LES RESULTATS de LA SUITE DE L'ETE 2005...

14/09 Bernard Charoll à Embrun:
"Après une très belle saison 2003, puis une année en demi teinte en 2004 pour cause de rénovation d'appartement, j'ai repris l'entrainement de façon sérieuse en octobre. Avec un objectif principal: le 15 aout à Embrun, et notament remonter sur le podium par équipes (2° en 2002, 3° en 2003, il manque une marche).
Pour mettre toutes les chances de mon coté, et améliorer mon temps de 11h09, je suis allé jusqu'à faire un stage de natation, mon point faible, en février à Font Romeu.
Et ça a payé: si Romans avec la fatigue du stage d'avril a été une course honnête, à cublize je sors de l'eau comme jamais je ne l'aurais espéré: 22°, sur les talons de Patrick. Grosse galère en vélo puis course à pied correcte. puis vient Annecy: mauvaise natation, vélo moyen mais belle course à pied. La forme semble revenir et après le stage aux Orres, ça devrait etre pas mal...
Le stage aux Orres, 2 semaines, est la préparation idéale que ce soit sur le plan humain ou le plan physique. Il n'y a qu'à voir les résultats des néophytes. Mais cette année, je n'étais pas aussi bien qu'en 2003: natation: sensations moyennes, voire pas terrible certains jours. Idem pour le vélo: remontée aux Orres parfois à 8 km/h, mais (très) bien dans certains cols que je n'avais pas fait depuis longtemps (Allos). Pourtant de bonnes sensations à pied (ça change de la VMA de cet hiver).
Suivent 2 jours à Chamrousse avec BipBip, Manu et Eric: du bien, à pied, du beaucoup moins bien: en vélo. Si Nicole n'avait pas fait le taxi, je serais encore dans le col luitel.
Arrive la dernière semaine, de récup: là j'ai maitrisé à fond, allégé les entrainements au maximum et ça m'a fait le plus grand bien.
15 aout: le plus beau jour de l'année!
Des petits doutes, mais j'ai de l'expérience, ça devrait marcher. J'aimerais faire moins de 11h30 pour confirmer le résultat 2003 (11h09). Et si ça coince, je compte bien etre quand même sous les 12h. La fourchette est fixée entre 11h (hyper optimiste) et... 14h (j'ai déja fait 14h15).
Une dernière nuit normale où j'ai tres bien dormi (c'est louche, ça, aucun stress) et nous y voilà.
Reviel à 4h avant de retrouverl'ambiance particulière de cette course, à preparer ses affaires dans la nuit, couvert de 4 épaisseurs et d'un bonet. C'est poutant le plein été. Je me dirige vers le départ pour me placer assez devant et brrr, la rosée sur l'herbe est vraiment glacée. Mais les applaudissements en saccades réchauffent terriblement.. et pas que le corps. Minute de silence. 6h, FEU.
J'ai hésité à me mettre sur la droite puis préféré rester sur la gauche du troupeau, comme d'habitude. Plein de bruits et de remous en surface mais on sent le calme et le silence des profondeurs où la végétation est visible malgré la nuit. Après la 2° bouée, au fond du lac, je nage quelques instants à côté de Bip Bip. Une petite heure de baignade ou le seul bruit est celui des bulles d'air de l'expiration qui contraste énormément avec l'exitation et les encouragements qui règnent autour du parc dès qu'on aborde la terre ferme.
Parti pour une jolie ballade en vélo. Il fait un peu frais sur la première boucle, ce n'est pas plus mal, on aura bien le temps d'avoir chaud. Eric Charlet m'a annoncé 70° dans la première montée, au milieu d'encouragements intenses. Je remonte quelques places et arrivé au rond point des Orres, je vois Rovéra? qui abandonne. Domage pour lui mais c'est bon pour le classement par équipes. Au milieu d'une foule dense digne du tour de france, je distingue avec plaisir des visages connus.
Passé Guillestre un vent frais se fait contraire et la combe du guil a choisi de nous en faire baver. Sauf Manu qui me double en m'enrhumant. On tourne à gauche et on attaque l'izoard et le vent se fait plus frais et violent. Pas de thermiques aujourd'hui, c'est le vent du nord. Je rattrape Manu, Brunissard est très dur. Arrété pour un besoin naturel, Manu me passe; puis s'arrête aussi, je le repasse et je file. David Monnet nous encourage dans la froidure de la casse déserte et l'arrêt au sommet est le plus court possible. Passé Briançon, on a toujours un petit vent du nord dans le dos. Merci Eole, d'habitude on a déja les thermiques chaud et secs dans le nez. Malgrè cette aide, la montée de Presles parait bien dure. En descendant sur l'Argentière, mon prolongateur se dévisse et ne peut plus me servir. Pas grave, je n'ai guère de forces et ne lui tire plus dessus depuis longtemps. J'arrive quand même à me mettre en position aérodynamique. Palon se passe bien puis c'est le retour sur embrun. Manu me double à nouveau. Je le rattrape dans la bosse. Là, Jérome me dit que je compte pour l'équipe. Surprise, j'étais persuadé que BipBip était devant moi depuis le début. J'essaie d'accelerer, mais rien ne vient, je suis bien à fond depuis le début. J'apercois notre cadet vétéran qui me rattrape au sommet. On descend ensemble et chacun file à sa chaise.
J'enlève le maillot vélo et enfile le débardeur. Mais j'ai un cuissard à bretelles. Donc j'enlève le debardeur, les bretelles, remet le débardeur, quitte le cuissard et enfile le short. M.., je l'ai mis à l'envers! Je l'enlève puis le remet, ramasse le ravito et c'est parti...1 minute derrière BipBip. A ce moment, je me dit que ça va pas mal, je rattrape Bip, on coure un peu ensemble et en principe je le distance, remonte des places et on fait un podium par équipes! ça sent bon! Mais les prévisions se révèlent fausses: je met 10km à le rattraper, on s'arrete presque simultanement pour se soulager conter un arbre bordant la digue, 1/2 tour ensemble et quelques encablures plus loin je n'arrive plus à le suivre. Je croise Manu, pas mal, il va encore me rattraper? Puis Philipe Rochedy. Pas mal aussi. Et Bip Bip qui s'éloigne de plus en plus...A la sortie de la digue, ça commence à coincer sérieux. Quelques dizaines de mêtres marchés, ça fait du bien. Heureusement Bernard Cini m'accompagne, et quand je l'envoi trouver un bout de pain, c'est Marie qui le remplace. Puis Baratier s'approche, mais tout plaisir s'est envolé. Dernière descente, Bernard peut se reconvertir en animateur tellement il motive les spectateurs à la sortie des campings. Le tour du lac se termine, ça va un peu mieux. La fin approche, ouf! Une tape dans les mains de mon fan club à 1 km du but et c'est la dernière ligne droite.12h14. 5° tee shirt de finisher.
A ce moment, je me dis que c'est peut être mon dernier triathlon, le dernier Embrun avant un bon moment, c'est sur! Pas vraiment d'émotions à l'arrivée; peut être plus quelques heures après en regardant les derniers arriver dans la nuit.
Un grand bravo aux valentinois dont les néophytes ont commencé très fort. 13 valentinois au départ, tous à l'arrivée! Et dans la première moitié du classement. Avec l'équipe classée 4°. Un grand merci pour tous les encouragements.
C'est vraiment la plus belle des courses, à faire absolument si on a la possibilité de s'entrainer en conséquence. On a les conditions idéales au club en ce moment, il faut en profiter!
Ps: ça fait longtemps que j'en parlait, le 17 aout j'ai commencé... le parapente.

12/09:LES TRIBULATIONS D'UN ARDECHOIS A EMBRUN (par P.Rochedy)
Préparation :
La préparation pour Embrun est difficile, mais nous avons eu la chance de bénéficier du stage de préparation mis en place par Éric. C'est à mon avis très important et je tiens à le remercier pour m'avoir intégré dans le groupe. C'est un gros travail pour lui, sans compter sa propre préparation. Comment réaliser une aussi grande charge d'entraînement seul sans se décourager ? De plus nous pouvons bénéficier de l'expérience des " redoublants ".
La suite du stage se déroule sans trop de problèmes si ce n'est un rappel à l'ordre d'Arnaud concernant mon régime sans gluten (j'avais réintrodui les pâtes dans mon alimentation durant le stage. Une fois ou deux). Sacré régime, mais efficace. Merci Arnaud.
La course :
Le vendredi, je retire mon dossard. " C'est parti ! "
Le dimanche soir il faut installer son vélo dans le parc. " WAOUH !!!!! C'est grand. " Je repère l'allée et retourne au camping pour le repas.
Après une nuit très courte, endormis vers minuit (merci le gérant du camping qui avait organisé un concert ce soir là), c'est le réveil à 3h30. Petit casse croûte, vérification du matériel et c'est le départ pour le lac, lieu du départ.
Il est à peine 5h et pourtant il y a déjà beaucoup de monde. Impressionnant !
Bon ! Marquage, bonjour Monsieur l'arbitre et me voilà dans le parc.
Heureusement qu'il y a des repères à chaque allée sinon il faudrait un GPS pour retrouver son vélo.
Je retrouve ma monture et commence ma préparation : recherche des toilettes (le stress).
Une fois mon installation terminée, un petit tour du parc s'impose pour retrouver les copains du club. Les visages sont fermés, le rendez vous est de taille !!
L'heure du départ approche, une minute de silence pour un triathléte renversé par une voiture et une pensée pour Pierre qui lutte contre la maladie (" Salut Pierre, on est avec toi ").
J'enfile la combis et je me dirige vers la plage.
Que de monde !!!!
J'ai des frissons, mais ce n'est pas le froid. Je m'installe en 2° ou 3° rideaux sur la gauche comme prévue, mais un arbitre nous demande de nous écarter. Bilan de l'affaire, je me retrouve en première ligne. Là je stress, je me retourne et je vois une masse noire de triathlétes derrière moi. Je vais me faire couler, il fait nuit, où sont les bouées ? J'ai envie de piss....
Bref, tout va pour le mieux. Heureusement, Juste derrière moi Bernard m'appelle, je ne l'avais pas vu. Je lui fait part de mes craintes. Il me rassure. C'est quelqu'un de discret qui est à l'écoute des autres toujours prés à rendre service. Merci Bernard.
C'est le départ !
Je pars vite, en essayant de me dégager du paquet. Je réussis tellement bien qu'un kayakiste m'arrête pour me rediriger (le gros du paquet est complètement sur la droite). Me voilà repartis, mais dans les bouchons " que je suis co...! " j'aurais pu faire attention. C'est la baston à la première bouée, je m'arrête, c'est le bouchon (pourtant bison futé ....). Manu m'a dit lors d'une sortie vélo " il faut t'imposer ", j'essaie, je ne touche plus l'eau (j'en prends plein la tête aussi) ça passe, je termine le 1er tour, mais quel bagarre ! Merci Manu.
Le 2éme tour se passe beaucoup mieux, j'ai de bons appuis, les sensations sont bonnes. Je remonte quelques places.
Sortie de l'eau en 1h02, ce n'est pas si mal.
Transition éclair !! (arrête de rire Éric)
Donc au bout de 1 minute et quelques secondes (en fait presque 5 mn), je pars en vélo. " J'ai envie de pisser ......... on verra plus tard "
Début de la bosse " salut Raph ! Il a l'air bien ". Il ne faut pas se " cramer " moulinons.
Les sensations sont bonnes et j'arrive au rond point des Orres en 1h17 (comme à la reco).
Dans la ligne droite avant Guillestre, une moto me double : Manu. " Super Manu ! ".
" J'accélère ? Non, soyons prudent "
Dans la vallée du Guil, je double Manu Foucher et Beep Beep, ils n'ont pas l'air bien ou c'est moi qui m'enflamme. " Attention Philippe !! ". Un peu plus loin je double Bernard. Les sensations sont bonnes mais j'ai peur de trop en faire, je mets une dent de plus. " Mouline, on ne sais jamais. "
Au début de l'Isoard, je m'arrête, je dois me soulager. Bernard repasse devant. Au bout d'un long moment ..... Je repars, ça fait mal aux cuisses, j'ai du mal à reprendre mon rythme. " Si tu t'étais arrêté avant ! " il y a du vent, je mets tout à gauche (39x27), il faut se ménager, c'est encore long.
En haut de l'Isoard, je rattrape Manu, et je prends mon ravitaillement (quelle organisation, c'est vraiment le top). Il fait froid, la descente est effectuée sans prendre de risque en essayant de ne pas trop trembler. Au bas de la descente, casse croûte salé. " Pense à ce que t'a dit Éric, 'l'alimentation est primordiale dans une épreuve comme Embrun' ". Pour les connaisseurs, galette de sarrasin (sans gluten) avec filet de poulet (sans gluten, je sais, il manque le rouge), un vrai régal.
Arrivé à 'les Vigneaux' Manu me redouble . " il est vraiment costaud aujourd'hui "Les sensations sont bonnes, je devrais peut être accélérer. C'est ce que je fais en restant à distance de Manu. Dans Pallon, je le double et j'aperçois à nouveau Bernard. Je me sens bien, " allez, embraye ! "
Dans la descente vers l'aérodrome un grand bruit à l'arrière. Pas besoin d'être devin, c'est un rayon.
" Mer.......! c'est pas vrai ! " je m'arrête et constate les dégâts. La roue ne tourne plus, elle touche le cadre. " C'est foutu !!!! ". J'ai le moral dans les chaussettes. Manu passe. J'ai envie de balancer le vélo, mais, les souvenirs de ma préparation, ma petite famille ...... je dois continuer.
Avec les moyens du bord, deux petites clefs, je démonte les freins, dévisse les rayons opposés et décentre la roue. C'est bon ça passe (Beep Beep, Manu Foucher et bien d'autres sont passés aussi d'ailleurs).
Je repars, je n'ai plus que le frein avant, il faut être prudent. De plus à partir de 30 km/h, c'est un motoculteur que je conduis. Il me reste 40 km. J'ai les nerfs, je passe la montée de St Clément sur la plaque, j'enchaîne jusqu'à Pont neuf en étant prudent, et si je cassais un autre rayon ?........
Chalvet, c'est bon, je passe mieux que lors de la reco. Par contre la descente...... Manu Foucher que j'avais doublé dans Chalvet me laisse sur place.
Transition éclair !!! (si c'est vrais, presque moitié moins que la première)
J'ai un point de coté. J'étais trop tendu ....... à moins que mes problèmes gastriques..........
Me voilà parti pour le marathon. Allure 0 plus. Je ne peux pas courir, le point me coince complètement, j'ai des idées négatives pleins la tête. " Calme- toi, ça va passer ! "
Je cours, je marche, les triathlétes qui me doublent m'encourage (c'est super l'ambiance sur le longue distance).
Au bout de 2 à 3 km et pas mal de temps perdu, c'est parti pour de bon. " OUF ! "
Je redouble ceux qui m'ont encouragé et ne manque pas de faire de même, la foulée est bonne.
Sur la digue, je croise Beep Beep et Bernard, J'estime mon retard à environ 20 mn. Le public est super, je me prendrais presque pour un costaud. Reboul me double, j'accélère pour rester en contact.
Il est dans le 2° tour, impressionnant. " Arrête tes bêtises et concentre toi ! " Je reprends mon rythme, 20 km/h de moins (presque), et arrive à Baratier. C'est bon ! Le premier tour s'annonce.
Je passe sur la ligne, c'est de la folie ! A la fin du tour du lac, je croise Éric, " allez, tu as un gars juste devant, il est cuit ! ". Il faut toujours encourager les débutants.
Je continu à mon allure, je double, je me fais doubler, mais je reste concentré comme nous l'a expliqué Éric. A nouveau sur la digue, je croise Beep Beep à peu prés au même endroit que pour le premier tour. Par contre il y a moins de 10 mn avec Bernard. " Tu vas trop vite ! Attention ! Il y a le mur des 30 km ". Je diminue le rythme, ce n'est pas fini. Vers Pont neuf, je ne sais pas si c'est d'avoir changer de rythme mais ça ne va pas, je me suis déconcentré. Revoilà Baratier, le mur des 30 km est franchi, j'essaie de reprendre mon rythme initial, c'est dur ! Dans la descente sur Embrun ça revient. Je passe sur le pont, dessous puis le bord du lac, c'est pas possible, j'accélère, je frissonne, j'accélère encore l'allure, je double un vétéran (enfin il me semble), le parc à vélo, j'aperçois ma petite femme qui m'a accompagné, c'est génial !!!!!!
La dernière ligne droite ............................. L'arrivée ........... La joie ...........
Bilan :
Embrun est une grande aventure, autant morale que physique. On en ressort " différent ".
Natation : J'étais stressé avant la course. Les départs natation m'impressionnent. Quand en plus, le départ est donné de nuit et avec presque mille triathlétes ............
Je dois vraiment améliorer mes départs avec un travail sur moi. D'ailleurs, je pense qu'Embrun m'a un peu libéré.
Vélo : En dehors de mon problème technique, ça c'est bien passé. Sans doute trop prudent, mais c'est mon premier Iron man.
Course à pieds : Je suis bluffé ! Je n'ai jamais fait de marathon et le premier se situe après 188 km de vélo. Je n'en reviens toujours pas. C'est un grand pas en avant que j'ai réalisé en ce qui concerne la course à pieds. Pas de problèmes gastriques. C'est très encourageant. Dire que je voulais arrêter le triathlon. Encore merci Arnaud.
Redoubler ? Pourquoi pas ! Certaines choses peuvent être améliorées et je me suis découvert des possibilités insoupçonnées. Alors OUI, je reviendrais mais je ne sais pas quand car un Iron man est une épreuve hors du commun qui demande beaucoup de sacrifices et d'efforts avant de le dompter. Je le comprends mieux maintenant.
Il faut tirer un grand coup de chapeau à tous les finishers de tous les Iron man.
Alors, quand on arrive à en enchaîner deux voir trois (suivez mon regard ...) ......... Chapeau bas Éric.
Remerciements :
A Nadine, bien sur, il faut beaucoup de patience pour accepter les heures d'entraînements, les sauts d'humeur etc...
A mes enfants qui n'ont pas trop profité de leur papa pendant la préparation.
A tous ceux et celles qui m'ont encouragés Jef, Loïc, Jérôme, Familles Hilaire, Roizot, Calais, Cini, Harbonnier, Charlet, Marin etc..... (j'en oublie certainement).
Aux participants au stage avec qui les entraînements ont paru moins durs.
A Éric pour ses conseils et sa présence. Quel chance de pouvoir s'entraîner avec un athlète terminant régulièrement dans le top 10.
A Fred pour la préparation natation durant l'année.
Philippe, finisher de l'embrunman 2005.

09/ 09 Monaco: Par Pascal Dumonceau
J'avais décidé de venir à MONACO dans la perspective de me qualifier à HAWAI .Ne sachant comment stopper le triathlon, j'ai subitement pensé que finir à HAWAI serait une belle fin, j'aurai le sentiment que la boucle est bouclée. Je partais quand même dans l'inconnu dans la mesure où on ne connaît pas les adversaires étrangers ni le nombre de places dans sa catégorie, pis encore je ne savais même pas dans quelle catégorie (je suis entre deux).Ce n'était pas très pro mais bon je m'étais inscrit depuis juin donc maintenant on verra bien.
Départ à 5 (enfin 6,mais je sais pas si j'ai le droit de le dire :merde !!!!) le vendredi soir,logement à Nice au MERCURE (on s'excuse :on a pas trouvé mieux) un super plan d' éric (encore merci).
Le samedi est une journée bien remplie. Le matin déplacement vers MONACO pour retirer les dossards et de suite on est plongé dans l'ambiance. Les retraits se font dans un palace,on voit tout de suite l'organisation à l'américaine qui fait les choses bien, grandioses et où il règne une ambiance particulière que j'ai connue lorsque j'étais allé à ZURICH pour me qualifier puis à HAWAI en 1999.
On se renseigne pour le nombre de places mais toujours aucune réponse. On apprend seulement que je dois aller chercher ma qualif dans les 35-39 (vétéran l'an prochain) c'est à dire la même qu'éric. Je suis donc déçu car je pense en vétéran c'est beaucoup plus facile et courir contre ERIC pour une place à HAWAI ça me mettait pas très à l'aise. Ca va être très dur vue la liste des engagés français plus tous les étrangers que l'on ne connaît pas notamment les casques à pointes (allemands) qui ont une vraie culture du long. Les étrangers sont beaucoup plus nombreux que les français. Eric avait à peu prés calculé 3 ou 4 places pour la qualif. Je n'y crois pas beaucoup et suis même inquiet pour Eric.
Maintenant je suis là avec mes regrets d'EMBRUN encore en tête il faudra donc tout donner et aller au " charbon " :je suis " chaud comme une barraque à frite ". (NDLR ceci est une marque déposée et un club très fermé, attention aux poursuites !!")
A la sortie du palace on rencontre l'équipe de france IRONMAN qui part rouler (MAINARD,ROVERA,FAURE,NEVEU,REBOUL).Eux logent dans le palace, merde même pour l'hôtel il sont meilleurs que nous. On échange encore nos impressions sur Embrun ceci nous met dans l'ambiance et me motive d'avantage.
Puis retour sur NICE dans notre palace à nous.
Début d'après midi un petit tour de vélo,sieste puis de nouveau nous sommes partis à MONACO pour poser nos vélos et les différents sacs plastiques fournis par l'organisation pour chaque discipline car rien ne doit traîner dans le parc mis à part les chaussures de vélo.Nous devons poser nos 2 sacs(vélo et càp dans un autre parc de transition. Ceci rajoute un peu de stress car il ne faut rien oublier.

NATATION
Départ tôt à 7h, je me présente sur la ligne je décide de me mettre à gauche contrairement à d'habitude car j'ai peur de me faire serrer contre une ligne d'eau le long de la première bouée qui est seulement à 300 mètres. En effet nous sommes 1200 pour faire 1,9 KM en 2 boucles avec sortie de l'eau. Vive AVION puissance XXX (je ne compte pas)j'ai une grosse appréhension sur la natation. Eric vient me rejoindre nous sommes juste derrière les 66 pros qui sont placés 3 à 4 mètres devant nous.
Je décide de partir à fond comme sur un sprint voire même plus vite, je suis dans les pieds de cyril NEVEU que je vais tenir presque 200 mètres, j'étais comme un mort de faim, je sens que la course est lancée, que je peux légèrement ralentir. De toute manière j'étais pas loin d'exploser. Et là j'ai vu arriver des FRED ROUJOL de partout, il me restait environ 100 m, je me disais que ça allait être très compliqué : je sautais dans tous les pieds qui passaient pour essayer de virer aux 300 m. J'ai dû faire au moins 10 nageurs pour arriver à cette putain de bouée. Après l'avoir franchie j'ai essayé de garder un bon rythme j'avais de bonnes sensations, et la course s'est apaisée petit à petit. Plus de peur que de mal je pense que j'avais fait un super départ et de ce fait, les concurrents de ma valeur étaient derrière.
J'effectue ma 2 ème boucle normalement avec Estelle PATOU dans mes pieds. Le change, il faut trouver son sac, un peu la panique au milieu de tous ces sacs qui sont les mêmes, juste mon numéro dessus pour le reconnaître. La longue transition(400m) se fait déjà en tenue avec le casque sur la tête mais sans son vélo : ça fait bizarre. Je pense qu' éric est loin , je sens que j'ai fait une super natation. D'ailleurs c'est la première fois que je sors devant estelle PATOU et sophie DELEMER. Je sors 43 ème sans le savoir.

VELO
Je décidai de partir vite, je verrai après pour la course à pied. Je voulais prendre des risques. Il y a 20 km de montée par paliers successifs je ne fais que doubler, je trouve " les casques à pointe " plantés mais quand ça roule un peu, j'ai plus de mal à les suivre. Vers le 40 ème km un " fromage "(un français) de notre catégorie d'âge me double et me dit : "salut pascal, éric n'est pas loin derrière ".Lui, nous connaissait mais alors nous pas du tout .J'ai appris qui il était à l'arrivée :jacky GERBIER. Il avait gagné les championnats de France longue distance en 2003 à Cublize (en S4), j'avais fait 2 ème.
Je fais l'effort de l' accrocher,vers le 50ème Eric nous rejoint,nous sommes un groupe de 6 . Au fil des km éric me distance mais de temps en temps en fonction du parcours je l'aperçois,GERBIER le suit. Le parcours est très exigeant il n'y avait aucune partie plate, que de la bosse . Je pense poser mon vélo une grosse mn derrière éric.Il fait chaud mais surtout très humide je n'ai jamais autant bu.
Je ne sais toujours pas combien je suis au général, je sais seulement que je suis au mieux 3 ème S4 .Mais compte tenu de tous ceux qui sont devant,c'est pas gagné,tant pis je vais faire la course à pied à fond et rien lâcher. Arrivée à la tente de transition,cyril NEVEU part juste,il ne doit pas être au mieux.

COURSE A PIED
Il a 4 boucles de 4,4 km plus une de 3,5 km. J'attaque la première un peu vite pour me mettre tout de suite dans le rythme. J'arrive dans l'ascension(400 m) je pense que les 5 ascensions vont être très dures. Il fait de plus en plus chaud et on sent une humidité importante,je bois énormément. Dès le 2 ème tour la course devient encore plus confuse, car d'autres concurrents arrivant du vélo nous rejoignent et ce sera de plus en plus vrai au fil des tours. Je suis encore plus dans le flou concernant ma place,mais je donne le maxi en ne pensant qu'à une chose " ne rien regretter ". Surtout si la qualif se joue à très peu comme on pouvait s'en douter avant.
Arrive le dernier tour,à 2 km de l'arrivée j'aperçois cyrille neveu mais aussi avec lui notre compère du vélo (jacky gerbier) je fais le forcing. Au dernier ravitaillement (il reste 1 km) je rentre sur ces deux derniers,il y a beaucoup de confusion car beaucoup de coureurs qui ont des tours de retard sont là. NEVEU s'arrête épuisé, l'autre me voit, prend un verre et part à fond,je le suis, j'ai 20 mètres de retard. Je sais que l'on finit par la côte où je me sens très fort. Il faut absolument que je rentre en bas de la cote et ce sera bon. Je m'efforce de gagner chaque mètre, je colle en bas de la côte,je pense toujours à tout donner pour ne rien regretter. Je reste 100 bons mètres collé à lui en reprenant bien mon souffle. Je sais que c'est dangereux car lui peut aussi accélérer,je garde mon sang froid,bizarrement je suis confiant,je me sens plus facile que lui.
Il doit rester 200 m de côte + 100m de plat,je plante une mine(enfin en côte ça fait un peu pêtard mouillé) il n'essaye même pas de suivre,il me dit simplement : "allez c'est pour toi ".
Je franchis la ligne,je félicite Hervé FAURE, Eric est tout de suite là et m'annonce un peu les résultats,je suis complètement surpris. Dans mon dernier duel je ne m'étais même pas aperçu que j'avais doublé un autre concurrent de ma catégorie. L'épouse de jacky GERBIER a visiblement tout compté, éric a l'air d'avoir raison. Je suis comme un fou mais j'attendsz vraiment les résultats officiels.
LE BONHEUR
On a confirmation grâce à Nicole qui est branchée sur internet. A 18h00 on a enfin nos slots dans les mains, Eric insiste pour qu'on se rende à la remise des récompenses (NDLR: "C'est marrant lui il dit que c'est toi !!"). Je le remercie de tout cœur car je ne voulais pas y aller (j'avais dû attraper une " carssanite aigûe ") et c'était énorme comme on dit. Un véritable show à l'américaine comme ils savent le faire,une poignée de mains avec mark ALLEN,un trophée magnifique,et beaucoup d'émotion d'être avec Eric sur ce podium, lui qui m'apporte tant depuis que je suis dans ce club.
Ca fera partie de mes meilleurs souvenirs de triathlon,je ne suis pas près d'oublier.
Je dois encore remercier éric (j'espère que c'est pas trop lourd) je lui dois une partie de ma qualif.,heureusement il en a une pour lui tout seul.
Merci aussi aux 3 autres compères pour leur gentillesse et leur bonne humeur mais aussi à EVE(amie de manu) pour nous avoir supportés dans tous les sens du terme,et pour nous avoir suivis sans jamais rien dire et toujours dans la bonne humeur.
MERCI AUSSI POUR TOUS LES SMS,MAILS,FELICITATIONS ET MESSAGES QUE J'AI RECUS DES MEMBRES DU CLUB MAIS AUSSI D'AUTRES PERSONNES .


09/09 Embrun: par Philippe Rochedy:
(Plus tard j'arrive pas à ouvrir son fichier )

07/09 Monaco: par JP. BOULEAU
"MONACO ? HALF IRONMAN (1,9-90-21,1) Début JUIN , après 3 jours de réflexion pour l' inscription , j' y vais ! Cela changera au moins des TRI Dr-Ar , et puis c' est tout de même plus attirant que les France dans les ARDENNES !
OBJECTIF : Découvrir le " LONG " : FINIR , PLAISIR , GERER 6 à 7h de course… 2 mois de préparation solitaire à PRIVAS .
7 h : PAN ! Et déjà , c' est plaisant . Eau chaude , transparente , très porteuse , départ calme en fin de peloton au milieu de nageurs tout aussi cools que moi .Mais déjà aussi je double sans forcer , ce qui m' encourage fortement . 1er tour : 20' .Et je repars pour la 2è boucle avec de l' espace autour de moi , seul l' hélico distant de 100m , mais sur le retour du losange , attire mon attention .Je pense alors à HERVE , sûrement dans le bon wagon , et quelques dizaines de mètres derrière , ERIC , PASCAL et SOPHIE (nageuse de 10 ans que j' avais engagée dans un cross scolaire en 1980, loin d'ici …).Sortie de l'eau : 41'35 ! Bonne surprise pour moi qui nageais jusqu'alors le 1500 en 30'et n'aime pas vraiment l'eau . Moins de 3' derrière CLAUDE et MANU , c'est super .
Après un change laborieux , 6' , un parc à pousser le vélo hyper long , j'enfourche avec plaisir et réussite pour la 1ère fois mes élastiques . C'est à vélo que je dois briller : ce sera ma moins bonne perf ! Mais je suis bien d' entrée ; 1er col des 4 ,le plus long 20km , je mouline sur 39-23, pour économiser des forces , tout en remontant tranquillement des coureurs .Sommet : village de PEILLE , fanfare et fifres , très agréable comme à l' Ardéchoise ! Et puis descente sur une route étroite , très mal bitumée , aux virages serrés avec devers . Et là , moi qui descends très mal 40km\h , je vois de tout !Des bombes ( allemandes et italiennes souvent) à plus de 60, et d'autres ( 1 japonnais et qq filles) à 25-30 à l' heure .Surprenant ! Tout comme la fin de cette portion droite ou nous descendons vite , et les aiguilleurs nous renvoient subitement à 90° à droite dans une ruelle qui monte : qq uns y coincent la chaîne !
Surprenant aussi ce 2è col dans un canyon très encaissé , désertique et étroit . Et là c' est dur pour les jambes : un peu inquiet . 30 bornes seulement parcourues sur 90 , 1 col sur 4 , et déjà les quadriceps et les vaste-internes qui tétanisent . J'analyse cela comme un changement de rythme difficile pour rependre l' escalade , auquel je ne suis pas habitué , mais je ne suis pas le seul …Un seul me reprend sur plusieurs km , et me dit " salut JP " !!! le seul Romanais engagé , que je reverrai 3 h plus tard à pied . Effectivement plus la montée se prolonge et mieux je me porte , jusqu'au col de l' ESCARENE .Et là ,2è descente complètement différente : route large , fermée aux voitures , souvent droite et nickel : un régal pour les bons rouleurs dont je ne fais pas partie , au point des perdre plusieurs places , en particulier féminines .
Le 3è col ne me marque pas . Il se fait en 2 parties , mi-course passée, donc plus souvent les yeux sur le compteur que sur le paysage . Néanmoins , le spectre de 21 km à pied me hante ! Reste à pédaler , économiser et attendre …
Les 3 h de selle sont passées dans le dernier col de LA TURBIE : Tout va assez bien .Les jambes , le moral , l'envie de courir . Un niçois local m' indique " 5 km et on bascule " !
Je double , lentement , mais je double … Derniere descente : un peu l'euphorie ! Les hauteurs de MONACO , la mer en bas , le public , les voitures neutralisées . Personne ne me reprend, très rare ! Seul sur le circuit , et puis une remontée de 500m , et TOUT S' ECROULE : moi qui étais déjà les pieds dans les basquettes , …cuisses tétanisées , crampes sous-jacentes , pas l'abandon, mais certainement une course demi-marchée dans cet état …Alors du calme , respirer , s'étirer , boire( 1 litre à l'heure sur l'épreuve ! ). Enfin les derniers lacets en ville , la file de voitures arrêtées ( les malheureux qui gu…)je reviens sur 2 filles étrangères qui me suivent à dépasser un bus seul autorisé à circuler avec nous . Le bruit de velcro des chaussures : c'est gagné pour le vélo ! Pieds à terre et bonne surprise : pas de crampes , je cours avec beaucoup d'envie , seul le sol me parait très dur , meme sur la moquette rouge : bonjour les talons !
Vélo rangé , sac RUN décroché et vidé sur une chaise , vite je veux courir ! Trop vite . au bout de 20m , demi-tour pour enlever mon cuissard .Je le remets à un contrôleur en lui criant " sac 929 " ( mais tiens, aujourd'hui il n'est pas sur mon fil à linge ? il est à Monaco ).
Et là commence une course de plaisir : circuit en ville( le même qu'à la télé pour les grands prix , mais sans les bolides ) , entre 2 haies de spectateurs tapant dans les mains, la mer tout près à gauche , des bateaux clinquants comme des palaces sous le soleil , des coureurs doublés par dizaine car je fais partie de la course ou l' on court moins vite qu' un ancien pistard de 800m ,des ravitos toutes les 5' , et miracle, des jambes certes un peu raides , mais qui tournent comme des bielles ! 21 km quand-meme ? Bof , on verra bien ! Je n' ai pas fait cela depuis un dernier semi à Portes en 1991(1h17'l'année de mes 40 ans). Mais avec l'expérience et l'environnement du jour , ça doit se faire . Course très régulière et sans problème , ravitaillement en eau et coca fréquent et 2 gels avalés dans l' heure . Contrairement à ERIC , lui arrivé à ce moment depuis plus d'1 h, je n'ai pas chaud , je ne souffre pas , mais n'ai pas non plus l'envie de me mettre dans le rouge .Je gère parfaitement la bosse de 400m et profite de la descente du Parc du Casino pour mettre tout à droite et reprendre de nombreuses places . Enfin renseigné sur le 5è tour plus court et montant , un spectateur sur le port m' indique qu'il est 13h25 . Parti depuis 7h du mat , un temps de 6h30 ferait un compte bien rond ! Dernière montée plus longue, arrivée oblige , je gratte encore 3 places à la vue du portique . TOP : 6h29'59'' !!!
Je me sens comblé , fier d'avoir su gérer cette épreuve et ses aléas, fatigué mais pas épuisé . Très heureux aussi pour ERIC et PASCAL parés de leur maillot de finisher qui m'ont chaleureusement encouragé pour ma fin de course, pour MANU que j' ai doublé avec admiration ( mais pas enrhumé !) à mon 2è tour , il terminait son 5è , et pour CLAUDE que j'ai accompagné dans son dernier km , il m' en restait 3 à gérer.
Rapide Bilan Perso : Natation pas trop déterminante , mais j' y ai franchi un cap positif. 41' pour 1,9 km. Merci FRANCOIS . Vélo 3h53 pour 90 km et 4 cols .Perte de 30' environ sur mes concurrents directs au classement , activité ou je me sentais fort : à travailler autrement , surtout en descente .Course à pied ,1h43 pour 21,1 km , sans problème , grâce aux entraînements spécifiques ou enchaînés travaillés en juillet-aout .Mes remerciements publics vont à mes 4 camarades de club qui m' ont accompagné et conseillé dans cette découverte . Bien sur avec admiration , respect et gratitude pour ERIC pour son amical et très simple dévouement. D' autres pensées plus intimes pour celle qui sait me laisser vivre égoïstement ma passion solitaire en silence.
6h30, comme prévu mais sans connaître : 515è scratch sur 1200 , 13è V3 sur 42 et 2è français dans ce groupe d' age ..Je ne vise pas HAWAI ,bien sur, mais je reviendrai peut-être , pour faire mieux en V4, et surtout revivre un pareil moment de plaisir .

07/09 Chrono des Limouches:
Dimanche avait lieu le chrono des Limouches organisé par le cyclo Bourcain: Philippe Brissaud finit 3° avec le nouveau record du TGVR: 31'58". Olivier Carsana 9° (34'08") et François Dubocs 39'. Moi perso, j'ai trouvé que le départ était trop loin de chez moi !!? résultats complets

07/09 Embrun DO: Laurence a bien terminé !!
Contrairement à ce qu'annoncent les résultats officiels, Laurence Landis a bien franchi la ligne d'arrivée du DO d'Embrun entre Laurence (l'autre) et Nicole.

05/09: Monaco: par Eric Monnet:
Pour la première fois, Monaco fût la terre d'accueil d'une épreuve labellisée IRONMAN (en occurrence un " half "). Etant donné la situation géographique privilégiée, on pouvait s'attendre à un succès, et cette première en fut véritablement un !!! L'organisation faisait " carton plein ", avec plus de 1200 dossards accordés ! Pas moins de 38 nations étaient représentée, avec, en toute logique, les athlètes français venus en plus grands nombre (nous étions près de 250) ! Réel succès aussi au niveau du plateau, très relevé : 66 athlètes " pro " sont inscrits (55 garçons et 11 filles). Pratiquement tous les meilleurs représentants du long français étaient présents : Loy, Loisel, Rovera, Faure, Le Floch, Mainard, Neveu, Reboul. A noter aussi la présence de Poulat.
Parmi les autres favoris, on put noter la présence du belge Rute Beke, de Timo Bracht, de Stephan Holzner, Jurgen Zach et bien d'autres…. Une des particularités de cette épreuve, se déroulant donc sur les distances d'un demi IRONMAN, est d'offrir 30 places (au total, toutes catégories confondues), pour Hawaii…. 2006 ! La possibilité de se sélectionner plus d'un an à l'avance explique, en partie la réussite de la course ! Pour cet événement, 5 athlètes du TGVR font le déplacement : Manu Chabannes, Pascal Dumonceau, Eric Monnet (tout 3 ayant participé à Embrun 20 jours avant), ainsi que Claude Dours et JPierre Bouleau .
Avec Pascal, nous venons avec une seule idée : empocher un " slot " pour Kona ! Les jours qui précédent la course, impossible de connaître le nombre de places accordées dans chaque catégorie !!! Il faudra attendre le jour J. Je fais des estimations, et pense que seuls 4 des 250 athlètes de notre catégorie seront concernés. Nous apprendrons, la ligne franchie, que 3 athlètes seulement seront sélectionnés. Je me doute, la veille de la course qu'il ne va falloir faire aucune erreur, et que cela va être très serré !
LA COURSE :
Départ à 7h pour 1900 m (en réalité plutôt 2200 m) de natation dans les eaux chaudes (24° !) et calmes de la méditerranée. La plage de départ est très large et il n'y a aucune bousculade, malgré la présence de 1200 nageurs (exemple de départ à suivre en matière d'organisation). La natation comporte 2 boucles avec sortie d'eau.
Personnellement, peu entraîné depuis Embrun dans la discipline, je sais que je vais sortir loin. En plus de 31', je sors à 6' ( !!!) de Poulat et près de 2' de Pascal qui, lui, sort la natation " de sa vie " !!
La partie vélo est, à mon sens, la partie la plus agréable du triathlon.
Sur les 90 km au programme, pas un km de plat ! Les routes de l'arrière pays sont aussi pentues que sinueuses ! Outre la beauté des paysages traversées, le parcours offre souvent une très belle vue sur la baie de Monaco. Nous empruntons notamment, dans un premier temps la route de la corniche qui surplombe Monaco, avec une vue plongeante sur la mer. A d'autres endroits, nous remontons des gorges. Les descentes sont très techniques, avec beaucoup de virages très serrés qui ne permettent jamais de rouler vite. En tout cas, le parcours est sélectif (même s'il ne s'agit pas de gros pourcentages), très varié, jamais monotone…un réel plaisir. Je réalise un vélo correct, avec des sensations moyennes, surtout sur le début de course. Je rattrape Pascal vers la mi parcours. Nous échangeons quelques mots. Je pose le vélo en 27ème position en compagnie de Thierry Zieger, et 1' devant Pascal. A ce moment là, nous ne connaissons pas notre place dans la catégorie. Par expérience, je me doute être tout proche de la 1er place (ce qui est effectivement le cas).
La course à pied a été très particulière, et ce, pour plusieurs raisons.
Tout d'abord, nous avons eu le plaisir de courir sur le circuit de formule 1, avec notamment la traversée du célèbre tunnel ! Ensuite, les conditions climatiques ont rendu la course très dure : il faisait très chaud mais aussi très humide, avec absence totale de vent. Nous avions l'impression d'étouffer ! Le semi marathon comportait 5 tours (en réalité 4 et demi, car l'arrivée n'était pas au même endroit que le départ), avec à chaque fois une sévère montée de 400 m environ. Il convenait d'être bien renseigné sur le nombre de tours à accomplir, ainsi que la localisation de l'arche d'arrivée car cela n'était pas évident, comme en atteste quelques erreurs commises par des athlètes… Durant la course à pied, je ressens une certaine fatigue, un manque de " jus ". Je n'ai pas de tonus. Je reprends tout de même 8 athlètes, notamment Neveu (qui décidément ferait bien de prendre du repos !). Je sais aussi qu'il faut s'accrocher, car même si je me doute être bon au niveau des places (je ne sais pas alors que je suis 1er dans la catégorie), je sais aussi que se relâcher peut être fatidique ! Je pense aussi beaucoup à Pascal, qui a beaucoup " à perdre " ou " à gagner " sur cette course. Je ne sais pas où il se situe derrière moi, et je crains qu'il n'obtienne pas de place…Au vu de sa nervosité de la veille et des minutes précédant la course, je sais aussi que sa motivation et proportionnelle à l'enjeu, et lui fait confiance. Je termine en 19ème position, en 4h54, la course. Je suis alors déjà convaincu d'avoir le " slot ". je suis surpris de constater que l'organisation ne nous donne aucun résultat, ni classement dans la catégorie.Pas mal d'erreurs ont aussi été commise au niveau du chronométrage et l'annonce du classement final, n'est à ce jour, pas encore officialisé…Sur ce point, il y a quelque chose à revoir. Moins de 5' après pascal franchi la ligne ! Je suis presque sûr, alors, que lui aussi aura son " slot " , ce que je ne manque pas de le lui dire dès son arrivée. Sceptique, Pascal préfère attendre, mais ne sais pas qu'il vient de prendre…la 2ème place dans la catégorie !!! en ayant battu au sprint le 3 ème ! Sachant que le 4ème et le 5 ème sont à moins d'une minute, on peut dire que cela a été " chaud " jusqu'au bout ! Pascal me confie avoir réalisé une super course, d'avoir donné le maximum, et que, contrairement à Embrun, n'avoir vraiment aucun regrets. Il s'agit pour lui d'une " course pleine ".
Bilan :
Cela restera pour moi une de mes plus grandes satisfaction en triathlon. Je suis très heureux pour Pascal qui le mérite plus que quiconque, et très content pour le club qui place aux 2 athlètes aux 2 premières places !
Manu Chabannes réalise, comme prévu un " énorme " vélo pour limiter la casse en course à pied et réaliser moins de 6 h sur la course !
Claude Dours, peut être, lui aussi, satisfait de sa perf, en terminant à 10' de Manu, après avoir posé le vélo plus de 30' derrière lui !!
JPierre Bouleau, en 6h40 fait une très belle course, avec notamment une super course à pied qui lui a permis de remonter un grand nombre de concurrent…
Après s'être allégé de quelques centaines d'euros (paiement " cash only " !!!), c'est avec un bonheur à peine dissimulé qu'avec Pascal nous empochons notre " slot " tant espéré…
Et quels moments de bonheur, ensuite, pour nous, de monter , lors de la cérémonie protocolaire de clôture, sur le majestueux podium " IRONMAN ", sur les 2 plus hautes marches !
Nous recevons de la main de Mark Allen en personne le trophée " IRONMAN " ! Pour ma part, sans la présence de Pascal, je ne serais peut être pas allé à la remise des trophée (en 3 sélections, et 3 podiums, je n'y étais d'ailleurs jamais allé). Mais j'ai ressenti un immense plaisir à partager cet moment avec un camarade de club !!! Pour la symbolique que cela représente, ce fut une immense joie, simple et sincère, comme s'il s'agissait d'une " récompense "… Un moment " ENORME…. " !!!
Conclusion
Monaco restera donc un très bon souvenir.
Souvenirs d'un week end, court, mais sympa passé notamment en compagnie des collègues de club, mais aussi Eve, l'ami de Manu. Souvenirs d'une course réussie pour les 5 athlètes Valentinois. Souvenirs d'un moment unique pour 2 d'entre eux, heureux comme des " gamins " sur le podium. Souvenirs d'une course très bien organisée, très " pro " (seul bémol concernant l'annonce des résultats), comportant des parcours très intéressants , principalement en vélo.
Une course que, personnellement, je recommande !

Classement final :
1 Rute Beke ; 2 Hervé Faure (FRA) ; 3 Xavier Le Floch (FRA) ; 4 Julien Loy (FRA) ; 5 Ronnie Schildknecht; 6 Gilles Reboul (FRA) ; 7 Charly Loisel (FRA) ; 8 FredericKolh ; 9 Massimo Cigana ; 10 Mark Philipp Prins ; 11 Benjamin Pernet (FRA) ; 12 Gael Mainard (FRA) ; 13 Marco Ideli ; 14 Kim Visby ; 15 Francisco Pontano ; 16 René Rovera (FRA) ; 17 Stephan Holzner ; 18 Christian Billau ; 19 Eric Monnet….27 Pascal Dumonceau


01/09 Embrun par Eric Monnet:
"Pour la 7ème année consécutive, l'envie de vivre les moments intenses et uniques procurés par l'Embrun man est toujours présente.
En 2004, après une course réussie, je pense déjà à l'édition suivante et espère monter sur le podium…
Mais, début 2005, les symptômes de douleurs musculaires que je ressens depuis 2 à 3 ans semblent plus importants qu'à l'accoutumée…
Je veux tout faire pour savoir ce dont il s'agit. Plusieurs examens médicaux laissent penser à un épaississement de la paroi des artères fémorales, diminuant l'afflux sanguin au niveau des membres inférieurs.
Ce " mal "est relativement connu dans le milieu cycliste .
Cela sera confirmé par une IRM prévue début août…J'ai tout à coup l'impression d'être " diminué ".
Le 17 juillet débute le stage aux Orres. C'est avec un réel plaisir que j'organise, pour la 5 ème année consécutive, un stage de préparation commun.
A cette date, je n'ai pas couru depuis près de 4 semaines, souffrant également d'une tendinite au tendon d'achille . J'ai simplement couru à St Paul et Montélimar pour " rester dans le bain ", mais en re-déclenchant la douleur chaque fois
Dans ces conditions, je doute de plus en plus de ma participation à l'épreuve. Mon médecin partage d'ailleurs cet avis !
Contre toute raison, j'ai quand même choisi de suivre intégralement la préparation, course à pied comprise, n'acceptant pas l'idée de rester sur la touche le 15 août.
La première séance ne me redonne pas le moral : je cours à 11/12 km/h, en boitant tant la douleur est vive. Par la suite, le talon est exagérément enflé, et la douleur toujours présente malgré pommades et bains de glace..
Tant pis, je continue.
Et, de fil en aiguille, parviens à faire tous les entraînements !
La douleur, toujours présente, s'est stabilisée, et a même diminué au fil des 2 semaines
En fin de stage, je m'inscris sur la course.
Les jours qui précèdent :
Le cortège habituel de doutes et de pensées négatives revient à grands pas. Du coup, je ne parviens pas à me concentrer sur la course, encore moins à la " visualiser ".
J'ai hâte que tout cela soit terminé, et l'impression que le plaisir n'y est plus. La participation à cette course semble devenir une " corvée " !!!
Pourtant, avec l'expérience, je sais très bien que ce genre de pensées est fréquent les jours précédents, et qu'il faut passer outre, pour rester confiant, positif et concentré sur la course.
Je ne me sens pas prêt du tout " au combat ", en tout cas je n'ai pas l'état d'esprit nécessaire pour accéder au podium !
La veille au soir, un vent très fort souffle sur Embrun. La fraîcheur de la nuit me fait redouter le pire pour le lendemain, d'autant que la météo annonce une baisse des températures.
La course :
Comment décrire ce que l'on ressent à 4h30, lorsque le réveil sonne, et que celui ci vient écourter une nuit de sommeil de toute façon la plupart du temps de qualité médiocre ? On a l'impression d'aller vivre le " jour le plus long ", et l'on se sent très " petit " au regard de la tâche à accomplir. Il fait froid, plus que d'habitude ce matin là, mais le vent est tombé.. Au niveau du parc vélo règne le calme habituel. Cette année, aucune musique n'accompagne les athlètes dans leurs derniers préparatifs, ce qui ajoute une note de gravité de à l'instant présent !20' avant l'heure fatidique, la plupart des athlètes sont sur la plage de galets, à attendre, les pieds engourdis de froid, et dans la nuit encore noire, le départ, la libération. L'émotion monte en flèche lorsque le speaker annonce un moment de silence, et une pensée pour 2 athlètes : Eric Caradot, qui nous a récemment quitté, victime d'un accident de la route, et Pierre Dorez qui lutte contre la maladie. C'est dans ces instants que l'on relativise un certain nombre de choses…
5h50, le départ est donné pour les handisports, mais aussi, cette année pour les filles
6h00, le départ est donné. Il s'agit dès lors de courir le plus vite possible pour éviter les coups. Je prends un départ correct, sans plus. J'ai du mal à me concentrer sur la course, et j'ai l'impression d'être " ailleurs "…Je me retrouve dans un groupe de nageurs dans lequel je me doute de la présence de Martinez, mais aussi de Pascal. Comme je le pensais, nous entrons en collision avec les filles que nous remontons. Etant donné la pénombre, impossible d'éviter de les gêner ! Au 2 ème tour, je reconnais Pascal. Nous nageons côte à côte. Nous sortons d'ailleurs ensemble en un peu plus de 53', ce qui est conforme à nos prévisions et temps habituel.
Vélo
Ayant effectué une transition un peu plus rapide que Pascal, je pars avant lui. Comme les années précédentes, je pars avec l'espagnol Martinez. Si, l'an dernier, j'avais décidé de le suivre (en vain) dans la première ascension (6 km) cette année, je préfère rester à mon rythme. Je vois l'écart se faire, doucement, mais irrémédiablement. Au sommet de la côte, je ne l'ai plus en point de mire. Il fait froid, très froid même, sur ce début d'épreuve cycliste. Les sensations sont bonnes. Je rattrape sur les 20 premiers kilomètres le Polonais Zglinsinsky, Fabrice Biteaud, Thierry Claes, Thierry Zieger. Mais ces athlètes mettent un point d'honneur à ne pas se laisser distancer… Le polonais, jouant souvent avec les limites du drafting prendra d'ailleurs un carton noir. A 8h15, nous passons en 7ème position, groupés au rond point de Baratier (km 43). Cela correspond à une base de 6h15/6h20 en vélo. C'est tout bon ! Dans la vallée du Guil qui nous conduit au pied de l'Izoard, nous luttons contre un vent de face qui se fait de plus en plus fort. Je décide d'accélérer l'allure, ayant la désagréable sensations d'avoir des " caravanes " accrochées dans le dos…Je reprends alors Franck Borgia qui semble " scotché ". Je suis alors en 6ème position. Je suis surpris d'entendre, que depuis le début du vélo, je reste à 6/7' de la tête de course. Je ne sais pas qui est devant, mais cela ne roule pas très vite pour l'homme de tête (il s'agit en fait de Neveu qui n'est pas dans un grand jour). Au pied de l'Izoard, je n'aperçois plus que Biteaud qui me rejoint et avec qui je vais partager de nombreux kilomètres. Connaissant ses qualités pédestre, je me dis qu'il va faire une place. Le vent de face est très marqué, et la première partie du col n'offre aucun abris. C'est une galère ! Nous rattrapons Patrick Bringer qui paraît lui aussi " planté ", mais qui finalement va s'accrocher, et même nous lâcher sur la fin du col (nous ne le reverrons d'ailleurs jamais plus). Je suis impressionné par sa performance. Sont passés en tête Reboul, Neveu, Martinez et Collucci (plus que surprenant Brésilien de 19 ans qui participait 8 jours avant aux championnats du monde longue distance !). Je passe 6ème juste derrière Bringer et devant Biteaud qui me rattrapera dans la descente, à 8' de la tête. J'ai mis 58' pour monter le col, contre 51' l'an dernier ! C'est dire les difficultés dues aux inhabituelles conditions de froid et de vent contraire de cette année ! Dans la descente, je commence à souffrir, comme beaucoup, du froid (il fait 6° et le vent de face est très violent). Au bout de quelques kilomètres, je commence à frissonner, puis à trembler. Je manque de chuter sur un virage, après un freinage délicat. Je suis gelé ! Il faut quand même penser à boire et à manger jusqu'à Briançon… Heureusement, les kilomètres suivant Briançon, et contrairement aux autres années, le vent nous pousse très fort. J'ai les jambes très durs, et chaque petite bosse est un enfer. Biteaud m'a repris, et me distance sur cette partie. Je me réchauffe petit à petit, mais suis " planté ". L'écart avec la tête augmente sans cesse…J'ai l'impression que le froid m'a épuisé. Je roule en me retournant sans cesse, pensant que " tout le monde " va revenir de l'arrière. Je pense aussi à Pascal, et n'aurai pas été surpris de le revoir ! Ce n'est qu'à la côte de Pallon (km 145) que les sensations reviennent, mais j'ai perdu beaucoup de temps. Dès lors, je me sens de mieux en mieux, et la dernière difficulté (côte de Chalvet) me permet de revenir sur le courageux Cyrille Neveu, à la dérive, mais qui ira au bout de la course (chapeau, belle image), et sur Biteaud. e rentre au parc 5ème derrière Martinez (à 15' derrière !!!), Reboul, Collucci et Bringer. e réalise 6h19, soit à peu près le temps de 2004 mais 6' de plus qu'en 2003 (même s'il est vrai que cette année là, les conditions météo était très favorables).
Course à pied :
Dès le départ du marathon, j'adopte un rythme très (trop) confortable. Ayant commis l'erreur de ne pas avoir de chrono, je ne m'aperçois pas que je m'endors sur un faux rythme. Avec le recul, je pense aussi que le rythme plus lent des séances càp en raison de la tendinite, m'a influencé. a compagne, Nicole, me demande régulièrement si ça va. Je lui répond favorablement chaque fois mais je me sens presque " honteux " de ne pas me livrer plus, restant sur cette impression de facilité, et n'ayant aucune envie de ma faire mal, ni de prendre de risques…Comme prévu, Biteaud me passe rapidement, au 3ème km, à 3 km/h de plus…
Pour la suite, j'aurai eu besoin de coup de pied aux fesses ! e me suis conforté dans cette " sous allure ", étant très à l 'aise, ne ressentant aucune souffrance, et n'ayant aucune envie de passer la vitesse supérieure. Au km 6, je croise Bernard Charrol en compagnie de Manu Chabannes qui vont grimper Chalvet et en finir avec le vélo. Suivent juste derrière Philippe Agier, puis Philippe Rochedy. Le passage sur la digue, aller retour sur 4,5 km, nous permet de mesurer les écarts. Je croise Les premiers, Martinez, reboul, Bringer (déjà remonté 3 ème !), Collucci et Biteaud. Derrière, l'écart est important. A la fin de la digue je croise Pascal qui se situe en 16ème place. Tel un (lent) métronome, je continue le marathon à un rythme confortable. Ce n'est qu'au 2ème passage sur la gigue que je prend conscience qu'il est urgent de se réveiller ! Il ne reste plus que 12 km et ça revient de l'arrière : je reconnais notamment Claes (3ème l'an dernier et auteur de 2h56 à pied) qui revient, mais aussi d'autres qui se sont sacrément rapprochés. Nicole me demande à plusieurs reprises de me secouer, ayant bien conscience que je vais finir par le regretter ! Enfin, mais trop tard, j'accélère fortement. Etant donné la facilité que j'ai à le faire, je prend vraiment conscience de mon erreur. Je me dis alors que je suis vraiment idiot de m'être enfermé dans un " sous - rythme ". Cela n'empêche pas le retour de Claes, qui me passe au 35ème km. Je reste avec lui jusqu'à 3 km de la fin, mais ne peux pas suivre plus longtemps. A l'arrivée, je suis à plus d'une minute de lui, mais à seulement 2' de la 5ème place obtenue par Collucci. Celui ci s'est complètement effondré sur la fin ! Je réalise un marathon très modeste en 3h18 qui me laisse bien des regrets, surtout au vu du faible état de fatigue dans lequel j'ai terminé la course. J'ai le désagréable sentiment de ne m'être livré qu'à 80 %, comme s'il s'agissait d'un entraînement, et qu'il fallait en garder pour le lendemain !!! C'est terriblement frustrant ! Je franchis la ligne en 10h34, soit 4' de plus qu'en 2004 et 9 de plus qu'en 2003. J'attend l'arrivée de Pascal qui rêvait d'accéder dans le top 10. Malheureusement pour lui, cette année, la densité a été très forte. Il termine 13ème avec un super temps de 10h49 (améliorant ainsi encore son record !).
Bilan
L'Embrun Man 2005 me laisse sur une impression étrange, très mitigée.
Pour la première fois en 7 ans, je n'atteins pas l'objectif fixé (le podium). J'ai des regrets, ayant l'impression de jamais avoir été dans la course au niveau concentration et motivation : 5ème place était " facilement " accessible . Que cela serve de leçon : à niveau (physique, s'entend) égal, il peut y avoir d'énormes différences de résultats selon la manière d'aborder mentalement la course ! Bien sur, quelques regrets sont aussi apparus à l'annonce du classement par équipe. Cette édition était certainement la moins relevée au niveau classement des clubs ! Il aurait " suffit " que le 3ème TGVR se classe 37 ème (Philippe Agier se classe 33 ème l'an dernier, avec une densité bien moindre il est vrai) pour être à la première place ! Mais d'un autre côté, étant donné les doutes que j'avais les semaines qui ont précédés, je suis satisfait d'avoir terminé à cette place. De plus, en analysant le résultat chronométrique, je
suis tout proche (4') du temps de 2004 (où je considère avoir fait une course quasi parfaite)… Je prends aussi conscience que d'accéder au podium sera très difficile, mais je pense être au départ en 2006, avec l'accent mis sur la préparation mentale !
Remerciements :
Embrun est toujours aussi magique, notamment de par la chaleur humaine qui s'en dégage. Les accompagnateurs se sont déplacés en grand nombre une fois de plus pour encourager et soutenir. Merci aux familles Hely Joly et Morier (tricastin), Fustier, Harbonnier, Cini, Rochedy, Charlet, parents et enfants, qui ont été vraiment super. Merci à Lilian, Loic, Jeff, Denis et Christiane Hilaire et tous les autres. Merci à mon frère David posté de longues minutes sur les pentes balayées par le vent glacial pour nous encourager. Merci à Nicole qui m'a soutenu avant, pendant et après la course et a su me " botter les fesses ", merci à Romain, mon autre frère qui a suivi tout le marathon. Merci à Yves Toutain, du tricastin qui a suivi la course en moto et m'a fait parvenir des photos de la course, à Marc Casanova (Zorbike). Merci aussi à tous ceux que je n'ai pas cité ici, mais, qui étaient présents sur place où ont eu une pensée.
Merci aussi, bien sur, au soutien de l'OSV, auquel j'accorde toujours une grande importance.
Je me permets aussi d'évoquer le nom de Pierre Dorez, qui a souvent été présent dans les pensées de nombre de participants le 15 août.
Les autres athlètes :
En 2001, j'étais le seul TGVR au départ de l'Embrun man. 4 ans plus tard, avec 13 TGVR au départ, c'est le record de participation. 13 au départ et 13 à l'arrivée ! Cela est une réelle satisfaction. Après les moments forts vécus ensemble, je ne peux m'empêcher d'avoir un remerciement pour tous les TGVR finishers, car cela aussi crée une émulation, une force collective ! J'ai envie de donner un très bref point de vue de ma position d' " athlète -conseiller " sur chacun d'eux
En premier lieu, je crois qu'il faut souligner haut et fort la performance réalisée par Pascal Dumonceau qui a tendance, à mon goût, à passer trop inaperçue. Les 10h49 réalisées confirment tout à fait son potentiel, l'énorme force et volonté qu'il montre à l'entraînement. Jamais de baisse de régime ou de motivation, jamais blessé, et en progression constante Pascal est à l'écoute, appliqué, et la préparation d'Embrun lui permet de passer d'un niveau moyen en début de saison à un très bon niveau de performance mi août ! Chapeau bas, pascal
Frédéric Octave (loriol) est venu en stage une semaine durant laquelle il a impressionné tout le monde, moi le premier ! et ce, dans les 3 disciplines. Surtout très fort sur le vélo, il réalise 6h36 à la reconnaissance… en terminant 30ème en 11h23, il progresse d'une heure par rapport à 2004 !
Philippe Agier, plus motivé que jamais et très bien préparé cette année avait placé la barre très haut, souhaitant franchir le cap des 11h30. Malgré un vélo certainement en deçà de ce qu'il aurait pu faire, il classe à nouveau l'équipe (à la 4 ème place cette année) avec un temps de 11h55 lui octroyant la 54 ème place et la 2ème en vétéran 2. Avoir ¨Philippe dans un stage ou une course, c'est être assuré que tout va toujours très bien. Quel optimisme, quel volonté, on dirait un cadet ! Bravo Philippe.
Manu Foucher (Romans), réalise 12h10. même s'il se dit déçu et capable de mieux faire, il améliore son temps de 2003 (portant une année avec de bonnes conditions). Manu a fait preuve d'une énorme volonté, motivation sur les semaines qui ont précédes le stage, avec, en plus une capacité de bien gérer ses efforts.
Bernard Charrol n'aura pas réalisé la course à pied correspondant à ses qualités, et termine en 12 h14 loin de sa performance époustouflante de 2003 (lors de la saison incroyable qu'il avait réalisée) en 11h09 ! Malgré des difficultés de motivation, Bernard a effectué les 2 semaines de stage aux Orres, se montrant très à l'aise,
notamment en course à pied. Son résultat n'est pas le reflet de son potentiel, mais plus de sa motivation du moment. Espérons que cela revienne…
Philippe Rochedy, malgré quelques problèmes techniques, réalise une superbe course en 12h19 ! Pour une première participation, cela laisse ambitionner des progrès futurs. Cela confirme le potentiel dont il dispose. Bravo Philippe !
Fred Desprez réalise, comme je le pensais, une course (trop ?) prudente, en 12h47, mais avec un plaisir immense en retour. Je pense que sa performance est largement perfectible, mais ce n'est peut être pas un tort de montrer une telle sagesse, un tel " respect " vis à vis du " mythe "…Merci pour ta simplicité, ta gentillesse…
Florian Calais est, je le pense, celui dont la performance est la plus surprenante (12h50) !!!(il a coupé, c'est pas possible !!???) . Florian a su mettre toutes les chances de son côté en s'investissant pleinement dans la préparation. Sa prestation est impressionnante, surtout en regard à son niveau de début de saison. La préparation l'a vraiment " transformé ". Cela n'est pas le fruit du hasard mais plutôt le résultat de qualités physiques et morales, mais aussi d'une gestion de l'entraînement et de course parfaitement maîtrisée.
Patrick Estepa réalise une très bonne course, tout à fait à son niveau. Sa performance reflète le sérieux et l'application consentit lors de la préparation. En 12h52, il talonne Florian, et gère parfaitement son effort sur l'ensemble de l'épreuve.
Raphaël Lorrain nous a fait la surprise d'être présent, après n'avoir commencé la prépa que le 16 juillet, en solitaire. Ce qui prouve encore une fois la solidité du bonhomme. En 12h55, Raphaël est très proche de son record sur la course.
Seb Roizot vient à bout de son premier Embrun man, épreuve qui le faisait rêver depuis longtemps. En moins de 14 h( 13h58), le contrat est rempli. A la lecture du compte rendu, on s'aperçois que Seb a une très bonne capacité d'auto- analyse, ce qui est très important pour rectifier le tir en vue de progrès ultérieurs. Je suis très content pour lui !
Bruno Damiens (Privas) renoue avec Embrun, qu'il avait déjà couru 3 fois, mais il y a quelques années. En réalisant une grosse semaine de stage (plus de 32 heures en 6 jours !), il termine en moins de 14 h, avec l'ambition de revenir en 2006 pour faire bien mieux !
Manu Chabannes est un " être à part " . Capable de ne pas s'entraîner des mois durant, il est aussi capable d'enchaîner 2 semaines de stage à 30 heures par semaine.
Sa montée en puissance a été constante et impressionnante jusqu'au 15 août . Ses qualités cyclistes lui ont permis de réaliser un excellent vélo, mais sûrement au détriment de la course à pied. L'objectif de passer sous les 14 heures est atteint !
J Louis Brun a réalisé les 2 semaines complètes de stage en montrant une volonté incroyable. Pratiquement esseulé sur toutes les sorties longues vélo, il n'a pas baissé les bras ; il n'a jamais évité les difficultés, alors que des itinéraires plus faciles étaient proposés. Lorsque les premiers arrivaient au gîte à 14h pour la collation, J Louis mettait à cœur d'aller au bout des choses pour arriver 2 heures plus tard. Sans être blessé cette année, et en réalisant toutes les séances, notamment en cap, J Louis a placé la barre très haut en 14 h33 (cela va être dur pour " les gros " de relever le défi !!!). Bravo J Louis, tu peux être fier de toi !
François Lafabrie, à l'instar de Raphaël , nous a fait la surprise d'être présent, après une discrète préparation en solitaire. La joie manifestée au passage de la ligne est proportionnelle au mérite. En 15h06, François est parvenu au bout de son rêve.

01/09 Embrun par Pascal Dumonceau
"COMPTE RENDU EMBRUN 2005
Cette année était ma 4 ème participation à EMBRUN . Etant donné mon âge certain (je serai Vétéran l'an prochain,certains me le rappellent bien) je ne suis pas sûr de continuer l'an prochain donc mes années sont comptées, c'est pourquoi je m'étais encore un peu plus investi dans l'espoir de faire mieux sinon pourquoi refaire cette course.
Je l'abordais avec beaucoup plus de pression qui m'inquiétait mais que je canalisais bien à l'approche de la compétition même si elle se faisait plus sentir que les autres années.
Je suis venu à EMBRUN avec Manu FOUCHER avec qui nous partageons nos impressions de dernière heure et ceci nous aide beaucoup.
Je n'ai dormi que 4 heures mais la veille ceci ne m'inquiète pas. J'arrive un peu en retard sur la ligne de départ mais arrive quand même à me glisser en 3 ème ligne. Je sens beaucoup de stress cette année autour de moi, je profite de rester concentré, pense à mon père, à Pierre DOREZ et à tous ceux qui n'ont pas la chance de pouvoir se présenter sur cette course.(c'est vraiment une course à part).
NATATION
Le départ est donné,je pars vite et complètement à gauche, histoire de me placer correctement. Au bout de 200 mètres je m'aperçois que je nage derrière le coach (Eric), la tête fait une erreur de parcours, nous la faisons aussi. Ensuite Eric me distance de 10,15 mètres,je suis en queue de ce petit groupe. Je perds de vue Eric pour le retrouver un tour après à virer ensemble à la dernière bouée. Nous sortons ensemble de l'eau avec les mêmes que l'an dernier.
VELO
Après avoir doublé quelques bons nageurs je me fais doubler par l'inévitable Richard MASSAUD que je suis à distance, je me dis que c'est bon signe qu'il me ramènera un peu vers la tête de la course. Je le distance pour me retrouver seul au bout de 25 KM. C'est à ce moment là que je manque un peu la course car jusqu'à l'arrivée du vélo, je suis seul. Je me fais doubler par seulement 4 concurrents que j'accroche sans accrocher. Seul BEUZEBOC avec qui je fais une partie de la descente de l'Izoard. La montée du col a été très dure avec le vent de face, c'est la première fois (dizaine de montées) que je me suis retrouvé, avec une vitesse aussi faible. Je fais quand même une bonne montée à ce moment là j'ai un peu d'avance sur mes prévisions. A PALLON, BEUZEBOC fait l'effort pour me lâcher et une nouvelle fois je n'essaye pas de rester avec lui.
A 20 km de l'arrivée je m'aperçois que je faisais de mauvais calculs sur mes prévisions (putain !!! c'est dur les maths en plein effort). En effet j'aurais dû déclencher mon chrono dés la ligne jaune du vélo enfin " étourderie classique à la Dumonceau ".
Je monte Chalvet normalement : à l'arrivée je vois que je suis dans le même temps que l'an dernier. Je me rassure en me disant que je suis 16 ème, que la course n'est pas finie tout peut encore arrivé sur une course comme celle ci, que je finis toujours bien le marathon, que je n'ai jamais perdu de place en 3 participations à ce moment de la course, et que rentrer dans les 10 est toujours possible. Je ne connais pas les écarts.
COURSE A PIED
Je m'élance avec de bonnes sensations juste derrière CZLINSZINSKY, je sens qu'il n'est pas très bien pourtant il me distance un peu. Sur la digue je croise Eric que je sens bien, il me dit de m'accrocher pour l'équipe. En effet je savais que l'on était bien placé (BORGIA :abandon ;URBAN :toujours derrière) j'ai compris dans le visage d'Eric que c'était vraiment bon. A moi de faire le demi tour et de juger des écarts et là je m'aperçois que le coup est jouable pour la gagne à condition que Bernard ne soit pas trop loin mais j'ai aussi confiance en Philippe AGIER qui me surprend toujours. Au 14 ème KM, je double CZLINSZINSKY puis 2 autres concurrents. Je suis vraiment bien, j'en garde pour la fin comme je fais toujours mais à 15 KM de l'arrivée on m'annonce CYRILLE NEVEU à presque 6'.En effet au 2 ème demi tour je le constate ainsi que 2 autres qui sont à 8'.Je m'aperçois que URBAN m'a presque rien repris et que derrière c'est assez loin compte tenu de la vitesse à laquelle je courais. Je finis 13 ème à ma main sans trop de pression et sans être vraiment dans le dur.
Juste une petite frayeur à 6 ou 7 ème KM de l'arrivée je sens l'hypo qui arrive je prends mon dernier " squezzy ",je sens que ça ne sera pas suffisant et là coup de chance je double Florian CALAIS à qui je demande de me donner n'importe quel produit énergétique qu'il possède(je sais c'est interdit :j'espère que personne ne m'en voudra).
Je passe la ligne avec mes 2 enfants (ils adorent ça, moi aussi d'ailleurs) à qui j'avais mis la pression pour qu'ils courent vite. A tel point qu'ils sont partis devant moi sans m'attendre je n'arrivais pas à les rattraper. Enfin les 10 derniers mètres avec eux main dans la main ce n'est que du bonheur et ça vaut bien tous les entraînements de galère à préparer cette course.
A l'arrivée ERIC est là nous sommes à ce moment là 1er par équipe il me dit que les autres sont loin que çà va être dur pour bien se classer en équipe. Cà me met un bon au moral. La suite tout le monde la connaît nous sommes quatrièmes grâce à notre " beep-beep " courageux qui n'a pas amélioré son temps mais qui est quand même là pour rentrer l'équipe.
BILAN :
-regret de ne pas avoir pris de risque à vélo (je l'avais déjà dit l'an dernier) , je fais le même temps qu'à la reconnaissance. Donc ai-je les moyens physiques de le faire ou même le moral de " tueur" qu'ont certains pour aller encore plus loin.
Pourtant j'y ai pensé à plusieurs reprises mais j'étais partagé entre la peur de trop souffrir mais aussi la crainte de complètement exploser et de ne plus être à ma " vraie place " et de gâcher complètement la longue et fastidieuse préparation que demande cette course.
Très déçu de notre place par équipe car à un moment de la course j'y ai beaucoup cru
J'ai quand même gagné 6'30 sur mon temps de l'an dernier
Déçu de ne pas être rentré dans le top 10 (objectif fixé) pourtant avec ce temps sur les 6 dernières éditions(sauf 2003 :conditions exceptionnelles) je me classais entre 7 et 10 ;mais çà c'est la course on est forcément dépendant des concurrents du jour et qui ont été meilleurs que soi.
Content d'avoir fait le marathon en 3h15, mais regret de n'avoir plus personne à reprendre dans les 12 derniers kms. Surtout que les précédentes éditions j'ai toujours fini très fort et doublé 2 voire 3 concurrents. Du coup je me dis que je peux courir plus vite,alors que je pensais être au maximum en 3h20.
Toujours aussi enchanté et ravi de tout ce que peut comporter la course:
c'est ENORME !
Et plus qu'heureux de l'aventure humaine que demande cette course avec les autres membres du club .Le stage,les différentes sorties,les discussions à faire et refaire la course les jours après .
Avec les années qui passent je me dis que c'est cette dernière chose que l'on se souvient le plus et qui laisse les meilleurs souvenirs.
Et dernier chose qui me fait douter :je n'étais pas autant fatigué le soir et le lendemain par rapport aux autres années,ce qui me met encore plus le doute sur l'optimisation de mon effort.
REMERCIEMENTS :
Le premier que je voudrais remercier par dessus tout C'EST ERIC car il donne beaucoup alors que lui même prépare la course de façon très sérieuse et avec gros objectifs derrière. Je pense,sans ,qu'il est le seul en France à réaliser les 2 de front.
Pour côtoyer beaucoup d'autres clubs je peux vous affirmer que nous avons tous beaucoup de chance(tous les membres du club) d'avoir quelqu'un comme lui(je pense que certains n'en sont pas conscient).C'est pourquoi chacun se doit de le lui rendre à sa façon,et d'en être conscient c'est déjà la moitié du chemin fait.
JE PROFITE DONC DE MON RAPPORT POUR POUSSER " UN COUP DE GUEULE "
Qu'on se le dise
Enfin(oui je sais c'est long, mais çà permet de faire son auto psychanalyse)je remercie toute les personnes qui mon encouragées car à tout moments çà donne vraiment la pêche. Je remercie mon frère qui m'a accompagné un peu sur le marathon,MANU FOUCHER avec qui j'ai réalisé beaucoup d'entraînement alors que j'étais seul à ROMANS,et enfin ma famille qui supporte les sacrifices que cette course demande tant au niveau des heures d'entraînements que de l'humeur à supporter quand on est sur les nerfs après des sorties difficiles ou en plein doute.
Je n'oublie pas le meilleur pour la fin :bravo au 13 embrumans finishers du club qui sont tous dans la première partie du classement. Et là franchement je suis bleuflé

01/09 Embrun par Florian Calais
EMBRUNMAN lorsque tu nous tiens …
Par quel superlatif vais-je commencer le récit de cette journée si riche en émotion ?
INOUBLIABLE !!
Je viens de lire le compte rendu de l'épreuve de Fred DEPREZ, et je dois avouer que c'est avec délectation que j'ai revécu cette journée au travers de ses yeux. Je devais par conséquent prendre le temps, à mon tour, de repenser à l'ensemble des émotions, sensations qui m'ont animé ce 15 août 2005.
Léger retour en arrière, plus précisément en automne 2004, lorsque nous avons décidé avec Patrick ESTEPA et Sébastien ROIZOT (mes compagnons d'entraînement) de nous " infliger cette torture " : faire le plus mythique des triathlons Longue Distance : l' EMBRUNMAN .
Depuis toujours, nous en avions rêvé, et nous nous sommes dit alors qu'à 3 la difficulté serait peut-être allégée ?
Se lancer dans la préparation de ce nouveau défi ensemble, comme nous l'avions fait par le passé pour des moyennes distances, nous semblait être la meilleure méthode pour aborder cette compétition. A l'époque, l' EM2005, c'était 10 mois devant nous, alors pas vraiment de stress, nous avions le temps de nous y préparer.
Les bonnes résolutions prises en début d'année 2005 étaient en fait assez simples : faire un maximum de sport dans les 3 disciplines, prévoir de faire un marathon sec, faire le stage de triathlon au printemps, puis le stage aux ORRES 3 semaines avant l'épreuve.
Chaque semaine mes 2 acolytes ne manquaient pas de me rappeler que 5-6 heures d'entraînement hebdomadaire seraient probablement un peu justes pour envisager l'épreuve avec sérénité…
Passer du temps avec ma famille récemment agrandie avec l'arrivée du petit CLEMENT, mon travail très prenant à la Bonneterie C. et mes travaux de maçonnerie dans notre nouvelle maison constituaient en permanence un choix cornélien. La gestion de cette équation fut pour moi la chose la plus difficile à gérer durant les 7 mois ½ précédant la course.
" 24h dans une journée, qu'est ce que c'est court !! "
Durant ma préparation, j'ai toujours cherché à me rassurer, en me disant que ma gestion du temps était sans doute la meilleure (en tout cas à mes yeux), et que je devrais aborder le 15 août en étant convaincu d'avoir géré au mieux ma vie de famille, ma vie professionnelle et ma vie de triathlète.
A. L'AVANT
Les échéances planifiées de longue date se sont donc déroulées normalement ou presque… :
- Marathon de Lyon (17/04/2005) : 3h42 (bonnes sensations malgré des conditions climatiques déplorables - neige en haut du col du Grand Bœuf, etc…)
Stage à Agay (Vrai démarrage de mon entraînement pour Embrun - Il était temps… 300 kms de vélo avant ce stage…)
- 1er Triathlon sprint de la saison à Romans (bonne sensation pour la partie natation)
- 2ème Triathlon sprint par équipe à Echirolles (premier souci matériel - casse d'un rayon me poussant à l'abandon, peut être salvateur au vu du rythme très soutenu que mon équipe d'un jour mena durant toute cette course)
- 3ème Triathlon CD à Bourg en Bresse (Grosse différence de niveau entre mes camarades d'entraînement et moi-même ; Christophe COLLOT, ami d'enfance et grand sportif (TRAIL) aura même la gentillesse (à juste titre) de me dire qu'il serait plus que temps d'accumuler des kilomètres en vélo et en CàP pour envisager de participer dans de bonnes conditions à l'épreuve tant attendue du mois d'août, la bien nommée : " EMBRUMAN ", d'autant plus qu'il serait mon suiveur officiel durant cette journée.
- 4ème Triathlon LD à Cublize (enfin des sensations intéressantes, mais encore insuffisantes pour doubler la distance - gain de 4 minutes par rapport à 2004)
Valence-Dijon en 1 jours et 1/2 (question de rajouter 370 kms de plus à nos compteurs - 31 kms/h de moyenne - c'était bon de se rassurer, mais relativisons tout de même, le parcours était pratiquement tout plat. Une fois de plus, merci à Patrick ESTEPA pour m'avoir accompagné lors de ce défi.)
- La Marmotte 2005 (Obligation de franchir pour la première fois de l'année des cols qui me donneraient un avant goût du stage aux ORRES et par conséquent de l'EM. - Col du Glandon, Col du Télégraphe passés sans trop de difficultés, blocage complet dans celui du Galibier d'où l'obligation de me rabattre sur le Marmotton - Sébastien ROIZOT impressionnant de régularité dans les ascensions, ainsi que Jean-Louis BRUN, vrai métronome de la spécialité, sans oublier Philippe ROCHEDY grand grimpeur par excellence et Michel SORET époustouflant dans les descentes).
- 5ème Triathlon MD à Dijon (Obligatoire à faire en tant que régional de l'étape bien que 4 semaines et 2 jours avant Embrun - Chaleur étouffante - 2 minutes de plus qu'en 2004 - visage marqué à l'arrivée - des doutes émis par mon entourage quant à ma participation au triathlon le plus dur du monde - Félicitations pour la prestation de mes compagnons d'un jour à savoir Thomas MICOUD et Bruno DEBARD).
- Stage aux ORRES (malheureusement seulement 1 semaine - stage quasi-obligatoire pour absorber un volume d'entraînement proche des 40 heures - nécessaire pour le moral et le physique ; Un grand merci (aujourd'hui) à Manu CHABANNES et Jean-Louis BRUN pour m'avoir obligé à remonter PONTIS dans l'autre sens… - une fin de stage en demi-teinte du fait de mon abandon lors de la reconnaissance du parcours pour casse d'un rayon au 154 kms ; Un grand merci à Manu FOUCHER (le romanais) pour m'avoir fait bénéficier d'une très bonne occasion avec une paire de KSYRIUM SL et Olivier DELEMPS pour sa disponibilité et son professionnalisme envers mon fidèle destrier KX. - Mon temps sera donc estimé à 8h10 au vu de mes différents temps de passage.)
- S-2 (Retour à Valence pour parfaire mon niveau - Merci à Patrick ESTEPA et Loïc JARGEAT pour la sortie longue que nous avons fait ensemble et qui m'a permis enfin de me rassurer sur mon matériel et sur ma condition physique - Qu'est ce que c'est plat la région après AGNELLE, PONTIS, ALLOS, etc … !!!)
- S-1 (Dernière semaine passée sur le site d'Embrun (au camping de la vieille ferme) en famille avec femme et enfant - j'en avais vraiment besoin pour me ressourcer et enfin, profiter pleinement de mes congés d'été - N'oublions pas, tout de même, les quelques séances de sport durant lesquelles nous avons écrit tous les scénarii possibles et imaginables sur cette course mythique qu'est l'EmbrunMan, enfin presque tous …)
LA COURSE
" Enfin, nous y sommes !! " : me suis-je dit à 3h30 du matin lorsque le réveil a retenti pour le rituel petit déjeuner d'avant course. Je me suis joint à Patrick pour engloutir gâteau sport, petit pain au beurre, confiture, etc, etc pour nous donner toute l'énergie nécessaire dont nous allions avoir besoin pour ce qui allait être : le jour le plus long.
Petit repos entre 4h et 5h comme convenu, puis enfin le départ à pied vers le parc à vélo.
Petite anecdote d'avant course ; 3 départs pour le parc furent nécessaires :
le premier les mains dans les poches - retour à la case départ au bout de 50m
le deuxième avec mon sac de triathlon (très utile - combi, baskets, chaussures vélo, CàP, lunettes, etc…) - retour à la case départ au bout de 300m
le troisième sera enfin le bon avec ma puce à la cheville, ouf…
Il ne restait donc plus qu'une petite ½ heure pour me préparer. Ce fut suffisant, tout juste. Je verrai un léger avantage à cette situation : je n'ai pas trop eu le temps de me poser de questions stressantes avant le départ.
5h53 : arrivée sur l'aire de départ. L'herbe était humide et glacée. C'est d'ailleurs à ce moment précis qu'une personne me faisait remarquer que je n'avais pas de bonnet de bain sur la tête. Effectivement il se trouvait dans mon cuissard, sous ma combi. Après des contorsions multiples pour extirper ce fameux bonnet de bain de mon cuissard, j'ai enfin pu profiter des 3 dernières minutes qui nous séparaient du coup de feu libérateur.
La Natation :
6h00 : C'est parti … tranquillement pour moi, je ne voulais pas me faire piétiner par cette horde de triathlètes prêts à en découdre comme sur un sprint. A ce moment précis de la course, je pensais que la journée serait bien longue et qu'il n'était pas nécessaire de se " faire la peau " pour gagner quelques places. Je suis parti complètement à droite comme nous l'avait suggéré BIP BIP la veille. Pendant prêt d'un tour, ce fut la bagarre, lunette enfoncée dans l'orbite gauche, coups de pied, coups de poing, bref…, et moi qui pensait que se serait cool…
6h33 : Comme convenu, arrivé à la bouée vers la jetée en béton, je relève la tête et crie de toutes mes forces le nom de ma chère et tendre peut-être pour la remercier pour son soutien durant tous ces longs mois de préparation. Christophe et Nathalie, des amis venus spécialement de DIJON pour m'encourager m'apercevront, mais pas Joséphine,car elle avait la tête dans la poussette en train de consoler notre fils qui ne comprenait ce qu'il faisait aux aurores au bord du plan d'eau…
Le 2nd tour sera beaucoup plus calme, et me permettra même de penser aux différents conseils de notre coach préféré, j'ai nommé Eric MONNET. Relâchement dans la partie aérienne, poussée la plus longue possible dans la partie immergée.
7h07 : Je pose le pied sur la plage du débarquement… Petite plaisanterie à part, j'étais plutôt satisfait de cette prestation, car mes meilleurs temps à l'entraînement étaient de 1h15 puis 1h12, mais comme me l'avait si bien dit Nanard (Monsieur Bernard CHARROL) : " en natation tu profites du courant induit par tous les autres nageurs, et par conséquent tu ne pourras qu'améliorer ton temps le jour de la course. "
La partie cycliste :
La transition se passe sans trop de difficultés, et je retrouve d'ailleurs mon voisin de chaise, Sébastien ROIZOT, peut être un peu surpris de me voir déjà à ses côtés. Je reconnais que j'étais extrêmement heureux de cette situation, inespérée quelques semaines auparavant.
Nous quittons le parc roue dans roue, dans cet ordre : Sébastien ROIZOT, François LAFABRIE et moi-même. Je pensais que les choses sérieuses allaient enfin commencer et que je ne reverrais probablement plus ces 2 TGVR men avant l'arrivée. Christophe COLLOT m'annonçait au même moment que Patrick ESTEPA était à 14 minutes devant nous, c'est alors que je pensais qu'il serait difficile de rééditer ma course lors de la reconnaissance où j'avais pu rouler quelques 60 kms devant lui.
La première côte au km 0, laissait partir inexorablement Sébastien et François devant moi, ce qui était tout à fait normal au vu de mes faibles qualités de grimpeur. Un petit coup d'œil sur ma gauche pour admirer le paysage et contempler les quelques nageurs encore en train d'en découdre avec la partie natation.
Les 20 premiers kms passés, je pense qu'il est peut-être temps de mettre la plaque, même dans les faux plats montants. J'ai toujours été plus vite avec mon 50*24 qu'avec mon 34*18. Au bout de quelques minutes, juste après LES MEANS, j'aperçois mes 2 compagnons et je me dis qu'ils ne sont pas si loin que çà, et que çà vaut peut-être la peine de poursuivre mon effort. Effectivement, juste après le village des ROUSSES, je décide de les doubler (en les snobant quelque peu), les mains au dessus du guidon, et en leur annonçant que je les attendrai dans l'ascension de l'Izoard. Pour moi, il était évident qu'ils ne me laisseraient pas partir sans réagir…
A SAINT APPOLINAIRE, je me suis aperçu que la chasse n'était toujours pas lancée, j'ai continué alors, sur mon train extrêmement régulier qui devait me permettre de tenir un bon nombre d'heures encore.
Le retour sur SAVINES, puis sur EMBRUN se déroule sans problème, et je constate une avance de 5 minutes (1h35) au rond point des ORRES. Ce passage me donne même des frissons tant le monde pour nous encourager est important. On pourrait même se croire sur les routes du Tour. Cela me donne des ailes jusqu'au virage à gauche sur la route de BARATIER. J'aperçois toute ma petite famille sur le bas côté et je me dis alors qu'ils ne sont pas prêts de me revoir. J'entendrai même les encouragements de quelques TGVR men comme Denis HILAIRE et Gilles COURBIS.
Sur la route de SAINT ANDRE d'EMBRUN, je n'éprouve pas de difficultés particulières, je pense même que je pourrais être un peu plus concentré sur ma course, tant je n'hésite pas à remercier les différentes personnes présentes pour nous encourager. Mais bon, c'est tellement agréable de se sentir porté par tous ces gens, et d'ailleurs une mention spéciale pour la famille et la belle famille de Sébastien ROIZOT qui sera présente toute cette journée pour donner du baume au cœur.
Au ravitaillement de SAINT CLEMENT, je constate que j'ai encore amélioré mon temps de 5 minutes (2h10), ce qui est à la fois encourageant pour la suite, mais un peu stressant, car je me suis demandé à ce moment précis si je n'allais pas le payer comptant dans la montée de l'IZOARD…
A GUILLESTRE, j'aperçois mon copain Christophe sur son VTT, qui m'annonce que Patrick ESTEPA est à 3 minutes seulement devant moi. Je pensais qu'il avait du se tromper, mais comme il se proposait de rouler quelques kilomètres avec moi, alors j'en apprendrais peut-être davantage. Une petite pose de quelques secondes pour soulager des besoins personnels aux portes du QUEYRAS, puis c'est reparti. En faisant bien attention de ne pas être suivi par un marshal (tu ne diras rien Jean LOUIS), je roule toute la vallée du GUIL à côté et devant mon pote Christophe pour raconter le début de cette journée, comme pour me décharger de ce surplus d'émotions emmagasiné depuis 6h00 du matin mais en conservant bien évidement une bonne fréquence de pédalage.
Au pied de CHATEAU QUEYRAS, quelle est ma surprise lorsque j'aperçois la silhouette de Patrick, qui me paraît si proche que je peux presque le toucher, mais comme il commence tout juste à entamer les contreforts de l'IZOARD, malheureusement l'écart s'accroît à nouveau, ce qui était à fait normal. Toutefois avant d'arrivée à ARVIEUX, je décide de me violenter quelques hectomètres pour enfin l'interpeller et lui souhaiter bonne chance pour l'ascension.
Je pense qu'il fut légèrement surpris , et tenta même de ralentir pour en savoir un peu plus, mais malheureusement, la différence de niveau est telle que je ne pourrai jamais l'approcher.
A nouveau seul au pied de cette difficulté de 14kms, je décide de prendre mon mal en patience.
Qu'elle fut longue cette ligne légèrement courbe de BRUNISSARD avec ce vent glacial dans le visage ! Ce sera sans doute pour moi la plus grosse difficulté de la journée.
Le reste de l'ascension se fait à 8-9 kms/h et durera un bon bout de temps. Dans chaque virage, je me retourne en pensant que Sébastien doit être en train de rééditer la montée qu'il avait faite quelques jours auparavant lors de la reconnaissance.
Le sommet est en vue, un petit sourire pour la photo après la CASSE DESERTE, et enfin je pose le pied à terre pour récupérer mon sac en haut de l'IZOARD. Un bref coup d'œil sur mon compteur vélo, 17 minutes de mieux qu'à la reconnaissance (4h28), un échange rapide de bidons, un journal glissé sur la poitrine, puis je repars en moins de 2 minutes (T<8°C) . La descente se fait entre 60 et 65 kms/h, car je cherche à m'alimenter en même temps. Je suis extrêmement concentré afin d'éviter la chute qui pourrait ruiner cette aventure. Je rattrape Jeff ALAKIAN qui, n'ayant pu faire le CD, cherche tout de même à prendre plaisir dans ce merveilleux décor qu'est le parcours de l'EmbruMAn. Je lui demande où sont les gars du TGVR. Il m'annonce que Patrick ESTEPA est à 8 minutes et Raphaël LORRAIN à 2 minutes. Je décide alors de me concentrer sur le retour souvent caractérisé comme très difficile du fait de la présence de thermiques.
Assez aisément, je me retrouve au pied de PALON qui correspond à la seconde difficulté de la journée. Montée cette fois-ci à 7-8 kms/h (je sais Eric, en dessous de 2 chiffres, ce n'est plus du vélo, mais tant pis, je ne peux pas aller plus vite …) Ces 1.7 kms se font finalement pas si mal que cela, et je constate alors que 7h01 se sont écoulées depuis le départ. Eric MONNET nous a toujours dit que pour lui, le milieu de la course correspondait à peu près à ce point, ce qui signifierait pour moi, un temps d'environ 14h00 au final. Je pense alors qu'il va vraiment falloir maintenir, voire améliorer mon rythme.
Une petite pensée au kilomètre 154, précisément là où j'avais du abandonner lors de la reconnaissance, puis c'est la descente sur l'aéroport, REOTIER, SAINT CLEMENT de nouveau. C'est le moment que je choisis pour accélérer mon rythme, car j'ai toujours eu de bonnes sensations sur cette partie assez roulante. L'excitation est à son comble lors que j'arrive au PONT NEUF et qu'à nouveau je retrouve l'ambiance survoltée du public. J'aperçois Raphaël LORRAIN à quelques encablures, et Christophe COLLOT, de retour de la vallée du GUIL, m'annonce un autre TGVR à 3 minutes devant. Vous aurez compris qu'il s'agissait de mon pote Patrick. Je croise Pascal DUMONCEAU qui est déjà en train d'en découdre avec le marathon. La montée de CHALVET se fera, elle, entre 12 et 14 kms/h, ce qui me paraissait pas si mal que cela à ce moment de la course. Je profite des quelques derniers hectomètres pour passer Raphaël et culbuter en tête au ravitaillement de CHALVET. La descente est particulièrement redoutable du fait d'un revêtement dégradé, et nécessite une attention de tous les instants pour ne pas chuter.
Je finis enfin par rejoindre la dernière ligne droite, et c'est avec le poing levé en poussant un cri de joie que je roulerai même sur l'inscription jaune au sol : " 188 ".
Un léger coup d'œil sur mon compteur vélo pour m'apercevoir que je viens de réaliser la partie cycliste en 7h31 correspondant environ à une vitesse moyenne de 25kms/h, ce qui me permettait de gagner 40 minutes par rapport à l'estimation que nous avions faite avec Eric MONNET lors de ma prestation le jour de la reconnaissance.
Le Marathon :
Une transition de 4'02, puis c'est parti pour le marathon. Il est 14h48, ce qui signifie que j'ai 5h12 pour atteindre mon objectif de terminer l'EM en moins de 14h, ce qui me semble tout à fait jouable à ce moment de la course.
J'aperçois Raphaël qui part à son tour et possède 300 mètres de retard sur moi. Mon rythme est conforme à ce que j'ai toujours annoncé, c'est à dire très lent durant les 3-4 premiers kilomètres. " Je sais, je suis un diesel. "
La différence de vitesse est flagrante entre Raphaël et moi à ce moment de la course, si bien qu'il me double facilement au kilomètre 2 en m'encourageant très gentiment. La première difficulté arrive assez vite avec la côte Chamois. Je préfère récupérer en marchant à 6-7 kms/h durant toute cette côte, plutôt que de laisser des forces en courant à 9-10 kms/h. Le choix me paraît plutôt bon, puisque je redouble dans les rues piétonnes tous les triathlètes qui couraient dans la dite bosse. J'arrive au ravitaillement dans le village d'EMBRUN, et j'aperçois enfin mon suiveur officiel Christophe qui m'attendait. Je m'allège au maximum car j'ai pris mille fois trop de gels, de barres, etc… et plutôt que de les jeter …
La descente vers le PONT NEUF se fait à bonne allure, mais beaucoup moins vite qu'à l'entraînement. Je pense que c'est à ce moment, à peu près, que j'ai trouvé ma vitesse de croisière. Je m'écarte franchement pour ne pas perturber un concurrent du 2nd tour qui me double avec une différence de vitesse légèrement supérieure : Cyril NEVEU. J'apprendrai plus tard qu'il a complètement explosé dans l'IZOARD et qu'il se trouve environ à la 10e place. Enfin, c'est l'aller-retour sur la digue, et je me dis que je vais enfin pouvoir mesurer les écarts avec les compatriotes. J'aperçois ERIC MONNET, (" Super, il est devant C. NEVEU " ), Manu CHABANNES (presque 4 kms - soit tout l'aller retour) ,Patrick ESTEPA (avec 2kms d'avance sur moi) et Raphaël LORRAIN (très proche de Patrick).
Une défaillance mécanique commence à poindre son nez. Et oui, toutes les 3-4 minutes, je m'arrête pour tenter de satisfaire un besoin naturel qui ne viendra pratiquement pas. Christophe me conseille alors de faire abstraction (facile à dire !!), ce que je ferai finalement au bout de 7 arrêts en moins de 20 kms. J'apprendrai plus tard, après une consultation médicale, que j'ai fait une prostatite, ce qui est très commun chez les cyclistes. Elle durera environ une semaine après l'épreuve, ce qui est assez désagréable je dois l'avouer.
A part ce petit désagrément, que je cherche par tous les moyens à extraire de mes pensées, je cours plutôt avec un bon rythme, et la fin de la première boucle est déjà en vue Je contourne le parc à vélo et avec étonnement j'aperçois Manu CHABANNES qui a l'air de souffrir quelque peu. Près de 4 kms repris en 15 kms de course, je pense qu'il doit être au plus mal. Un petit encouragement en passant, puis j'attaque enfin le dernier tour. La bosse au km 21 se fait en marchant, puis c'est reparti pour effectuer pour la seconde fois le tour du plan d'eau. Christophe me fait remarquer au réservoir qu'un de mes collègues de Valence est à nouveau en vue. Je n'arrive pas tout de suite à mettre un nom sur ce maillot du TGVR. Il me faudra attendre le passage sous le pont de la Durance, pour enfin reconnaître, puis doubler Raphaël LORRAIN. Je pensais que la course était vraiment longue pour tout le monde, et que des passages à vide pouvaient tous menacer.
Je poursuis mon effort, encouragé plus que jamais par des triathlètes de TGVR (Laurence LANDIS, Laurence LEGRAS, Jeff ALAKIAN, Loïc JARGEAT), puis à nouveau le fan club de SEBASTIEN ROIZOT (et ils sont très nombreux) et enfin ma petite famille.
Je ne déroge pas à ma stratégie et je monte pour la 2nde fois (et la dernière !!) la côte chamois en marchant d'un pas soutenu. Le passage des rues piétonnes procure un bonheur fou, lorsque les gens scandent votre nom qu'ils ont préalablement lu sur la liste des participants. Puis c'est la descente au PONT NEUF qui se fait à nouveau sans problème et arrive un passage difficile pour moi : l'aller-retour de la digue.
100 fois j'ai cherché à marcher dans cette portion et 100 fois je me suis convaincu qu'il fallait poursuivre mon effort. Ce fut la première et dernière période de lassitude de toute la course.
Arrivé tout de même au bout de ces 4 kms de solitude, je retrouve Christophe qui est consterné, car il vient d'annoncer à Patrick qu'il avait 12 minutes d'avance sur moi, et qu'en effectuant un dernier pointage au kilomètre 32,195 (sur le PONT NEUF précisément), cette différence avait chuté à 6 minutes. Vous imaginez bien que cette nouvelle va me donner des ailes et que j'entrevois même à ce moment précis une possibilité de me rapprocher de lui. Les jeunes du TGVR crient " Allez Valence ! " au pied de la bosse, comme pour vous donner de l'énergie pour gravir cette difficulté. J'arrive devant le camping dans la ligne droite de BARATIER où je suis boosté par la famille CHARLET et la famille CINI, qui m'annoncent que Patrick est à moins de 2 minutes devant, ce que j'ai du mal à croire au début ne le voyant pas dans cet espace dégagé juste dans la côte des ORRES.
" Ne m'en veux pas Patrick, mais la tentation d'accélérer un peu mon rythme lors de la redescente de BARATIER vers le plan d'eau est plus forte que moi. "
Effectivement, j'arrive petit à petit à allonger ma foulée, et j'aperçois finalement la tenue de mon copain Patrick blanchie par le sel, à quelques dizaines de mètres, pour enfin le doubler au 38e kilomètre avec un sentiment double : un plaisir intense bien sûr, mais mêlée d'une certaine confusion dans ma tête.
" Ma place ne serait elle pas, de passer à cet endroit précis dans une heure environ ,me suis-je longtemps répété ?... "
C'est également au 38ème kilomètre, que Fred DEPREZ décide de me dépasser avec une très belle allure, très aérienne. L'expérience de ses 5 IronMan auront fini par payer sur ce Marathon si sélectif. Bravo à toi Fred.
Une chose est sûre, c'est qu'à ce moment de la course l'arrivée était toute proche, et qu'il fallait profiter à fond, de toutes ces foulées qui me rapprochaient inéluctablement de la fin de cette merveilleuse épreuve sportive.
Un dernier tour du plan d 'eau, du parc à vélos avec les encouragements de mon copain Roger JOUIN patron de la boutique de triathlon à LILLE : " LILLE OLYMPE ", le tour de la piscine et c'est enfin la dernière ligne droite. Un coup d'œil sur le côté droit pour localiser ma femme et mon fils, j'attrape au passage ce dernier pour terminer les 150 derniers mètres en courant avec 13 kgs de plus sur les bras.
La joie est à son comble quand je m'aperçois que j'ai amélioré de plus d'une heure le temps que j'avais prévu pour cette épreuve. Une médaille au tour du cou et un T-shirt de Finisher en guise de récompense, et je réalise enfin que j'ai réussi ce pari fou d'être un Homme de Fer.
Fatigué, mais serein dans ma tête et mon corps, je décide tout de même d'aller me faire masser, afin de gagner en récupération. L'arrivée de mes copains se fait au fur et à mesure, et je m'aperçois que tous les 13 sommes en train de réussir quelque chose de grandiose : 13 au départ et 13 à l'arrivée. Bravo à vous tous, pour cette belle image que nous avons montré de notre club.
Les Remerciements :
Exercice très difficile à réaliser pour n'oublier personne, tant les supporters étaient nombreux au bord de la route durant toute cette journée.
Je remercie tout à bord ma femme Joséphine pour son aide et son soutien tout au long de ces longs mois qui ont précédé l'épreuve, mais également pour m'avoir abandonné si lâchement lors du stage des ORRES. Un gros bisou à mon fils Clément qui anima souvent mes pensées et plus particulièrement pendant les moments difficiles. Un grand merci à ma famille et belle-famille pour m'avoir soutenu lors de la préparation de cette épreuve, à mes amis pour leurs encouragements durant la course, et plus particulièrement à Christophe COLLOT et sa compagne Nathalie pour m'avoir coacher le temps de la course.
Un remerciement soutenu à ce coach si unique sur la planète Triathlon, qui sait toujours vous prodiguer les bons conseils aux bons moments, et qui vous fait prendre conscience que ce sport individuel peut tout de même procurer des moments de plaisir collectif intense (cf. stage aux ORRES), je veux bien sûr parler d'Eric MONNET.
Merci à tous les TGVR (men and women) pour les moments privilégiés passés lors de la préparation de cet EM2005.
Merci à ces 3 Triathlètes du CHTI'TRIATLILLE avec qui nous avons partagé quelques séances d'entraînement (Hugues et Bertrand ROBIDEZ, Patrice MARECHEL) et Roger JOUIN pour sa gentillesse, mais également pour m'avoir donné une super casquette qui me portera chance encore pour d'autres triathlons, j'en suis sûr.
Bilan
Points positifs :
Je réalise probablement la plus belle course de toute ma vie de triathlète jusqu'à aujourd'hui. Je termine mon premier EmbrunMan en moins de 13 heures (12h50 et 03s à la 155e place / 866 au départ). J'ai nagé les 3800m en 1.44 au 100m, j'ai fait une partie cycliste à 25kms/h de moyenne et enfin j'ai couru le marathon à plus de 10kms/h, c'est à dire seulement 20 minutes de plus que sur le marathon de Lyon. Je suis arrivé relativement frais, et je marchais presque normalement dès le lendemain (un grand merci à l'équipe des kinésithérapeutes qui s'est merveilleusement bien occupée de nous.) Que dire de plus au niveau de l'épreuve si ce n'est que j'ai passé une excellente journée et qu'elle restera gravée à jamais dans mon esprit.
Autre point extrêmement positif, ce sont les moments privilégiés que l'on passe avec les personnes qui préparent la même course et qui sont probablement les seuls à comprendre les différents sentiments qui nous animent avant, pendant et après la course.
L'organisation de l'EmbrunMan est très bien rodée et ne laisse absolument rien au hasard. Un Public fantastique qui connaît la difficulté de cette course et qui vous porte durant toute l'épreuve.
Points négatifs (ou moins positifs) :
La difficulté de gérer au quotidien la répartition entre 3 vies différentes (familiale, professionnelle et sportive).
Je commençais mon récit en disant : " EmbrunMan lorsque tu nous tiens… ", je pense qu'effectivement cette course est plus qu'une simple épreuve sportive, c'est presque un choix de vie, et il sera très difficile de ne pas me réinscrire pour l'édition 2006, tant les émotions furent intenses …


29/08 Genève par Olivier Carsana:
"Genève : Française des jeux
Et oui en ce dernier we d'août, nous étions trois TGVR a tenter l'aventure helvétique !
Rendez vous avec mon arracheur de dent préféré à Annecy, pas de nouvelle du jamaicain blanc. Galère pour trouver le lac puis un parking. Le parcours est en plein centre ville, tout est barricadé et donc impossible de se garer si ce n'est dans le parking payant de l'hôtel Hilton !
Retrait des dossards, l'heure tourne. Départ à 12 h pour Nico et moi - 13 h 45 pour philippe. C'est donc sans échauffement que je rentre dans le parc. Il ne manque plus qu'un vélo, le mien ! Le départ est dans 20 mn. Je suis surpris du peu de monde inscrit. A l'œil, nous sommes une cinquantaine. La parcours natation est composé de deux aller-retour. L'aller se fait face au vent qui creuse une forte houle. Un rapide plongeon et 5 mn plus tard, je suis derrière les grilles. Le speaker commence à appeler les athlètes. Reto HUG, Shane REED, Tony MOULAI , Sylvain SUDRIE ….ils sont une dizaine à rentrer sous l'appelle de leur nom. Fortement déçu de ne pas avoir reçu l'appelle " Olivier CARSANA comming from Chabeuil, France " , j'attaque les boulettes de la journée.
Premier réflexe, je vais me positionner dans l'axe de la première bouée. C'est bien évidemment là que se trouvent tous les costauds. Demi tour, je retourne au bout de la ligne en me disant qu'il vaut mieux nager un peu plus mais le faire sans prendre de coup. Le départ est donné, la houle est très forte et ne me permet pas une bonne lecture de la course, je ne vois pas très bien ou j'en suis. Par contre je comprends très vite qu'il n'était pas judicieux de partir à gauche. A la première bouée, je jette un coup d'œil, puis deux, puis trois, c'est bien ça je suis dernier ! Il va falloir se secouer mais je n'arrive pas à accélérer, je n'arrive pas à me mettre dans la course. Sur le retour, je profite des vagues pour reprendre cinq gars et les lacher. A mon rythme, je reviens. La deuxième boucle se passe sans problème. Devant j'aperçois un gros paquet à environ 30 secondes.
Je sors de l'eau avec deux gars. Devant Nico est à 45 secondes dans un groupe de 20. Pour moi la course est finie. Dans la première bosse, un des gars saute et nous nous retrouvons à deux pendant 20 bornes. Devant, le groupe de nico chasse le groupe de tête. Ils nous prennent 1mn par tour. En milieu de 4 ème tour, 5 gars rentrent de l'arrière et nous poserons le vélo ensemble. Dans la bosse, ça ne roule pas très fort, sur le plat c'est déjà plus costaud !
Départ à pied, un des gars jette l'éponge. Je tiens 500 m mais ça va trop vite. Derrière, il reste deux pauvres gars qui n'ont pas pu prendre de roues et qui sont donc loin. Me voilà parti pour un footing dans les rues de Genève. Je vois passer les premiers puis un groupe avec Reto Hug. Tony Moulai est un peu plus loin. Nico passe comme une balle. A chaque tour il grignote du terrain, il a l'air de s'amuser. Je me fais doubler par environ les 25 premiers et ça va très très vite. Nico me met un tour (2,5 km), ce qui à l'allure ou je courrai doit faire 10 mn. Je reprends Yohann Vincent à 800 m de la ligne qui semble vraiment pas bien. Chapeau de terminer. Nico m'attend à l'arrivée. La première féminine passera la ligne quelques minutes après resplendissante de fraîcheur.
Au final je garde une impression mitigée. Je suis à ma place mais j'aurais préféré une autre configuration de course. Dans une bonne journée, je serais sorti de l'eau avec Nico, j'aurais fait 40 bornes au chaud, je me serais fait exploser à pied mais j'aurais gagné 7-8 mn. En fait ces courses sont très ludiques mais on peut tout perdre en ratant la natation. Le vélo se résume à une course d'usure car malgré tout, cela va vite et il faut être capable de tenir. Par contre, le niveau pédestre est impressionnant. C'est pour moi cette discipline dont le niveau m'a le plus impressionné. Rentrer dans le top 15 signifie courir le 10 000 en moins de 32'. Il y a un paquet de ces gars qui resteront toujours dans le ventre mou d'un classement qui ne reflètent pas la vrai valeur athlétique des individus.
Et phiphi me direz vous ? Sorti dans le top 20 des flots déchaînés, il met à profit son coup de pédale de montagne pour reprendre des places dans la bosse puis profitant du non drafting mis en place par les non arbitres rentre à vélo avec le groupe 2-3-4. Explication à pied pour échouer au pied du podium à quelques poignées de secondes du troisième.
Alea jacta est !

28/08 Embrunman par (Junior seb Roizot Miguel Martinez)
Conditions météo : eau 21°C, vent froid de face dans l'Izoard, retour avec peu de vent. Température marathon idéale.
Compte rendu de course :
( En essayant de faire court, mais comment résumer 14 heures d'effort en 3 lignes ?)
La préparation :
Elle s'est faite sur 5 semaines avec 3 semaines montantes (24h, 26h30, 35h) et 2 semaines descendantes (17h40 et 13h). J'ai intégré dans cette préparation la course cyclo " La Marmotte " (178km, 5000m de dénivelé en 9h17) et une semaine de stage très enrichissante aux Orres, terminée par la reconnaissance du parcours vélo en 7h56. Ma préparation était optimale, je ne pouvais faire plus en terme de volume horaire.
L'avant course :
Installé depuis le 1 août sur Embrun, je suis rejoint par le duo Patrick et Florian le 6 puis vient le tour de Manu, Philipe Rochedy le 10 et le reste de la troupe le 12. Embrun est vraiment la Mecque du triathlon français avec l'organisation d'un grand prix, occasion de voir les pros en action et le lendemain les courses Avenir où les jeunes du TGVR se sont bien fait plaisir et se sont donnés à fond. Après cette mise en bouche, l'embrun man approche à grand pas. Dernière petite séance vélo le dimanche et direction le parc à vélo. Un vent de folie balaie le parc. Ca y est j'y suis ! 3 ans à imaginer cette course ! J'ai eu le déclic pendant les vacances 2002. Il m'a suffit d'apercevoir la Bernard Charrol dit la gazelle et depuis je n'ai eu qu'une idée en tête : faire l'EmbrunMan ! Alors bien sûr avant il faut apprendre les bases c'est-à-dire le crawl, et s'entraîner sur des triathlons, se dégoûter sur certains MD comme Cublize 2004 (NDLR sur le plan sportif, RAS pour l'organisation rassurez vous) et hop, il faut se lancer dans l'aventure ! Mais maintenant c'est rien que du bonheur !
Place à la course, juste avant une photo sur la plage des futurs finishers de l'EmbrunMan 2005.
La course :
Une nuit tranquille avant la course…pas vraiment ! Elle fut un peu agitée, avec un concert de musique au camping jusqu'à 23 heures, trop courte avec un réveil à 3 heures, et stressante car pressé de partir et d'en finir !
Petit déjeuner traditionnel histoire de ne pas avoir mal au ventre. Dans le camping les triathlètes s'agitent. Il fait froid, et pourtant il va falloir se mettre à l'eau d'ici peu (sens propre et figuré).
Les derniers préparatifs terminés, Patrick, Florian et moi-même nous nous retrouvons à l'entrée du camping. Ensemble on effectue une dernière check-list. Heureusement pour Florian qui avait oublié sa puce électronique à la tente. Dans la nuit nous nous dirigeons vers le parc. Arrivés au parc, le speaker donne déjà le ton. Les favoris sont interviewés, mais faille énorme dans l'organisation, ils nous ont oubliés ! On ne se vexe pas et nous retrouvons les triathlètes valentinois dans le parc. Il est temps de mettre la combinaison, de discuter, et de trouver les toilettes les plus proches ! Les minutes passent et le départ est imminent. Je me retrouve tout seul au milieu des 865 candidats près au départ et je ne retrouve plus mes copains ! Je me place à gauche, plutôt au milieu, est-ce la bonne stratégie pour recevoir le moins de coup ? A voir. La première vague féminine + handisport démarre dans une ambiance chaleureuse malgré le froid matinal. Le compte à rebours attaque, les triathlètes et le public tapent dans les mains, on entend des cris dans la foule : allez ….5, 4, 3, 2, 1 C'est parti !
La natation
Les premiers concurrents sprintent pour arriver les premiers dans l'eau, moi je marche tranquille, on joue pas dans la même catégorie ! Départ chahuté, avec beaucoup de coups, surprenant pour un longue distance mais bon, sortant mon œil de lynx j'essaie de viser l'espace vide entre les nageurs. Au ponton, bifurcation sur la première bouée, je maîtrise je connais suffisamment le chemin depuis 15 jours d'entraînement sur place. La nouveauté c'est bien sûr l'obscurité mais on se dirige finalement plutôt facilement grâce au projecteur situé au fond du lac. Mais la lumière visée n'indique pas la bouée qui se situe 50 m sur le coté ! Erreur d'aiguillage qui amène un bon nombre de nageurs, moi compris, à se tromper de direction.
Retour sur la plage, je m'applique, nage sans trop forcer, à l'économie. Faut pas s'enflammer p'tit gars, il y a 2 tours de lac ! Le jour se lève très rapidement. Deuxième tour, tranquille, je gère l'effort…mais le froid me gagne, ma combinaison se remplie d'eau. Est-ce mes muscles d'acier qui auraient déchiré le néoprène ? Ne rêvons pas, tout simplement le scratch du col s'est défait dans la bagarre (version officielle, ou alors j'ai oublié de le mettre au départ : version tête en l'air !) J'espère simplement que ça n'aura aucune incidence sur le reste de la course et notamment sur ma digestion de mon fameux gâteau de semoule au lait de soja avec Ovomaltine (recette disponible sur demande). Je sors de mon bain en 1H07. Pendant la transition, Florian me rejoint, on sort ensemble du parc à vélo, suivi par François Lafabrie.
Le vélo
Au début du parcours vélo, pendant la première côte c'est de la folie ! Le public en délire m'arrache presque mes vêtements ! Non, ça c'est une autre histoire, mais le public est très motivé! J'aperçois Joséphine et le fan club de Florian, ma famille, ma p'tite femme (comment la louper avec son énoooorme ventre !), Denis Hilaire et Christiane, ça me motive à fond ! Je suis euphorique, je vais tous les taper et gagner les 15 000 euros de prime ! Visite à travers les différents Puy sans problème. Florian et François sont justes derrière, c'est rassurant on va pouvoir faire la course à trois. François me rejoint avant la côte à 23% (ou côte du beau-père qui se vante de la grimper au taquet à 60 ans !). Florian nous récupère avant Réallon. 3 TGVR ensemble ! Sympa ! Sauf que Florian a mangé du lion (alors que moi c'est de l'Ovomaltine, erreur stratégique qui sera déterminante pour la suite de la journée) et met le turbo dans la montée de St Apollinaire. Gros coup de bluff ? On le laisse partir avec ses gros cuissots, à ce rythme là, il sera cuit dans la montée de l'Izoard ! Descente sur Embrun. Rond point de Baratier/ Orres : bilan positif : 1)- j'ai 5 minutes d'avance sur mon temps de reconnaissance, 2)- le public venu en masse est déchaîné ! Il faut presque se frayer un passage comme au tour de France ! Je continue le parcours, aperçois une partie de mon fan club féminin vers le camping de la Madeleine. Au pont neuf, beau-papa m'annonce que Florian a 4 minutes d'avance. Avant St Clément, j'abandonne François, mon compagnon de discussion, pour partir seul vers Guillestre et la froide et ventée vallée du Guil. A Guillestre, mon père me donne le temps intermédiaire entre Florian et moi : 10 minutes ! Mais cela ne me décourage pas et je prends le temps de bien sourire pour la photo souvenir ! (NDLR ça il sait le faire !! ) Malheureusement, la vallée du Guil aura raison de ma motivation, le froid me gagne, les concurrents me doublent par paquet, j'ai mal au dos, et je n'arrive pas à emmener du braquet. J'arrive enfin au pied de l'Izoard. Christophe, le coach personnel de Florian m'annonce un nouvel écart : 6 mn. Fred Desprez me double. Il a galéré pendant la natation, avec des crampes aux jambes et a fait une contre performance en 1H13. Le vent très fort me glace, surtout vers Brunissard. Je veux rentrer chez moi et être au chaud peinard sous la couette (avec un bon cacao Ovomaltine !) Sérieusement, cette montée de l'Izoard, à 7 km/h est une galère monstre, j'envisage l'abandon (et la perte des 15000 euros de prime au vainqueur) mais j'essaye de relativiser. Je repasse toutes ses heures d'entraînement dans ma tête, le stage aux Orres, les heures d'ostéo, et toutes les fois où j'ai imaginé cette course… et puis toutes ces personnes qui m'accompagnent et m'encouragent… Junior, ressaisis toi ! Arrivé au sommet de l'Izoard, j'ai ¼ d'heure de retard sur mon temps de reconnaissance. Tant pis, je finirai la course coûte que coûte, et décide d'oublier de mettre moins de 14 heures. Je prends mon ravitaillement (très bien organisé, des bénévoles aux petits soins malgré les 8 degrés !), en compagnie de Fred qui vient de réparer sa roue crevée. On fait la descente ensemble, tranquille et on continue notre bout d'aventure tout les deux mais il me lâche avant Pallon. Depuis Briançon, j'ai moins mal au dos, la chaleur arrive enfin et le moral revient.
Enfin Pallon et sa côte ! Une montée rapide, ou je retrouve des sensations et ne me demande plus ce que je fais sur mon kuota !
Retour vers Embrun, avant Chalvet mon fan club me remotive et me galvanise. J'ai bien récupéré de ma défaillance dans l'Izoard et je suis dans les temps de la reconnaissance. Malgré la vitesse qui me gagne, je reconnais au passage Jérôme Martel dans la montée. Enfin je double quelques cyclos !
Temps total vélo : 7 H 54 soit 2 minutes de moins que pendant la reco, la casse est limitée !
· Le marathon
Comment attaquer un marathon quand on n'en a jamais fait de sa vie ? Sereinement et en mettant un pied devant l'autre en espérant que ça tienne ! Au camping, ma famille et mes amis sont déjà là, motivés comme jamais. C'est plus le moment de craquer ! Je me trouve une vitesse de croisière qui me permet de ne pas marcher, y compris dans la côte chamois et dans la traversée du centre ville. Je profite de chaque instant. Je suis bien. Je suis suivi par mon beau-père en vélo. Ca rassure. Au départ de la digue, on m'annonce le dernier écart entre Florian : 30 minutes ! C'est cuit ! Il fait la course de l'année ! Je ne le rattraperais pas. Mais tout va bien. Je retrouve ma famille sur la digue, sourit pour les photos. A la sortie de la digue je monte vers Baratier et j'ai une énorme surprise : les jeunes triathlètes valentinoises sont là pour courir avec moi ! Manon, Clothilde, Cindy, encouragent leur " moineau ", leurs parents sont aussi là à attendre devant le camping des grillons, ça fait vraiment plaisir ! Baratier, fin du premier tour, ça passe tranquille. 1er Tour : 1 H48. Le public est vraiment chaleureux, j'entends très souvent des " allez Valence, suivi du commentaire : mais ils sont nombreux ceux de Valence à faire le triathlon ! " Et oui, le TGVR est en force ! On sera d'ailleurs le premier club en nombre de finishers. (NDLR à égalité avec Vaulx)
Début du deuxième tour plus difficile, les articulations se rouillent, les muscles sont tendus, je cours moins relâché. A la côte chamois je marche pour la première fois de la course, ça devient dur physiquement et moralement. Dans la descente de la ville, impossible de détendre les muscles, d'allonger la foulée. Aie !Aie !Aie ! Tout seul sur la digue car interdite aux vélos accompagnateurs, j'avance moins vite. Manu, également sur la digue, souffre de crampes visiblement. Je le double et continue ma route sur Baratier, toujours soutenu par mon fan-club, omni présent sur toute la course. Au village de Baratier, je regarde mon temps, il me reste 40 minutes pour faire moins de 14 heures ! Je retrouve le sourire ! Raphaël Oboussier en VTT me rejoint et me rebooste le moral. Dernier tour de lac, j'apprécie chaque foulée, je vais terminer, sans trop de mal, dans les temps souhaités, mon EMBRUN MAN ! La dernière ligne droite est riche en émotion, j'ai la chaire de poule ! Le public est très nombreux et encouragent les finishers, c'est énorme ! Un salut au public avec ma casquette, le public apprécie et moi j'essaye de ne pas avoir une tête de demeuré pour la photo officielle de " tintin photo ! " (NDLR " Mais puisqu'on te dit que t'es champion du monde du sourire en course !!! ") Les barrières à l'arrivée ne permettent pas en effet à la famille de prendre des photos et c'est bien dommage. Malgré tout, ma femme arrive à filmer cette arrivée, histoire de graver cet instant dans nos mémoires. Temps total : 13 H 48 : 42 !!! Putain !
Un bénévole me remet ma médaille et mon t-shirt de finisher, je ne rêve plus, je suis un homme de fer ! Mais petit gabarit l'homme de fer, alors je tente de négocier un tshirt en taille S, en vain, j'hérite du L qui me fait une jolie robe ! Tant pis !
· Fin de la course

Une fois n'est pas coutume, je me devais de visiter les tentes de la Croix rouge pour juger de la qualité de ses services et voir si Adriana ne traînerait pas dans les parages. Exceptionnel ! Des infirmières, des doctoresses toutes plus sympas et plus jolies que les autres et je ne me suis pas fait prier pour avoir un petit massage et une perfusion. Mais un énorme coup de froid m'empêche d'apprécier ce petit moment d'intimité médicale…ou alors c'est le fait d'être surveillé par Cécile !
Remerciements :
Comment remercier toutes ces personnes qui m'ont soutenues, les nombreux anonymes croisés le long du parcours, sans ne vexer personne et sans en oublier ? Un grand merci à ma femme Cécile qui a fait preuve d'une grande patience et d'une grande disponibilité, et ce malgré sa grossesse, qui s'est entraînée à vélo pour pouvoir me suivre pendant cette très longue journée. Un grand merci à ma famille et aux amis présents à Embrun et attentifs à cette préparation et à cette course. Merci à ceux qui ont téléphoné et suivi cette course à distance. Un grand merci aux triathlètes valentinois et à leur famille pour leur encouragement. Merci à Eric pour toute cette préparation efficace et qui a porté ses fruits, avec une mention spéciale pour le stage aux Orres. Merci à Kiki le raideur, coach moral et physique sur de longues (et orageuse) sorties vélos en juillet. Merci à Polar de m'avoir lâché dans la dernière ligne droite ! Merci à Ovomaltine mon sponsor !
Merci à tous ceux qui se reconnaîtront dans l'accompagnement de cette formidable aventure.
Bilan :
Je finis donc mon premier EmbunMan en 13h48min42s (322ème sur 866 partants) avec 1h07 de natation 7h54 de vélo et 4h36 de course à pied.
Je suis dans l'ensemble satisfait de ma course avec une petite déception pour le vélo là ou j'étais pourtant le mieux préparé. L'EmbrunMan reste pour moi une course riche en émotion que tout triathlète se doit de faire au moins une fois dans sa vie. Au lendemain de la course, j'ai très envie de remettre ça en 2006 mais le temps passé à se préparer pour le jour J, demande beaucoup d'investissement physique et familial. C'est sûr je reviendrais en 2006 ou en 200X dans l'objectif de tomber la barre des 13h30 et pourquoi pas avec un peu de chance celle des 13h !

Je vais essayé de recenser mes plus et moins durant la préparation et la course :
Les plus
Course très riche en émotion, indescriptible et palpable qu'à Embrun.
Objectif des -14h atteint.
Pas de problème gastrique. Régime sans lait de vache efficace ! (merci Arnaud)
Pas d'hypoglycémie et de sensation d'écoeurement j'ai trouvé la bonne façon de m'alimenter (pomme de terre (NDLR le secret de Bernard Charrol), sandwiches jambon et bananes)
Bonne organisation : bénévoles au TOP, nombreux ravitos…
Les moins
Préparation très prenante, l'impression de n'avoir pensé qu'à Embrun pendant toutes les vacances dur ! dur ! pour la famille.
Trop de vélo engendré dans la saison (6500kms) qui pourrait expliqué cette non-envie de forcer à vélo. Je n'y avais plus le goût !
Le froid et le mal de dos m'ont empêché de ressentir des bonnes sensations pendant le vélo.
Parcours vélo vallonné mais il y a beaucoup de partie roulante ou j'ai eu du mal à emmener du braquet, il me faut progresser dans ce domaine.
J'aurai dû manger du lion pour taper Florian !
Il parait aussi très difficile de se re-motiver sur un autre objectif après une telle course.


Et bien voilà, à travers ce compte rendu j'espère avoir suscité l'envie à certains valentinois ou autres triathlètes de s'aligner sur l'EmbrunMan 2006. Rien n'est impossible il suffit d'avoir une grosse envie et du temps pour se préparer un minimum pour ne pas trop souffrir durant la course.

A bientôt et encore bravo aux 13 finishers 2005 !


26/08 Courte distance d'Embrun: (par Laurence Legras)
" Bon, c'est vrai...les filles on s'est pas trop bougé pour faire un compte-rendu....mais bon nous avons été oublié sur le site pour ceux qui ont fait le CD...
Loic(3h00m38), Laurence Legras(3h22m47), Laurence Landis(3h25) et Nicole(3h27m47) (par ordre d'arrivée), à noter tout de même que 3 participants sur 4 sur le CD étaient des filles et que Nicole a eu des petits soucis techniques (dérailleur) en vélo. Pour les 2 laurence : nous avons beaucoup apprécié cette belle course."

23/08 Avion raconté par le pilote !!! (par Nico Bolon)
"3ème périple de l’année dans le Grand Nord. Après Zundert et Charleville il nous faut encore nous enquiller plus de 2000 bornes dans le we… mais qu’est ce que l’on ne ferait pas pour participer aux grandes fêtes du triathlon ? Comme d’hab’ il fait froid et il pleut. On fait d’autant plus la gueule que le pays est gris, tout plat et que les jackys ne sont pas de sorties… C’est pas grave, on arrive le vendredi dans la soirée dans un centre sportif très local, donc dédié principalement au foot (on était à 1km du training camp de Lens) et à l’athlé (on était à environ 23m du stade couvert du meeting de Liévin), et on peut enfin se détendre.
Le samedi a été consacré aux repérages. Il fait toujours aussi froid et l’eau est annoncé à 16°… L’équipe du Tri Sud nous indique gaiement qu’elle doit même être à 14° dans la dernière partie de natation… Brrrrr !!! Il pleut et aucun d’entre nous n’a envie de monter sur le vélo ! C’est donc à pied que l’on fera la petite sortie de veille de course.
Le dimanche, il ne fait pas vraiment meilleur au niveau de la météo. On se pointe vers les 11h et la pression monte timidement… aucune prise de tête, comme à l’accoutumé, mais l’envie de monter en D1 nous motive au plus haut point !
Le départ natation se fait par box, comme chez les pros et nous avons le n°7, plutôt à l’extérieur de la trajectoire. Les boxs font environ 1m de large ce qui laisse, en gros, sur 16m de large près de 100 morts de faim !!! C’est de la pure folie lors du départ… étant en première ligne avec Robert, je suis au contact de toute la meute. Mais je n’arriverais jamais à surnager pour passer devant, et je me ferais plutôt éclater dans la machine à laver ! Je coule, recoule, je fais du polo, je bois la tasse, je prends des coups dans les lunettes, le nez… mais jamais je n’arrive à nager. Le plus drôle sera la première bouée : je suis au milieu de la masse qui est arrêtée : personne ne peut nager au milieu de pieds, de corps, et tout le monde à la tête relevée pour voir où il peut mettre ses mains !!!! C’est l’enfer !!!!
Finalement je sors en 39ème position… incroyable ! Transition éclair avec David, et je cours le plus vite possible avec le vélo, et grappille de précieuses secondes… je rejoins alors rapidement Fred Dorez qui regagne un petit groupe où se trouve Fred Roujol. On constitue alors un groupe de chasse d’une dizaine d’unités, derrière le groupe de tête à 45’’. David n’est plus là. On roule et on ne se pose pas de questions. A la faveur d’une relance je m’isole dans la roue d’un coureur de Caen qui roule très fort sous la pluie. On creuse un écart conséquent, mais il fatigue vite même si on aperçoit enfin le groupe de tête. Je le relais et dans le virage qui suit j’entends un « swiiiiiii et meeerrrrrde, BANG !! » . A peine le temps de me retourner que je vois la tête du groupe des Freds se vautrer sur mon compagnon d’échappée. J’angoisse à l’idée que mes collègues soient dans la chute, mais je me reconcentre pour recoller seul au 1er groupe. Je roule fort et mon compteur affiche 50km/h. Cela va très très vite pour moi et je me demande combien de temps je vais tenir… Mais je gagne du terrain sur le 1er groupe et l’euphorie de me voir en Eric Monnet, l’espace d’un instant, me fais oublier la brûlure aux jambes !!! Seulement le groupe des Freds se fait emmener par un certain S.Becker particulièrement impressionnant en vélo… Je coupe mon effort voyant qu’il me reprendra avant d’atteindre le 1er groupe. Lorsqu’il me passe, pas de Freds dans les roues. J’ai alors un gros coup de moins bien. Je panique même. Je me voyais tellement bien en D1, que de passer à côté de ça sur une chute, c’est vraiment trop con. Au demi-tour, on fait la jonction et l’on constitue alors un peloton de 30 cyclistes. Je m’attarde sur les concurrents que l’on croise et je ne remarque que le coach, seul et trop loin de nous. David encore plus loin, fait la gueule des très mauvais jours. Pas de Fred Dorez. J’ai les boules. 2000km pour rien. Seul Robert me remonte le moral : il est tout le temps dans les premières places du groupe, près bouffer tout le monde… Moi je reste derrière à subir les accélérations tant bien que mal et à éviter la deuxième chute de la journée ! Mais sur un sursaut d’orgueil, je me dis au moment de l’avant dernier virage qu’il serait trop con de tout lâcher !!! Et comme le rituel le veut, il est hors de question de rentrer dans le parc derrière !!!! Et c’est partie !!! Un premier sprint, puis un deuxième et je reviensà hauteur des premiers. Pied à terre, je me concentre sur chaque geste que je vais effectuer dans le parc… vélo, chaussure droite, gauche, casque, et go !!! Entré 5 ou 6 je repars 2 derrière S.Poulet de Tri Sud 18. Je pars vite comme sur la coupe oxygène !!! Je me pose aucune question et j’ai vraiment la haine… je me dis que chaque point compte et que les points envolés dans la chute, il faut aller les chercher !!! Premier kilo en 2’53’’ !!! Je m’enflamme littéralement et S.Poulet ne tiendra que 15m. Derrière, cela va vite et je ne les distancerai jamais. Ils me laissent en point de mire mais je ne veux pas qu’ils reviennent… et ils ne reviendront pas ! Ligne d’arrivée franchie, je m’écroule. Je suis vidé. J’ai gagné, je suis bien content pour l’équipe et j’attends. Autun fait un sacré tire groupé, l’affaire est pliée pour eux. Robert arrive alors et on attend. Personne. Pincement au cœur lorsque le coach arrive. J’espère que cela va suffir, au moins pour les barrages. Peine perdu, on fait 5.
Dégoûté. On l’a voulait vraiment cette D1, dès cette année. On avait le cœur, les jambes mais pas la chance. Ce n’est que partie remise : l’an prochain on prend le titre !!!!"
Nico

23/08 Compte rendu d'Embrun:
1er arrivé :Fred Desprez: avec photos et tutti quanti voir l'article. Et les autres, on dort ???

22/08 Avion ! pour le dauph.
En exclu le papier proposé au daup pour cette semaine (entre deux étapes du FIT)
"Nicolas Bolon vainqueur à Avion : (21/08)
Le sociétaire du Triathlon Group'Valentinois et Rhodanien s'est offert la première victoire de sa jeune carrière et qui plus est sur une épreuve de prestige : le championnat de France des clubs de division 2 disputé à Avion (Nord Pas de Calais) ce week-end (21/08). Solide en natation dans une eau dépassant à peine les 18°, concentré en vélo alors que les différentes pelotons progressaient sous la pluie, l'espoir du Valence top club a réglé ses concurrents un à un lors de la partie pédestre, et certains possédaient une belle carte de visite notamment Igor Sysoev l'ukrainien, René Goehler l'international allemand ou encore l'espoir Boris Dessenoix qui avait devancé Nicolas aux championnats de France. Gagner à Avion pour Nicolas qui est pilote d'avion, l'image était belle mais malheureusement la fête ne fut pas complète dans les rangs du TGVR. En effet, l'épreuve permettait à deux clubs d'accéder directement à l 'élite national, pour y disputer le circuit des grands prix de Division 1 en 2006, en compagnie des grands clubs de l'hexagone tels Poissy, Beauvais ou Sartouville ; les clubs classés 3° et 4° devant eux disputer un barrage lors du grand prix de La Baule fin septembre. Bien préparés durant l'été, avec notamment une seconde place lors de l'épreuve à étapes de la coupe Oxygène, le TGVR nourrissait de grandes ambitions bien légitimes au départ. Si le suisse Robert Mc Laren a fait la course qu'on attendait de lui (19°), la chute de l'international junior et espoir du Valence top club, Fred Dorez, lors de la partie vélo, sur une chaussée détrempée par des conditions météos dantesques, a fortement modifié la donne. Même si Fred Dorez a terminé la course ( 72°), c'est le coach Fred Roujol 46° qui a donc " classé " l'équipe ……..à la cinquième place. David Hertig terminant à la 82° place .
Déception donc dans le clan valentinois, la saison 2005 de toute beauté jusqu'à présent, n'aura pas connu une heureuse conclusion, à laquelle tous pouvaient raisonnablement croire. Cependant le temps qui passe joue en faveur de la jeunesse de cette équipe qui affrontera ces échéances en 2006, nanties d'une expérience certaine et forte de nouveaux progrès. C'est tout le mal qu'on leur souhaite.

22/08 Embrun : pour le dauphiné !
en exclu: ce que j'ai fait suivre au dauph pour parution prochaine (si tout va bien )
"Embrun les Valentinois en force !
Alors que les meilleurs athlètes spécialistes des courtes distances séjournent en Rhône Alpes pour le France Iron Tour, les membres du TGVR goûtent un repos bien mérité après une nouvelle aventure à Embrun placée sous le signe du nombre 13 .
13 n'est pas un nombre anodin, mais pour cette nouvelle édition du mythique Embrunman, il a plutôt porté bonheur aux membres du TGVR engagés dans l'aventure. Ils étaient 13 au départ, prêts à affronter les 3,8 km de natation, les 188 km de vélo et le marathon offert en guise de dessert à ces concurrents de l'impossible. Et tous ont réussi à boucler l'épreuve dans les temps.
13 c'est également le numéro de dossard que l'organisation a attribué à Eric Monnet, le leader valentinois, ambitieux cette année pour sa 7° participation consécutive. 4° l'an passé avec un temps de 10h30, le sociétaire du Valence top club n'aura pas réussi à accrocher le podium dont il rêvait. Il termine à la 7° place avec un temps de 10h34, 4 petites minutes perdues en course à pied alors qu'il occupait encore la 5° place à l'issue du vélo. Légèrement déçu, Eric Monnet pourra se consoler au vu de sa préparation largement perturbée par une forme de radiculalgie qui lui a fait craindre un instant qu'il devrait renoncer. De plus, rares sont les athlètes capables d'une telle régularité au plus haut niveau. Ainsi en 7 participations Eric n'aura jamais fait moins que 10° avec un temps record de 10h24. Prochain rendez-vous pour l'infatigable triathlète : le demi-ironman de Monaco qui offre des places qualificatives pour Hawaï 2006. Après il sera temps de penser aux championnats du monde Ironman disputés début Octobre dans le pacifique à Hawaï
13° c'est la place finale qu'a conquise Pascal Dumonceau. 10° l'an passé (avec un plateau un peu plus " léger "), et pour sa quatrième participation, il a amélioré une nouvelle fois son temps pour atteindre le joli chrono de 10h49. Les années semblent ne pas avoir de prise sur le Romanais qui rejoindra pourtant l'année prochaine la catégorie des vétérans.
Le 13 n'a pas porté bonheur à Bernard Charrol. Le bourcain rêvait de reproduire la course idéale de 2003 qui lui avait offert la 36° place en 11h09. En 12h14 Bernard a tenu à terminer l'épreuve, mais s'est montré très déçu à l'arrivée.
Car depuis plusieurs années le TGVR connaît les joies du podium par équipes, celui qui récompense le club ayant réussi à placer 3 de ses athlètes dans le haut du classement (par addition des places). 3° en 2002, 2° en 2003, 3° en 2004, les valentinois terminent cette fois ci 4°. Une place conquise grâce aux performances d'Eric Monnet et Pascal Dumonceau mentionnées précédemment, mais aussi grâce à la 54° place de Philippe Agier (11h55), par ailleurs second dans sa catégorie des vétérans-2.
Un autre vétéran, Philippe Rochedy, souvent victime de maux de ventre en course à pied cette saison a brillamment conclu son premier Embrunman en 12h19.
Et trois autres novices de l'épreuve ont plutôt bien passé leur examen de passage : Fred Desprez prudent mais comblé en 12h47, Florian Calais épatant et surprenant en 12h50 et Patrick Estepa solide en 12h42 se sont presque tous retrouvés en même temps sur la ligne d'arrivée pour fêter cette première qui en appelle certainement d'autres. Raphaël Lorrain, fidèle de l'épreuve (4° participation) s'est joint à eux en 12h55. Sébastien Roizot, victime de douleurs au dos en vélo aura terminé au courage sa première aventure embrunaise en 13h48, et va pouvoir maintenant se préparer activement à son nouvel objectif : devenir père de famille (une naissance attendue de façon imminente). Emmanuel Chabannes, le trésorier du club, améliore une nouvelle fois son temps de référence en 13h57, malgré une préparation intense mais un peu courte et un emploi très prenant. L'ancien Rugbyman, Jean Louis Brun démontre que la persévérance et l'expérience paient, puisqu'il améliore de près d'1h30 son chrono réalisé en 2004. Avec 14h33, il atteint une marque qu'il juge maintenant difficilement améliorable, mais nul doute qu'il tentera quand même le coup en 2006. Nous avions dit 13 finishers ? Le 13° est donc François Lafabrie finisher comblé en 15h06.
L'histoire d'amour du TGVR avec le célèbre triathlon des Hautes Alpes a connu un nouvel épisode heureux cette année, l'épreuve à peine terminée, les récits des un et des autres commencent déjà à faire naître des vocations parmi les autres triathlètes Valentinois. Nul doute qu'ils seront encore très nombreux l'an prochain à s'élancer dans les eaux du lac d'Embrun, alors que le soleil n'est pas encore levé, pour une journée pas comme les autres.

17/08 Embrunman
A peine la ligne est-elle franchie que " Jean Paul Olivier " a dressé un petit comparatif des temps de chacun par rapport aux années précédentes.
La progression de l'année est à mettre à l'actif de Jean Louis Brun (1h23), devat Manu Chabannnes qui gagne 1h00. Pascal Dumonceau est super régulier et grapille chaque année de précieuses minutes. Bernard Charrol n'a pas retrouvé ses jambes de 2003, il perd 1h05 ( à noter qu'avec une performance égale à 2003 il finissait autour de la 22° place et le TGVR l'emportait par équipes : je sais c'est que des chiffres !). Philip Agier échoue dans sa conquête des 11h30 et perd du terrain sur 2004. Raphaël Lorrain est très proche de son meilleur temps de 2003, et le grupettto Desprez, Calais, Estepa, Lorrain pourra chambrer à loisir Bernard Cini et Lilian Valette dans les vestiaires de la piscine eux qui n'ont jamais pu passer sous les 13h00. Je fouille encore pour retrouver les stats qu'avait pondu Eric sur les records de chacun à Embrun et je mets tout ça à jour !!!
Classements: Embrunman / Courte distance

  2005 2004 2003 2002
Monnet Eric 10h34 10h30 10h25  
Dumonceau Pascal 10h49 10h56 10h54 11h20
Philip Agier 11h55 11h45 11h47  
Charrol Bernard 12h14   11h09  
Rochedy Philippe 12h19        
Desprez Fred 12h47        
Calais Florian 12h50      
Estepa Patrick 12h52      
Lorrain Raphaël 12h55   12h43 14h21
Cini Bernard   13h03    
Valette Lilian     13h09  
Roizot Sébastien 13h48      
Chabannes Manu 13h57 15h35 14h58  
Brun Jean Louis 14h33 15h56 14h33 15h56    
Lafabrie François 15h06        
         

05/08 le TGVR rend visite à la marquise (par JP BOUleaU)
3 TRIATHLETES ont couru ce DIMANCHE les 11 KM de la FOULEE de la MARQUISE à GRIGNAN ( 15è édition ) 220 participants :
Jean-Pierre BOULEAU : 30è en 44' 25 , 3è V2.
Bruno DEBARD( blessé):33è en 44' 40
Aurélie PAUL( junior ) : 46è en 45' , 2è féminine scratch .
et bientôt les 10km du Buis !

18/07 Thomas Micoud pour une première !
"Dijon....
Et la moutarde me monte au nez !

Départ de Lyon à 6h30. Arrivée au lac 8h45. Retrait des dossards et le temps de croisé quelques têtes connues, il est déjà 9h30, je dois me rendre au parc pour le briefing et installé le vélo. J’y retrouve les deux autres TGVRmens du jour : Florian Calais, alias “Le Local” qui revient pour la 5ème fois, et Bruno Debard. Pour nous deux, c’est le premier MD. L’an passé nous avions fait notre premier CD ensemble à Bourg-en-Bresse. 9h45 les pieds dans l’eau... Au lac Kir il vaut mieux nager que marcher, le fond est plutôt mouvant... L’eau annoncée à 23°C me paraît pas si chaude que ça, tant mieux, le soleil déjà au zénith nous prépare une journée caniculaire... 10h00 le départ est donnée. La natation se résume à un aller-retour le long d’une rangée d’optimiste posés au milieu du lac. Pratique, ils sont à ma droite, je ne respire que de ce côté-là... L’aller se résume à une partie de rugby où chacun essaye de trouver sa place... Dur dur mais ça ne me dérange pas... Par contre on m’avait dit : à Dijon, prends les pieds c’est tout droit”... Désolé mais moi je ne les voyais pas les pieds ! Et ma vue est très bonne... Le retour est comme par miracle beaucoup plus tranquille. Et pour la première fois depuis deux ans de triathlon, je prends du plaisir à nager ! Je me surprends même à nager en 4 temps ! Sur la fin je manquerai quand même d’un peu de biscotos... Sorti de l’eau en 45’, je rejoins Florian dans le parc à vélos. Une transition un peu laborieuse et longuette (j’ai trop peur d’oublier qqchose !), deux languettes de chaussures qui se rebiffent (ah les Time !) et c’est parti pour 20 km de plat pays.
Ce plat pays qui n’est PAS le mien ! Non franchement, les pistes cyclables n’ont jamais été mon truc, et je dois y perdre au moins 40 places... Sans parler des guignols qui prennent des relais... Enfin au 20ème km arrive une première bosse. Je peux enfin m’exprimer et les rouleurs reprennent la place qui est la leur. A mi-bosse, alors qu’une abeille vient de me piquer la fesse droite (vicieuse !), une fusée TGVR me rattrape : l’ami Bruno a l’air vraiment bien ! On reprend alors Florian moins à l’aise en bosse. Bruno s’échappe alors dans un train d’enfer et Florian me distancera sérieusement à la faveur d’un parcours redevenu plus roulant. Arrivé dans la plaine, les gruppettos se reforment ! Arghh !!! Je me fais passer par trois Pieds Nickelés, stars du relais, qui sur le plat se permettent même de s’étirer et de ne pas pédaler... Re-Arghh !!! C’est ainsi qu’au 50ème km env. et dés le début de la seconde grosse bosse, je fais l’effort et reviens sur nos trois Pieds Nickelés : “Hé les gars, vous vous êtes plantés, le tour de France c’est dans les Pyrénées aujourd’hui !!”. Sur le coup ça soulage ! Mais un peu plus loin, je me rends compte qu’il aurait été mieux que je fasse ma course... Et la bosse devient plus dure encore... Ce n’est que la vue du beau maillot de TGVR de Florain qui me redonnera espoir. Mais la chaleur et mes petites jambes ne me permettront jamais de le recoller. Je me rends compte alors dans la descente et sur le retour que je n’ai pas assez de km dans les jambes et surtout de sorties longues. Je n’ai plus envie de relancer, mes trois pieds nickelés me reprennent ! Ah, ils ont trouvés un 4ème larron ! Et la portion piste cyclable se fait sur le 39 à mouliner un maximum. Autant faire une bonne course à pied !
Une transition, encore une fois pas top, et c’est parti pour 20,5 km de càp. La chaleur est accablante et le goudron joue le rôle du four !
2km et paf, les crampes d’estomac et le dos qui coince... Je cours sur des oeufs et chaque changement de terrains amplifie les douleurs. Un tour passe et grâce aux encouragements des bénévoles, de Mme Calais, des Rillettes et de Bruno (je n’ai jamais vu Florian en càp) je pars pour le second tour avec beaucoup moins de douleurs abdominales. Je n’ai qu’un seul objectif alors : terminer... Quand on sait que le second (Gilles Reboul) est d’ores et déjà arrivé et dit au micro qu’il a profité du paysage !?!? Je passe aux 10 km en 50’ : ah bein t’es pas si mal que ça ! me dis-je. Ca me redonne le moral et même si à certains moments j’ai du mal à contrôler mes émotions et que j’ai presque envie de chialer en courant (sensation très bizarre !) je termine la càp sur un bon rythme et mets un point d’honneur à me détruire sur les 3 derniers km pour passer en dessous des 5h30... 5h27 au final. Bruno devant Florian mais j’ai pas leurs temps.
Une heure pour me remettre d’aplomb, un bon massage, un bon casse croûte et il faut rentrer sur Lyon. Là, ce soir, avec les nombreux arrêts sur les aires d’autoroutes, je mettrai 3h00.
Hier à l’arrivée, je pensais pas refaire un jour un B... Il faudrait que je m’entraîne davantage et déjà actuellement je trouve que j’y passe trop de temps. Aujourd’hui, je vois ça un peu différemment... A suivre...
Et pour faire comme aux Oscars : Merci à Sarah, merci à Fred et merci au TGVR !"
Toma


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