les poches !), chaussettes, casque (les lunettes de soleil sont accrochées dessus, allez on y va ! C'est vrai que les allées sont pas larges, pas question de doubler et comme les trois quarts ont déjà mis leur chaussures, ça décolle pas vraiment : pas grave, on aura bien le temps de sprinter…..dans les derniers 100m. Hop là boum, sur le vélo, les chaussures en route comme d'hab, …..j'ai déjà du gagner 20 places ! J'ai pris avec moi une petite bouteille de maxim que je siffle rapidement et dont je me débarasse aussitôt. J'essaie de mettre en route le polar, mais il m'a fait des siennes dans la dernière semaine, les piles n'ont pas supporté l'entraînement. Il me dit 87 puls, doit falloir multiplier par 2 !! Quand je veux l'arrêter, il veut pas !! et je me bats avec lui jusqu'à St Laurent du Var. Tut !! ça y est 157 !! parfait !! Pourtant, je double pas mal de monde !? Hop Hop hop, à partir de là : oeillères pour tout le monde : surtout ne pas regarder ce que font les autres, faire sa course et ne pas s'occuper des autres. Les premiers raidars me confirment ainsi que certains sont partis très vite (" ou alors il respire beaucoup, très, pas mal fort dans les petites côtes ?! et pis arrivés en haut ils coupent l'effort ! " ) Eh qu'est ce qu'on a dit ? Œillères !!! En tout cas je suis content d'avoir mon 26 dents (en fait il ne reservira jamais et j'aurais mieux fait de prendre 23, j'aurais été mieux étagé !). Tiens Yves Cordier !! Il encourage, il guette très certainement des Niçois ! En tout cas, il a choisi, son endroit, ça doit être le plus raide du parcours ! On s'approche de Vence, c'est assez roulant, il faut penser à manger : on va attaquer la powerbar : " Hmm c'est bon ce truc là ! " premier ravito : " Déjà !! une bouteille d'eau et on file !! " Les ravitos sont nickels. Deuxième ravito, je loupe la bouteille : pas grave j'ai du stock, on approche Vence, un petit crochet dans le village, c'est dingue tous ces carrefours bloqués pour nous. Ah ça y est on est dans le col de Vence. Je n'ai emprunté qu'un fois ce col lors du stage à Antibes l'an dernier. J'étais pété, je l'avais très mal monté, mais j'avais gardé la souvenir de quelque chose de " facile ". En effet la pente est régulière, la chaleur n'est pas encore pressante, on gère avec Polar (qui continue à faire des arrêts de travail intempestifs, et on pense à manger. Les sandwiches passent tous seuls, par contre la barre Maxim banane m'écœure très vite. J'en ai deux comme ça : résultat je n'y toucherai plus ! Dans la montée je suis avec une dijonnaise. De loin, j'ai cru que c'était Audrey Cléau, mais ce n'est pas elle. La pauvre n'arrête pas d'entendre des " Allez Audrey !! "
Sommet du col, bien manger, bien boire, et se rappeler que la descente n'est pas immédiate. En effet quelques restes de côté nous attendent, avant que l'on ne bascule dans une descente interminable, avec bon nombre de petits virages. Le goudron est nickel, mais ça vaudrait vraiment le coup d'y passer une semaine pour bien la repérer. Je pense à Olivier Marceau qui doit la connaître comme sa poche. Mais qu'elle est longue, je commence à me demander si elle n'est pas plus longue que la montée. Et combien de fois ai-je déjà beaucoup trop freiné ? Ah si j'avais pu la repérer ! La route est fermée à la circulation mais je remarque que moi comme beaucoup d'autres, on a quand même beaucoup de mal à prendre un virage en pleine gauche ! La route n'est pas très large, et il n'est pas facile de doubler les piètres descendeurs.
Par contre, arrivé en bas, il n'y aucun doute, ça va remonter, la vallée du Var on remonte un petit coup sur la nationale face au vent, virage à droite et c'est parti pour 8km, puis encore 5-6 km jusqu'au col de Contes. C'est là que commencent les choses sérieuses. J'ai pas l'impression d'avoir beaucoup forcé jusqu'à présent mais ça vaut mieux ! J'ai avalé tous mes sandwichs au jambon, la power bar ne me fait plus trop envie (mangé la moitié) et les maxim sont déjà à la poubelle. Rapide inventaire : il me reste 1 isostar, 1 regain et mon gel overstim : finalement ça me suffira, mais j'ai bien fait d'emmener trop de victuailles. Promis, je ne dirai plus que les sandwichs, ça sert à rien ! Au passage je ne peux m'empêcher de pousser un petit coup de gueule contre une partie des concurrents qui n'ont fait aucun effort pour jeter leurs bidons ou papiers à des endroits judicieux (sorties ou entrées de ravito, croisements avec signaleurs,…) et qui au contraire balancent loin leur bidon côté ravin, histoire qu'il y soit encore dans 20 ans ! Triathlon : sport nature ? plutôt sport fashion, mais bon !!
La fin de l'ascension vers Contes est un peu difficile, quand j'entends une moto ralentir, je suis bien seul, je me demande ce que peut me vouloir un arbitre, je me retourne : " Oh un photographe ! Mais c'est Thomas, comment a-t-il fait pour dégotter un motard ? Dommage je suis en train de manger, ça va faire de drôles de clichés ! ". La descente finale est bien comme on me l'avait annoncée : sinueuse, revêtement abimé. On ne prend pas de risques, ce serait un peu con de crever maintenant, surtout que depuis le début, j'en ai quand même vu pas mal avec le pneu à plat ! La fin du parcours vélo reprend la nationale, et là difficile d'éviter les groupes, le vent est ¾ de face. Je prends mon temps, un groupe me dépasse, je reste à bonne distance, ce n'est pas le cas de tout le monde. D'un coup, je sens venir une crampe dans la jambe droite : " déjà ? " Pourtant tout a bien baigné jusque là, je force peut-être un peu trop à vouloir garder ce pack en point de mire. Boire, manger et penser à la suite. De toutes façons, ça descend tout seul (ça va faire remonter la moyenne !) Arrivés sur le port, on sent déjà beaucoup plus la chaleur. Entrée au parc, les jambes ont l'air bien : je sais que les premières foulées me diront déjà beaucoup de choses. Je pose le vélo aux alentours de la 300° place

la Course à pied :
Transition rapide (mais pas trop) je vérifie que je n'oublie rien, je prends mes 4 coups de fouet + un energygel overstim : celui que j'ai pris a vélo est très bien passé, ça me rassure. Mais j'espère ne pas avoir à utiliser mes coups de fouet trop tôt. On a dit 15, 20, 25 et 27° km ! Je pars avec une bouteille perso (vittel sport bien pratique le bouchon) avec du maxim neutre + overstim, j'attrape juste un gobelet d'eau pour la douche. Direction le port. Phil Raymond m'a dit que ça montait. Je dois être en forme, je trouve ça plat : tiens Olivier Marceau, il n'a pas l'air au mieux ! (enfin il quand même un tour d'avance sur moi !) Je regarde beaucoup Polar : en dessous de 158 je me sens hyper facile, mais au dessus de 164, je sens que je suis un peu haut. Au bout de 4 km, je sens que j'ai trouvé la bonne allure. J'ai toujours craint de finir une épreuve comme celle là en me traînant à pied. Je voulais par dessus-tout faire une belle course à pied et surtout " avoir l'air d'un coureur " tout au long du parcours. La foulée que j'ai pour le moment me plaît bien, c'est assez dynamique, et surtout je remonte tout un tas de concurrents. Je reste calme, mais je me dis que je peux accélérer : " Attends le 2° tour " dit toujours Pascal Dumonceau ! Je ne voulais pas prendre de temps intermédiaires, mais je jette un coup d'œil à ma montre au km 4 puis au 8. Je suis passé en moins de 20', ce qui veut dire que je suis sur une base de moins de 2h30 ! Km 12 c'est pareil : 19' pour 4 km ! rapide calcul si je gagne 1' pour 4km ça me fera plus de 7' au final et un temps autour de 2h20. Waouh ! Inespéré ! Le premier tout est ainsi bouclé, j'essaie de conserver mes repères temps, mais je m'embrouille un peu ! Je passe vers la ligne juste après l'arrivée d'Aigroz qui m'a doublé peu de temps auparavant, je n'arrive pas à entendre sa place, ni le nom du vainqueur : si c'est Julien Loy ! Bravo l'Isère ! Deuxième passage au port, j'ai rejoint les concurrents qui s'élancent pour leur premier tour. Là on voit la différence. Côté TGVR j'ai longtemps guetté François sur le retour de l'aéroport, je ne l'ai croisé qu'à quelques dam du parc, il a au moins 6 km de retard sur moi. Je vois que je reviens sur Thomas qui a l'air assez crispé, j'ai pas mal repris sur un tour, mais je me refuse à lui partir aux trousses. Si ça doit rigoler, tant mieux, mais en attendant je reste avec mes œillères. Peu de temps après François, j'ai croisé Michel et moi qui d'habitude ne cause pas trop en course, je ne peux m'empêcher de m'exclamer. Pas de nouvelles de Seb Roizot et Gwenaël.
Deuxième transfert vers l'aéroport. J'adore ce parcours ! tout plat, et uniforme. Quand on voit l'aéroport, on a l'impression qu'il est à 10km, et en fait on y arrive super vite ! Je rattrape doucement Estelle Patou, je la double, elle se cale dans ma foulée jusqu'au demi-tour, je lui propose alors de prendre un relais, elle me sourit gentiment, avec un " Oh non, s'il te plaït ? " Elle n'a pas l'air de pouvoir le faire. Côté ravito, tout baigne depuis la fin du premier tour je rajoute les coups de fouet à l'eau et au coca. J'en ouvre un que je mange en 2 ou 3 prises, juste avant un ravito. On sent les bénévoles un peu débordés. Il vaut mieux se servir soi même sur les tables.
Par contre mon mollet droit est assez contracté et j'ai senti sur quelques enflammades qu'il n'est pas loin de la crampe. J'adopte donc une foulée plus près du sol et tout rentre dans l'ordre. Et j'ai du faiblir l'allure légèrement, alors je relance un peu, Estelle Patou ne suit plus. 27 km ! On y arrive, là je sais que plus rien ne peut m'arriver. C'est marrant comme on considère 3km de course à pied sur une épreuve comme ça : comme les derniers 500m d'un sprint. Mais là ils me semblent tout de même bigrement longs ces 3km. L'émotion monte déjà d'un cran et plus encore quand je bifurque dans le couloir de ceux qui filent vers l'arrivée. Je commence à manifester ma joie, mais bizarrement je ne la manifestera pas bien plus sur la ligne d'arrivée. Pourtant dieu sait si j'avais répertorié tout un tas de trucs que je m'étais promise de faire sur la dernière ligne droite. 1) Faire l'avion ! 2) Bien montrer le mailllot ! et 3) je voulais passer la ligne en marchant comme Aldo Maccione et la passer avec le fameux jeu de jambes " roucoulette " de notre Aldo international : too much. Ce sera pour une prochaine fois ! En plus Thomas n'est pas là, il est encore sur le circuit course à pied !
171° en 7h51' j'ai remonté 130 bonhommes à pied

Casquette, t-shirt, merci les bénévoles souriants, ravito : " Euh bof y'a pas grand chose qui me fasse envie à part les tucs soufflés " (le salé décidément)
Un tour au village expo et retour vers Valence avec mon chauffeur Thomas. Arrivée vers 21h : dodo, demain 8h30 : 28 petits monstres en pleine forme.

J'ai aimé :
-le départ ; une image fantastique
-l'organisation : rien à dire à part les bouées rouges comme les bonnets. En tout cas
c'est une logistique impressionnante
-la pasta party : tip top !
-les parcours : magnifiques et taillés pour moi !
-le prix : finalement je trouve qu'au vu des prestations offertes : c'est pas du vol ! ( à 130 euros)
-m'être entraîné deux mois seul et durement pour réussir à atteindre mon objectif, en ayant toujours su écouter mes sensations.
-avoir su gérer ma course comme je l'avais imaginée
-les barres regain et mes sandwichs au jambon.
-les bénévoles souriants

J'ai pas aimé:
-me retrouver avec un carton rouge le lendemain dans la liste des disqualifiés ?????!!! ( Mais là j'espère pouvoir vous en dire plus très bientôt.)
-que personne ne me demande si j'étais content ou si j'avais bien marché, mais seulement " T'as pris un carton ? "
-ma cassette : j'aurais du laissé 23 dents derrière
-les gars qui balancent tous leurs déchets.
-les barres maxim à la banane
-l'isostar, mais je n'y ai pas touché
-échouer à quelques minutes de Thomas Egiziano (1er TGVR)
-que ce soit le dernier du genre


Merci à
-Eric pour le plan
-Toma pour l'accompagnement sur tout le week-end
-Lilian qui a partagé quelques sorties longues à vélo avec moi
-Phil pour le " bon plan hôtel "
-Véro pour le soutien
-Anna pour le sourire

Sur 8 semaines :
Vélo : 1800 km (et 3000 sur l'année entière)
Nat : 70 km
Càp : 254 km


" 30 ans ça se fête ?
-Voilà c'est fait ! "



Voici le classement des TGVR sur NICE :

Rang Nom Prénom Temps Final Natation Vélo CAP
147 EGIZIANO THOMAS : 7h47m46 / 1h03m37 / 4h08m24 / 2h29m54
942 SORET MICHEL : 9h03m44 / 1h27m46 / 4h42m30 / 2h55m36
965 ROIZOT SEBASTIEN : 9h06m38 / 1h16m30 / 4h39m03 / 3h00m20
1053 LAFABRIE FRANCOIS : 9h14m57 / 1h16m19 / 4h38m12 / 3h14m23
1152 FAURE GWENAEL : 9h27m12 / 1h20m54 / 4h55m30 / 2h58m
45
ROUGE MICOUD LUC : 7h51m03 / 1h08m42 / 4h14m28 / 2h22m25
ABAND PEYRARD MICHEL

Hors temps de transition.

Conditions météo : idéales (mer calme 22°C, vent d'ouest faible, température 26°C l'après midi).

Compte rendu de course de Seb Roizot:

Arrivés sur Nice le samedi, nous profitons de l'ambiance d'avant course qui me semble très pro. Les organisateurs ont vraiment mis le paquet pour cette dernière 23° édition. La délégation du TGVR est regroupé dans le parc à vélo ce qui me semble plutôt sympa. Seul Gwen est isolé un peu plus loin. 18h nous rentrons dans le parc déposer nos vélos. Le parc est immense il s'étend sur quasiment 300m. Seul ombre au tableau, les allées sont très étroites et la sortie du parc risque de bouchonner un peu. Les vélos installés on file à la Pasta party où a lieu le breefing, puis direction l'hôtel et au lit.

Réveil à 4h20, après une nuit courte comme à chaque fois avant un long distance, petit-déjeuner et on se retrouve dans le hall de l'hôtel pour une drôle et rude aventure. Arrivés au parc, la mer semble calme malgré le vent qui se lève. Enfilage de combi et direction le départ. L'accès au départ est un peu long, ça bouchonne comme sur l'A7 en plein juillet ! Alors le départ prévu à 7h15 est décalé. Avec François on se place sur la gauche histoire d'être moins bousculé dans l'eau. Le départ approche, la musique de " Top Gun " retenti et c'est parti ! 1800 pingouins s'élancent ensemble au lever du soleil. Magnifique ! Le départ est très impressionnant la machine à baffes marche à plein régime. Objectif des premières minutes, ne pas perdre les lunettes et éviter de boire trop la tasse. Au bout de 500m je commence enfin à être plus à l'aise. J'essaie de nager un maximum en 3 temps en gardant en tête ma technique, j'ai pas fait deux ans d'entraînement en piscine pour rien ! Arrivé à la deuxième bouée on vire tout à droite ( elle est où déjà ma droite ???) pour 1600m. Le soleil se levant, je m'aperçois que ce que je prenais pour des bouées rouges étaient en fait des bonnets rouges ! Dur ! Je n'ai pas pris ma boussole, ( ni mes brassards) je suis la foule, sans vraiment savoir si je suis dans le bon chemin. Après environ 40min j'arrive enfin à la bouée qui annonce le retour. Le retour est un peu galère car on a le soleil dans la face et la houle est beaucoup plus formée sur le bord. Mais bon, au bout de 1h16min je sort enfin de l'eau et je me dis que plus rien ne peut m'arriver.

Après une transition spectaculaire ( presque 8 minutes, il faut que je suive les entraînements transition de Nanard ! ) je sors enfin du parc. Des les premiers kilomètres, les crampes au ventre me prennent, à ce moment je pense être maudit et que je vais revivre ma galère de Cublize. Mais finalement je réussi à bien m'alimenter et je bois beaucoup. Je prends du Spasfon et je laisse faire en espérant que ça passe.
Les crampes me durent jusqu'au sommet du col de Vence je suis incapable d'accélérer. A ce moment je me dis que l'objectif est uniquement de finir. Arrivé en haut du col les crampes passent et je peux enfin respirer. J'aperçois notre photographe officiel Thomas en moto. Je m'applique à bien sourire façon " ultra brite " ! Le paysage est magnifique je prends enfin du plaisir, la course peut commencer. Après la première descente je suis pris d'une vive douleur derrière le genou au niveau des tendons. Bizarrement cette douleur me fait mal en descente et sur le plat par contre en montée tout va bien. Avec cette douleur je me dis que la course à pied va être terrible. Arrivé au pied de la deuxième bosse je décide de la faire à un rythme soutenu histoire de reprendre un peu du temps perdu dans la descente. Dans cette bosse je me sens des ailes ( d'oiseau … non de roizot !) je remonte de nombreux pelotons le moral est là, je suis euphorique ! ( mais qu'est ce qu'il y avait dans les bidons de ravitaillement ??!!!) Arrivé en haut il me reste une descente ( c'est normal après un col…) très technique et le retour sur Nice avec le vent de face. Durant cette partie j'économise mon genou/tendon au maximum. J'arrive enfin au parc à vélo après 124 km avec 2100m de dénivelé en 4h38 soit une moyenne de 26,77km/h avec les ennuis que j'ai eu je suis plutôt content.

François est toujours devant et Michel est juste derrière moi. Je sors du parc et me voilà parti pour 30km sur la promenade des anglais. A ce moment ma douleur aux tendons ne me gène pas du tout j'ai 2h54 pour faire 30km ce qui me semble possible pour atteindre mon objectif de finir sous les 9h. Mais très vite les crampes au ventre reviennent et je déchante très vite. Michel revient très vite sur moi. Il a l'air mieux que moi. On fait le premier tour ensemble, au deuxième on revient sur François qui nous dit qu'il est cuit et ne parvient pas à prendre nos jambes qui a ce moment ne sont pas au top. Au deuxième tour Michel part doucement et je ne peux malheureusement le suivre, j'ai les cuisses tétanisées je fais déjà un gros effort pour ne pas marcher. Mais je sais que maintenant c'est le mental qui va tout décider. Je termine les 30km en 3h00 et la course en 9h06.

En conclusion je suis un peu déçu, j'espérais être en dessous des 9h. Mais bon avec un peu de recul c'est déjà bien de finir, les crampes au ventre aurait pu s'aggraver et j'aurais été contraint d'abandonner.

Sinon coté organisation rien à redire si ce n'est le manque de place au parc et les bonnets de natation de la même couleur que les bouées. La natation sympa malgré le nombre de personnes, pas trop de vagues mis à part au retour. Le parcours vélo magnifique et très vallonné (2100m de dénivelé sur 124km). Le circuit CAP très bien, quasiment plat sur la promenade des anglais. Les ravitos étaient très bien organisés et en nombre suffisant. J'ai à nouveau testé la tente de la Croix-rouge, très confortable ! ( je pense bientôt faire un classement avec des étoiles, comme au Michelin !).


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